France Société

Des dizaines d'experts s'élèvent contre le rapport sur les OGM du Pr Seralini.

Publié le  Par Jennifer Declémy

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L'étude réalisée par le Pr Seralini sur les OGM, et rendue publique récemment, suscite de vives protestations au sein de la communauté scientifique.

Des dizaines de scientifiques dénoncent ce matin l'étude du Pr Seralini sur les OGM, rendue publique récemment, estimant que "cette étude scientifique doit être considérée plus comme un coup médiatique que comme une révélation de résultats scientifiques".

 

L'étude du Pr Seralini, qui fait couler beaucoup d'encre, tend à démontrer la toxicité des OGM par le biais d'expérience sur des rats dont les photos déformés ont choqué depuis l'opinion publique. Dans une tribune publiée dans Marianne, une quarantaine de chercheurs s'élèvent contre cette étude en rappelant plusieurs critiques portées à l'égard du rapport du Pr Seralini : "petite taille des effectifs par lot qui ne permet pas de tirer des conclusions statistiquement sérieuses" ; "manque de précisions sur la composition de la nourriture donnée aux rats" ; "lignée de rats qui développent spontanément des tumeurs".

 

Ces mêmes chercheurs ont lancé une pétition appelant à "un débat raisonné sur les OGM" car "l'hypermédiatisation, savamment organisée, de cette étude" porte "entrave à un débat serein". "C'est d'un débat dont nous avons besoin, pas d'une opposition stérile, souvent idéologique, et volontairement stigmatisante" résument ces chercheurs.







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McGronald

02/10/2012 17:35

Il faut préciser que les études précédentes (pro OGM) sont pires : periodes encore + courtes, lots encore + reduits, aucun résultat communiqué pour contre-etude, financement provenant des lobbies agro-alimentaires .. meme si l'etude du pr. Seralin n'est pas parfaite, elle a le mérite de poser des questions et de provoquer une prise de conscience.
Le probleme avec les OGMs ? C'est qu'il aurait fallu etudier sérieusement leurs effets AVANT de les mettre dans nos assiettes !!!

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02/10/2012 17:35

Il faut préciser que les études précédentes (pro OGM) sont pires : periodes encore + courtes, lots encore + reduits, aucun résultat communiqué pour contre-etude, financement provenant des lobbies agro-alimentaires .. meme si l'etude du pr. Seralin n'est pas parfaite, elle a le mérite de poser des questions et de provoquer une prise de conscience.
Le probleme avec les OGMs ? C'est qu'il aurait fallu etudier sérieusement leurs effets AVANT de les mettre dans nos assiettes !!!

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Gros

02/10/2012 22:34

"Il aurait fallu étudier sérieusement leurs effets" dites vous ?
Le soucis, justement, c'est de s'accorder sur ce "sérieusement".
Sauf si vous êtes très naïf, vous savez bien que certains anti-OGM ne trouveront jamais les tests assez "sérieux" ni "suffisants". Quel que soit le nombre de tests, leurs durées, les protocoles de tests, il restera toujours des anti-OGM pour dire que c'est scandaleusement insuffisant. Tout simplement parce qu'ils ont une approche idéologique du sujet (anti-capitaliste, altermondialiste), mais pas une approche scientifique.

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"Il aurait fallu étudier sérieusement leurs effets" dites vous ?
Le soucis, justement, c'est de s'accorder sur ce "sérieusement".
Sauf si vous êtes très naïf, vous savez bien que certains anti-OGM ne trouveront jamais les tests assez "sérieux" ni "suffisants". Quel que soit le nombre de tests, leurs durées, les protocoles de tests, il restera toujours des anti-OGM pour dire que c'est scandaleusement insuffisant. Tout simplement parce qu'ils ont une approche idéologique du sujet (anti-capitaliste, altermondialiste), mais pas une approche scientifique.

