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Les nouveaux amants, d’Alexandre Jardin : avec elle, tout est possible

Publié le  Par Pascal Hébert

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Jean-François Paga

Alors qu'il parcourt la France pour la promotion de son mouvement Bleu Blanc Zèbre et sa candidature à la présidentielle, Alexandre Jardin s’est offert une récréation en écrivant un roman.

A l’heure, où les réseaux sociaux s’ouvrent sur le monde, les relations se nouent et se dénouent. Dans cette toile aussi vaste que la galaxie, des amours se cherchent et s’attirent. Dans son roman à tiroirs, Les nouveaux amants, le héros d’Alexandre Jardin, un auteur de théâtre à la Sacha Guitry, flashe littéralement sur les réseaux sociaux sur une belle créature à la chevelure fauve. Par messages privés sur twitter ou SMS, ces deux êtres, qui s’aimantent comme deux astres, tentent de se rapprocher tout en se persuadant du contraire. Avec l’habileté qui le caractérise, Alexandre Jardin nous offre une belle mise en scène d’un nouveau romantisme. Avec la jolie Roses, tout semble possible. Un amour débridé ouvert sur un monde de folie hors réalité. Du haut de ses 25 ans, l’ingénue semble s’éprendre d’un auteur en vue tout en rejetant cette relation hors sol. Prise entre son envie intime et sa position sociale, Roses perd le nord et fait tomber du plus haut de son âme l’écrivain qui pense avoir trouvé son double.  Dans ce roman, où l’amour se heurte aux névroses des uns et des autres, les conjoints respectifs de ces nouveaux amants jouent également un rôle fondamental. L’auteur de théâtre, qui tire les ficelles intégrera lui aussi la pièce qu’il écrit pour jouer in fine un rôle que d’autres lui ont réservé.

Au-delà d’une histoire de passion, d’un amour qui se heurte malgré tout à une certaine réalité, voire certaines conventions, l’écrivain joyeux nous intime l’ordre d’aimer pour sentir au fond de soi la flamme intense, pour aller  jusqu'au bout de l’invraisemblance, jusqu'à la déraison, la dissonance. Aimer, jusqu’à ne plus savoir… et ne plus comprendre !

Vous êtes sur les réseaux sociaux, une histoire comme celle que décrivez dans Les nouveaux amants est-elle possible ?

Dieu merci, les gens sont capables de folie ! Sinon ce serait à désespérer de notre espèce. Mon héros rencontre une femme qui lui donne accès à sa part de folie. Je le souhaite à tout le monde !

A votre avis, que recherche-t-on sur les réseaux sociaux ?

La possibilité de dialoguer au-delà des apparences, d’avancer sans masque ni posture : accéder à plus de vérité ! Au diable les rôles que l’on tient en société ! belle Roses fait larguer les amarres d’un écrivain qui voit en elle comme un double. 

Une femme sans garde-fou. L’amour peut-il se construire sur l’envie de tout dépasser ?

C’est peut-être même la fonction essentielle de l’amour, nous donner accès à notre part de folie ! à la possibilité de larguer les amarres ! Les êtres sans garde-fou sont des bénédictions ; même s’il sont dangereux  ! Mais si attirants…

« Difficile de ne pas être ensorcelé ! » 

Votre écrivain n’épouse peut être pas les traits de Sacha Guitry, mais au moins l’esprit. Que vous inspire Sacha Guitry dans ce roman qu’il aurait pu peut être imaginer s’il avait connu Internet ?

Guitry m’a appris que l’on peut vivre comme au théâtre, comme au cinéma. C’est exactement ce que font mes Nouveaux Amants ! Ils accèdent à cette forme de liberté, de tout est possible ! 

Vous avez utilisé la forme théâtrale pour ce roman qui se joue en plusieurs actes. Cette forme s’est-elle imposée naturellement ? 

Oui, car ils vivent comme au théâtre ; ils s’accordent cette liberté-la ! Cette joie-là ! 

Dans cette aventure amoureuse, la passion est dévorante. L’héroïne conserve une part de mystère jusqu’au bout. Que pouvez-vous nous dire sur cette ensorcelante personne ?

Elle est l’essence du romanesque puisqu’on ne sait jamais ce qu’elle va faire dans les cinq minutes qui suivent. Elle contient toutes les contradictions, toutes les libertés, tous les vertiges. Difficile de ne pas être ensorcelé ! 

« Est-il décent d’aimer autrement que follement ? » 

Est-ce qu’il est possible de tout lâcher lorsque l’on est épris à ce point d’une femme qui joue en permanence avec les contraires ?

Elle fait aimer le danger, l’insécurité, le risque fou, l’improbable et… démonétise instantanément toutes les candidates à la vie paisible. Elle est la part de chaque femme qui oserait « se lâcher » totalement. 

Il y a deux choses qui sont infinies : l’amour et la féminité. Roses le prouve en permanence. Une femme comme votre héroïne peut-elle rendre fou ?

Intégralement puisqu’avec elle tout est possible. Enfin ! Mais… comment dire… est-il décent d’aimer autrement que follement ? 

Les conjoints ne sont pas absents dans cette histoire. Ce sont des observateurs. Comment les définissez-vous ? 

Ils n’ont pas le talent de vie des deux protagonistes jusqu’à ce que… et c’est ce « jusqu’à ce que » qui m’intéresse. Comment… ils vont les rendre fous eux aussi ! 

Alexandre Jardin, quelle est votre définition de l’amour ?

La plus belle manière de naître !

Propos recueillis par Pascal Hébert

Les nouveaux amants, d’Alexandre Jardin. Editions Grasset. 336 pages. 19 €.

 

 

  






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