France Culture

Le chat noir du rédac chef, de Patrick Béguier

Publié le  Par Pascal Hébert

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Patrick Béguier est-il un écrivain-journaliste ou un journaliste-écrivain ? Les deux, mon général ! Ce chat de la presse a embrassé une carrière dans le journalisme tout en lorgnant avec gourmandise vers la littérature. Rédacteur en chef de L'Écho Républicain à Chartres, de 1994 à 2000, Patrick Béguier s’est largement inspiré de la presse eurélienne et de son territoire pour écrire son dernier roman Le chat noir du rédac chef.

A l’instar de Gilles Bornais, un autre rédacteur en chef de L’Écho Républicain de 2000 à 2005, qui avait commis Une nuit d’orage en pensant à Châteaudun, l’Eure-et-Loir est une belle source d’inspiration pour ceux qui taquinent avec brio la plume. Avec Le chat noir du rédac’chef, Patrick Béguier s’est offert un beau prétexte pour faire découvrir l’univers de la presse régionale au milieu du gué entre le papier et le digital. Nourri d’anecdotes plongées dans le sel de la réalité quotidienne du journalisme, ce roman de Patrick Béguier se présente comme un témoignage d’une presse que peu de jeunes journalistes peuvent aujourd’hui soupçonner. Les rapports des acteurs de La Dépêche du Centre ne manquent pas de charme et montrent, ô combien, que les intrigues entre journalistes sont particulièrement savoureuses. C’est bien connu, dans toutes les rédactions, un rédacteur en chef s’attire 50%  de la rédaction et se met à dos les autres 50% Entre les deux, le patron de la rédaction doit savoir naviguer en eaux troubles. Et c’est bien ce que démontre sans nostalgie Patrick Béguier, sous l’œil brillant d’un chat noir !

Vous avez été rédacteur en chef de l’Écho Républicain. Comment avez-vous atterri en Eure-et-Loir  ?

Par hasard ! Je ne connaissais pas la région. Un poste de rédacteur en chef était à pourvoir à l'Écho républicain. Le groupe Hachette-Filipacchi m'avait repéré quand j'étais directeur du Centre de perfectionnement des journalistes (CPJ), à Paris. Il m'a invité à faire acte de candidature.

A cette époque, la presse entrait doucement dans la crise. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Douloureusement, comme tous les journalistes. Les lecteurs de mon roman, Le chat noir du rédac chef, pourront le constater. J'en profite pour dire que ce livre ne transmet pas seulement ce que j'ai vécu à l'Écho. J'ai plus de trente ans de journalisme derrière moi et j'ai navigué entre plusieurs titres de la presse régionale. De la même façon, il sera vain de chercher des ressemblances entre les personnages du roman et les personnes avec lesquelles j'ai travaillé à Chartres.

 Parlez-nous des rapports entre un rédacteur en chef et ses journalistes.

Les rapports sont compliqués, comme vous l'avez vous-même noté. Mais la volonté affichée par un rédacteur en chef trouve toujours une bonne réponse quand celui-ci fait preuve d'une écoute attentive. Le chef, ici comme ailleurs, n'a pas toujours raison.

Comment avez-vous vécu les relations entre des journalistes, qui sont quelque part des poètes de la plume, et une direction davantage sensible aux chiffres de ventes et au chiffre d’affaires ?

C'est trop difficile à expliquer en quelques lignes. À lire dans le roman !

Vous, qui avez été éditorialiste, pensez-vous que les éditos ont toujours la même influence sur le lectorat  ?

Je ne pense pas que les éditos influencent véritablement le lectorat. En revanche, sauf dans les journaux très politisés, ils invitent à la réflexion, ils donnent des pistes. Après, le lecteur en fait ce qu'il veut.

Comment expliquez-vous la baisse des ventes de la presse quotidienne nationale et régionale ?

Les explications sont multiples : économiques, sociétales, culturelles… J'essaierai de donner un éclairage sur cette crise lors de la conférence-débat que je donnerai le vendredi 12 mai, à 18h, à la librairie L'Esperluette, à Chartres.

Croyez-vous que la presse digitale gommera la presse papier ?

L'évolution se fait en ce sens, mais Internet ne parviendra pas à avaler complètement la presse papier. Il y aura toujours, pour beaucoup de lecteurs, le plaisir de tenir un journal en main, de le laisser, puis de le reprendre, etc. D'autre part, pour les titres régionaux ou locaux, je vois mal le Web être complet sur la micro locale (les toutes petites infos de proximité).

Avez-vous la nostalgie d’une presse d’avant la crise ?

Un peu ! Mon père était journaliste. Tout gosse, j'ai circulé dans les salles de rédaction et dans les ateliers du quotidien Ouest-France, à Rennes. Il y avait une ambiance formidable. C'est là que j'ai chopé le virus. J'ai été et je suis toujours un malade heureux.

Pascal Hébert

Le chat noir du rédac chef de Patrick Béguier, aux éditions Ella. 226 pages. 17 €. (Conférence-débat avec Patrick Béguier, vendredi 12 mai, à 18h, à la librairie L'Esperluette, à Chartres)






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