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colibri

03/10/2012 09:40

Il serait rassurant de voir cette partie de la communauté "scientifique" essentiellement publique saisir l'occasion donnée par la publication de ces études (privées par la force des choses) pour :
-Mettre l'accent sur l'indigence des moyens publics pour controler, innover ou simplement assurer le controle sanitaire de l'alimentation. Ces domaines pourtant cruciaux sont livrés aux intêrets commerciaux avec une légèreté qui donne à penser...
- Se réjouir que pour la première fois on puisse faire une étude pendant la durée de vie du cobaye sous alimentation humaine (si on s'arrete au bout de 3 mois sur une vie de 2ans on considère que la vie humaine au delà de 20 ans ne représente aucun intérêt.)
>>> Au lieu de ça, nos chercheurs payés par les deniers publics courent au secours des multinationales en avançant des arguments très contestables (le type de rats est le même que ceux utilisés par Monsanto par expl..) jouent les vierges éffarouchées devant l'hypermédiatisation (qui ne fait que prendre le contre pied de la super médiatisation chronique des snippers de l'agroalimentaire et de sa presse déchainée)
Conclusion : Ne laissons pas ce débat aux experts, aux scientifiques. La promotion des OGM dans l'agroalimentaire n'est qu'une opération financière de haut niveau. En effet personne ne peut avancer le moindre intérêt des OGM dans le domaine agricole, ou économique. A l'inverse le contraire est aujourd'hui largement démontré dans ces domaines...
Restait le coté sanitaire : Il était grand temps de mettre un coup de pied dans la fourmillière. Merci Mr Séralini !

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03/10/2012 09:40

Il serait rassurant de voir cette partie de la communauté "scientifique" essentiellement publique saisir l'occasion donnée par la publication de ces études (privées par la force des choses) pour :
-Mettre l'accent sur l'indigence des moyens publics pour controler, innover ou simplement assurer le controle sanitaire de l'alimentation. Ces domaines pourtant cruciaux sont livrés aux intêrets commerciaux avec une légèreté qui donne à penser...
- Se réjouir que pour la première fois on puisse faire une étude pendant la durée de vie du cobaye sous alimentation humaine (si on s'arrete au bout de 3 mois sur une vie de 2ans on considère que la vie humaine au delà de 20 ans ne représente aucun intérêt.)
>>> Au lieu de ça, nos chercheurs payés par les deniers publics courent au secours des multinationales en avançant des arguments très contestables (le type de rats est le même que ceux utilisés par Monsanto par expl..) jouent les vierges éffarouchées devant l'hypermédiatisation (qui ne fait que prendre le contre pied de la super médiatisation chronique des snippers de l'agroalimentaire et de sa presse déchainée)
Conclusion : Ne laissons pas ce débat aux experts, aux scientifiques. La promotion des OGM dans l'agroalimentaire n'est qu'une opération financière de haut niveau. En effet personne ne peut avancer le moindre intérêt des OGM dans le domaine agricole, ou économique. A l'inverse le contraire est aujourd'hui largement démontré dans ces domaines...
Restait le coté sanitaire : Il était grand temps de mettre un coup de pied dans la fourmillière. Merci Mr Séralini !

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Gros

03/10/2012 14:35

@colibri
Vous dites "Ne laissons pas ce débat aux experts, aux scientifiques". Ca dépends de quel débat vous parlez !

Si la question est "Le maïs NK603 est-il cancérigène ?", c'est bien une question purement scientifique. On ne va pas faire voter les citoyens sur ce genre de question, sinon, on prendrait un gros risque pour notre santé !

Si la question est "Les maïs RoundUp-Ready constituent-il un progrès pour notre société ?" ce n'est plus une question scientifique. Là, il faut un débat citoyen.

L'étude de Séralini se situe clairement dans la première catégorie. Donc, il faut laisser les scientifiques étudier la question et c'est aux agences de sécurité sanitaire (payées par nos impôts) de trancher la controverse scientifique.

Trois agences de sécurité alimentaire, Française (ANSES), Allemande (BfR) et Européenne (EFSA), sont en train d'évaluer l'étude de Séralini. On saura bientôt à quoi s'en tenir.

L'agence Allemande (BfR), a déjà rendu un premier rapport le 2 octobre 2012 sur l'étude de Séralini. Vous pouvez consulter un compte rendu ici : http://gmopundit.blogspot.fr/2012/10/study-of-university-of-caen-is-no.html
L'agence déclare :
"The thesis that rats, their lives received genetically modified corn die earlier than animals that are fed conventional corn is experimentally not sufficiently documented."
... ce que je me permet de traduire par :
"L'affirmation que les rats qui ont reçu du maïs génétiquement modifié pendant toute leur vie meurent plus tôt que ceux nourris avec du maïs conventionnel n'est pas suffisamment soutenue par les résultats expérimentaux."
C'est une manière politiquement correcte pour dire que l'article de Séralini ne prouve pas ce qu'il prétends prouver ! Les résultats d'expériences présentés par Séralini ne prouvent pas que les rats nourris aux OGM meurent plus tôt que les autres.

