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Présidentielle : le PS tente de contrer le FN

Publié le  Par Jennifer Declémy

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Alors que Marine Le Pen monte dans les sondages, les socialistes décident de recentrer leur campagne sur le danger frontiste pour tenter de mieux l'affronter

Ce n’était pas des plus évident au lendemain de la primaire mais maintenant que la deuxième phase de sa campagne a commencé, François Hollande se soucie de plus en plus sérieusement du vote Front National, au point où le Parti Socialiste vient de mettre en place une cellule anti-FN.

Plusieurs raisons expliquent cette soudaine inquiétude de François Hollande qui désormais, dans ses discours, promet de s’adresser à cette France « des oubliés », à l’électorat populaire qui a désormais déserté les bastions traditionnels de la gauche. Le phénomène Marine Le Pen tout d’abord, qui ne ressemble en rien à son père. Alors que ce dernier était plutôt libéral, prônant le moins d’intervention étatique possible, sa fille elle s’adresse en priorité à ces électeurs, se présente même comme leur seule porte-parole, celle des « indignés et des oubliés ». Et en agitant le chiffon de l’immigration, en enfourchant ce cheval de bataille, Marine Le Pen arrive à séduire ces français.

Deuxième peur, c’est bien entendu celle d’une redite du 21 avril 2002, dans le même sens, phénomène qui, s’il se produisait, pourrait signifier la fin du parti principal de la gauche qui ne survivrait sans doute pas à un quatrième échec à l’élection présidentielle. Peut-être conscient que lui-même et Nicolas Sarkozy ne suscitent pas un enthousiasme débordant parmi l’électorat, François Hollande veut donc tenter de récupérer l’électorat populaire, et surtout, de trouver des munitions face au parti d’extrême-droite qui monte en puissance.

C’est le signal qu’il a d’ailleurs voulu envoyer dès ce week-end, en déclarant, de Tulle, que le Front National n’était rien d’autre que « l’ennemi de la République ». Et c’est cette semaine, qu’une cellule de riposte et de réflexion s’installerait rue Solférino, mobilisant une vingtaine de responsables socialistes plus particulièrement sensibilisés à cette question. Ce serait aussi aujourd’hui que Caroline Fourest et Jean-Yves Camus seraient auditionnés par le parti pour apporter leur expertise à ce parti.

La cellule sera dirigée par Alain Bergounioux qui explique que ce petit groupe aura un double objectif : « élaborer une contre-argumentation face au FN et démystifier le mouvement ». Les déplacements et déclarations de la candidate frontiste seront donc suivis à la loupe par cette équipe qui comptera d’ailleurs des jeunes loups socialistes comme Guillaume Bachelay ou Najat Vallaud-Belkacem, qui se sont distingués récemment en écrivant ensemble un ouvrage analysant en détail le programme du Front National.

Le Parti Socialiste n’est pas le seul à s’inquiéter de la montée de Marine Le Pen dans les sondages. Jean-Luc Mélenchon également se préoccupe de plus en plus de ce vote, d’autant plus qu’il empiète sur ses propres plates-bandes. Constatant une recrudescence de la popularité du Front chez les ouvriers qu’il côtoie régulièrement, le candidat du Front de Gauche veut lancer dans les semaines à venir des actions pour contrer le parti d’extrême-droite tandis que son bras droit va aussi publier ce mois-ci un livre qui analyse le Front National et fait un parallèle entre ce dernier et le fascisme des années 1930.