Moi, je ne dis rien ... je me contente de retranscrire ce que disent les fonctionnaires Allemands, payés par les impôt des Allemands, pour la sécurité alimentaire des Allemands (en attendant les avis des agences Françaises et Européennes).

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@colibri
Vous dites "Ne laissons pas ce débat aux experts, aux scientifiques". Ca dépends de quel débat vous parlez !

Si la question est "Le maïs NK603 est-il cancérigène ?", c'est bien une question purement scientifique. On ne va pas faire voter les citoyens sur ce genre de question, sinon, on prendrait un gros risque pour notre santé !

Si la question est "Les maïs RoundUp-Ready constituent-il un progrès pour notre société ?" ce n'est plus une question scientifique. Là, il faut un débat citoyen.

L'étude de Séralini se situe clairement dans la première catégorie. Donc, il faut laisser les scientifiques étudier la question et c'est aux agences de sécurité sanitaire (payées par nos impôts) de trancher la controverse scientifique.

Trois agences de sécurité alimentaire, Française (ANSES), Allemande (BfR) et Européenne (EFSA), sont en train d'évaluer l'étude de Séralini. On saura bientôt à quoi s'en tenir.

L'agence Allemande (BfR), a déjà rendu un premier rapport le 2 octobre 2012 sur l'étude de Séralini. Vous pouvez consulter un compte rendu ici : http://gmopundit.blogspot.fr/2012/10/study-of-university-of-caen-is-no.html
L'agence déclare :
"The thesis that rats, their lives received genetically modified corn die earlier than animals that are fed conventional corn is experimentally not sufficiently documented."
... ce que je me permet de traduire par :
"L'affirmation que les rats qui ont reçu du maïs génétiquement modifié pendant toute leur vie meurent plus tôt que ceux nourris avec du maïs conventionnel n'est pas suffisamment soutenue par les résultats expérimentaux."
C'est une manière politiquement correcte pour dire que l'article de Séralini ne prouve pas ce qu'il prétends prouver ! Les résultats d'expériences présentés par Séralini ne prouvent pas que les rats nourris aux OGM meurent plus tôt que les autres.

Moi, je ne dis rien ... je me contente de retranscrire ce que disent les fonctionnaires Allemands, payés par les impôt des Allemands, pour la sécurité alimentaire des Allemands (en attendant les avis des agences Françaises et Européennes).

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Colibri

03/10/2012 16:06

La distinction que vous faites entre les deux débats (scientifique et citoyen) est tout à fait juste. Pourtant la porosité entre les deux est éclairante et si le débat citoyen peut s'appuyer sur le principe de précaution le débat scientifique ne peut s'adosser qu'à celui de l'incertitude. En effet dans ce genre d'étude la science ne peut pas dire grand chose en rapport avec ce qu'on lui demande, du moins dans le délai qui lui est imparti et avec les enjeux économiques auxquels le monde scientifique est soumis. Elle est dans le meilleur des cas contradictoire, car les effets induits font appel à des mécanismes extrêmement complexes qui peuvent ou non se révéler dans un espace temps très variable.
En ce qui concerne l'introduction des PGM dans l'agronomie et dans l'agro alimentaire une question et une seule doit nous faire faire l'économie de toutes les autres : Quel en est le bénéfice ? Et -éventuellement-"ce bénéfice répond à quel besoin ?" Dans le cas où le bénéfice réel (qualité/quantité alimentaire, meilleure gestion du travail et des terres, sauvegarde de la biodiversité etc) est patent (et c'est le débat citoyen éclairé qui le dira) , dans le cas où la demande sociale est forte, la question de l'expertise « scientifique » au niveau de l'impact sanitaire peut commencer à trouver sa place.
Nous ne sommes pas du tout dans cette situation, bien au contraire.
Pour avoir longuement réfléchi aux problèmes soulevés par les PGM , j'en arrive invariablement par poser la question du « A quoi ça sert ? » et je n'ai jamais entendu comme réponse que des absurdités plus ou moins malhonnêtes (dont « réduction des intrants chimiques » ou  « nourrir la faim dans la planète ») Ce dernier argument paraît-il fonctionne encore auprès du grand public comme si la faim dans le monde était un problème agronomique (ce qui permet de nier la disparité scandaleuse des richesses) et comme si on pouvait confier cette question à des entreprises comme Monsanto ou Bayer qui ont excellé l'assistance au génocide !
Certes je me suis mal fait comprendre en disant qu'on ne peut confier ce débat aux experts, je ne parlais évidemment pas du débat « scientifique » mais du seul qui puisse l'introduire : le débat politique, citoyen, qui doit utiliser l'expertise scientifique comme un simple outil de « sécurisation » des effets choisis dans nos choix de société. Ce que l'on fait en ce moment c'est l'inverse : la science nous dit ce qu'on peut faire et le seul fait de pouvoir le faire en dicte la nécessité. Nous sommes au siècle des lumières aveuglantes : plus la science nous éclaire moins nous ne voyons où nous allons et moins nous ne savons où nous devons aller.
C'est pourquoi les avis des agences de sécurité alimentaire (ANSES, BIR ou EFSA), en admettant qu'elles posent la question sanitaire au bon endroit (ce qui est peu probable vu les conflits d'intérêts couvant dans ces instances) ne peuvent s'inscrire que dans une question sociale mal posée, aussi je ne doute pas de leurs conclusions. La question posée par l'équipe de Séralini a au moins le mérite de faire l'objet d'un procès en hérésie et de confirmer ainsi le statut pris par la science à notre époque.
La science n'est qu'un outil qui nous dit très peu de choses sur notre réalité à nous de ne pas en faire une religion qui décide pour nous.

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03/10/2012 16:06

La distinction que vous faites entre les deux débats (scientifique et citoyen) est tout à fait juste. Pourtant la porosité entre les deux est éclairante et si le débat citoyen peut s'appuyer sur le principe de précaution le débat scientifique ne peut s'adosser qu'à celui de l'incertitude. En effet dans ce genre d'étude la science ne peut pas dire grand chose en rapport avec ce qu'on lui demande, du moins dans le délai qui lui est imparti et avec les enjeux économiques auxquels le monde scientifique est soumis. Elle est dans le meilleur des cas contradictoire, car les effets induits font appel à des mécanismes extrêmement complexes qui peuvent ou non se révéler dans un espace temps très variable.
En ce qui concerne l'introduction des PGM dans l'agronomie et dans l'agro alimentaire une question et une seule doit nous faire faire l'économie de toutes les autres : Quel en est le bénéfice ? Et -éventuellement-"ce bénéfice répond à quel besoin ?" Dans le cas où le bénéfice réel (qualité/quantité alimentaire, meilleure gestion du travail et des terres, sauvegarde de la biodiversité etc) est patent (et c'est le débat citoyen éclairé qui le dira) , dans le cas où la demande sociale est forte, la question de l'expertise « scientifique » au niveau de l'impact sanitaire peut commencer à trouver sa place.
Nous ne sommes pas du tout dans cette situation, bien au contraire.
Pour avoir longuement réfléchi aux problèmes soulevés par les PGM , j'en arrive invariablement par poser la question du « A quoi ça sert ? » et je n'ai jamais entendu comme réponse que des absurdités plus ou moins malhonnêtes (dont « réduction des intrants chimiques » ou  « nourrir la faim dans la planète ») Ce dernier argument paraît-il fonctionne encore auprès du grand public comme si la faim dans le monde était un problème agronomique (ce qui permet de nier la disparité scandaleuse des richesses) et comme si on pouvait confier cette question à des entreprises comme Monsanto ou Bayer qui ont excellé l'assistance au génocide !
Certes je me suis mal fait comprendre en disant qu'on ne peut confier ce débat aux experts, je ne parlais évidemment pas du débat « scientifique » mais du seul qui puisse l'introduire : le débat politique, citoyen, qui doit utiliser l'expertise scientifique comme un simple outil de « sécurisation » des effets choisis dans nos choix de société. Ce que l'on fait en ce moment c'est l'inverse : la science nous dit ce qu'on peut faire et le seul fait de pouvoir le faire en dicte la nécessité. Nous sommes au siècle des lumières aveuglantes : plus la science nous éclaire moins nous ne voyons où nous allons et moins nous ne savons où nous devons aller.
C'est pourquoi les avis des agences de sécurité alimentaire (ANSES, BIR ou EFSA), en admettant qu'elles posent la question sanitaire au bon endroit (ce qui est peu probable vu les conflits d'intérêts couvant dans ces instances) ne peuvent s'inscrire que dans une question sociale mal posée, aussi je ne doute pas de leurs conclusions. La question posée par l'équipe de Séralini a au moins le mérite de faire l'objet d'un procès en hérésie et de confirmer ainsi le statut pris par la science à notre époque.
La science n'est qu'un outil qui nous dit très peu de choses sur notre réalité à nous de ne pas en faire une religion qui décide pour nous.

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Gros

03/10/2012 20:56

Je suis globalement assez d'accord avec vous et agréablement surpris de ce débat, qui contrairement à ce qu'on pouvait craindre, reste courtois.
Je partage la crainte que vous exprimez concernant le fait que la science doit rester à sa place et ne pas devenir "une religion qui décide de tout".

Mais, en même temps, j'ai une autre crainte, qui est un peu symétrique à celle-là.
Je vois bien autour de moi qu'il y a deux idéologies qui s'affrontent :
- une idéologie ultra-libérale d'un coté,
- une idéologie anti-capitaliste, altermondialiste de l'autre.

Les ultra-libéraux voudraient bien inonder le marché de leurs produits, sans devoir montrer patte blanche auprès des autorités sanitaires (FDA, EFSA, etc). Les agences leur imposent des contraintes coûteuses, sous prétexte de préserver la santé des consommateurs. Ces entreprises voudraient bien accéder au marché librement.

De l'autre bord, les anti-capitalistes veulent barrer la route des ultra-libéraux. Pour ce faire, ils cherchent à entretenir la suspicion concernant l'innocuité des produits (OGM, antennes relais, pesticides, aspartam, médicaments, nucléaire, etc). Pour eux, peu importe que les produits ou technologies soient dangeureux ou pas. La fin justifie les moyens. L'idéologie justifie la lutte.
Donc, lorsque les agences de sécurité sanitaires autorisent un produit de leur ennemis jurés, les anti-capitaliste se retournent contre les agences prétenduement vendues à l'ennemi. Finalement, ils nourrissent un projet clairement affiché : démanteler l'expertise scientifique des risques au profit d'une "d'expertise citoyenne". Ainsi, disent-ils, les citoyens reprendront le contrôle de leur destin.

D'ailleurs, ce démantellement arrangerait plutôt les ultra-libéraux. Il savent qu'avec la force de leur outils de communication et leur lobbying, il réussiront à "vendre" leur produits à l'opinion. Si ce n'est pas les OGM (c'est déjà cuit dans l'opinion), ce sera autre chose, peut importe pour eux.
Les deux bords ont donc un projet commun : démanteler l'expertise scientifique.

Et c'est là que je tremble de peur. Sera t-on en sécurité lorsque des "comités citoyens", noyautés par les lobbys industriels (ben oui, les comités citoyens sont-ils à l'abris, eux ?), décideront de la dangerosité des produits sur des critères idéologiques (comme: naturel=bon, artificiel=mauvais, etc) ?
L'expertise scientifique, qui essaie de se conformer à une froide démarche scientifique, quitte à ne traiter que de certains aspects très restreint des questions (réductionnisme), n'est-elle pas plus pertinente pour limiter les risques ?

Je m'oppose donc vigoureusement à ce projet dangereux de démantellement de l'expertise scientifique, qui est en marche sous nos yeux, encouragé par les deux bords.

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03/10/2012 20:56

Je suis globalement assez d'accord avec vous et agréablement surpris de ce débat, qui contrairement à ce qu'on pouvait craindre, reste courtois.
Je partage la crainte que vous exprimez concernant le fait que la science doit rester à sa place et ne pas devenir "une religion qui décide de tout".

Mais, en même temps, j'ai une autre crainte, qui est un peu symétrique à celle-là.
Je vois bien autour de moi qu'il y a deux idéologies qui s'affrontent :
- une idéologie ultra-libérale d'un coté,
- une idéologie anti-capitaliste, altermondialiste de l'autre.

Les ultra-libéraux voudraient bien inonder le marché de leurs produits, sans devoir montrer patte blanche auprès des autorités sanitaires (FDA, EFSA, etc). Les agences leur imposent des contraintes coûteuses, sous prétexte de préserver la santé des consommateurs. Ces entreprises voudraient bien accéder au marché librement.

De l'autre bord, les anti-capitalistes veulent barrer la route des ultra-libéraux. Pour ce faire, ils cherchent à entretenir la suspicion concernant l'innocuité des produits (OGM, antennes relais, pesticides, aspartam, médicaments, nucléaire, etc). Pour eux, peu importe que les produits ou technologies soient dangeureux ou pas. La fin justifie les moyens. L'idéologie justifie la lutte.
Donc, lorsque les agences de sécurité sanitaires autorisent un produit de leur ennemis jurés, les anti-capitaliste se retournent contre les agences prétenduement vendues à l'ennemi. Finalement, ils nourrissent un projet clairement affiché : démanteler l'expertise scientifique des risques au profit d'une "d'expertise citoyenne". Ainsi, disent-ils, les citoyens reprendront le contrôle de leur destin.

D'ailleurs, ce démantellement arrangerait plutôt les ultra-libéraux. Il savent qu'avec la force de leur outils de communication et leur lobbying, il réussiront à "vendre" leur produits à l'opinion. Si ce n'est pas les OGM (c'est déjà cuit dans l'opinion), ce sera autre chose, peut importe pour eux.
Les deux bords ont donc un projet commun : démanteler l'expertise scientifique.

Et c'est là que je tremble de peur. Sera t-on en sécurité lorsque des "comités citoyens", noyautés par les lobbys industriels (ben oui, les comités citoyens sont-ils à l'abris, eux ?), décideront de la dangerosité des produits sur des critères idéologiques (comme: naturel=bon, artificiel=mauvais, etc) ?
L'expertise scientifique, qui essaie de se conformer à une froide démarche scientifique, quitte à ne traiter que de certains aspects très restreint des questions (réductionnisme), n'est-elle pas plus pertinente pour limiter les risques ?

Je m'oppose donc vigoureusement à ce projet dangereux de démantellement de l'expertise scientifique, qui est en marche sous nos yeux, encouragé par les deux bords.

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Gros

03/10/2012 21:20

J'ajoute que Séralini est le fer de lance de cette attaque contre l'expertise scientifique.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser naïvement, ses études ne sont que des prétextes à "prouver" que les anti-OGM ont raison et à "prouver" que l'expertise scientifique est corrompue.

Il est remarquable de noter que jusqu'à présent, toutes les évaluations menées par les agences de sécurité sanitaire du monde entier sur toutes les études de Séralini ont systématiquement conclu : "Cette étude ne prouve pas ce qu'elle prétends prouver". Ce n'est pas un hasard, car les études de Séralini sont conçues dans ce but.

Et Séralini à systématiquement répondu, en médiatisant l'affaire au maximum : les agences se trompent, car elles sont corrompues, mon étude est attaquée pour des raisons idéologiques.

Puis, Corine Lepage embraye sur flan politique, sur le thème de l'expertise citoyenne pluridisciplinaire ...

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J'ajoute que Séralini est le fer de lance de cette attaque contre l'expertise scientifique.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser naïvement, ses études ne sont que des prétextes à "prouver" que les anti-OGM ont raison et à "prouver" que l'expertise scientifique est corrompue.

Il est remarquable de noter que jusqu'à présent, toutes les évaluations menées par les agences de sécurité sanitaire du monde entier sur toutes les études de Séralini ont systématiquement conclu : "Cette étude ne prouve pas ce qu'elle prétends prouver". Ce n'est pas un hasard, car les études de Séralini sont conçues dans ce but.

Et Séralini à systématiquement répondu, en médiatisant l'affaire au maximum : les agences se trompent, car elles sont corrompues, mon étude est attaquée pour des raisons idéologiques.

Puis, Corine Lepage embraye sur flan politique, sur le thème de l'expertise citoyenne pluridisciplinaire ...

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