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Le mal-logement s'invite dans l'élection présidentielle

Publié le  Par Jennifer Declémy

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Après l'emploi, la crise, la TVA sociale ou encore la taxe sur les transactions financières, c'est au tour du logement de faire irruption sur la scène publique

Est-ce l'effet Eric Cantona ? En tout cas la semaine politique démarre en accordant une place non négligeable au thème du logement. D'abord la demande des 500 signatures de l'ancien footballeur qui veut ce faisant faire passer un message sur le logement pour que les candidats en fassent une priorité. Ensuite une réunion publique au théâtre du Rond Point à Paris qui a rassemblé syndicats, associations, militants et aussi trois candidats à l'élection présidentielle.

Hier soir au théâtre c'était la gauche de la gauche qui était représentée, avec Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou. Trois candidats qui se sont affichés solidaires hier soir, ravis de mettre leurs différences de côté sur cette question. Et s'ils proposaient des solutions parfois divergentes, les trois personnalités ont su s'accorder sur plusieurs d'entre elles.

La candidate Europe Ecologie tout d'abord a lancé un vibrant plaidoyer en faveur de la prise en charge par l'état de cette thématique cruciale. Ainsi argumente l'ancienne juge, "il n'y a pas d'inégalité plus insupportable, d'injustice plus révoltante, que le fait les pouvoirs publics aient renoncé à réguler le marché des loyers, traitant le logement comme n'importe quel bien". Eva Joly propose donc, comme mesures, un moratoire de trois ans sur les prix des loyers, la création de 150 000 logements sociaux par an et la réhabilitation de 300 000 logements par an pour les mettre aux normes environnementales.

Les deux autres candidats, même s'ils seraient déjà contents en cas d'adoption de ces mesures, vont quand même un peu plus loin en soumettant l'idée par exemple, de diminuer les prix des loyers, de construire 200 000 logements sociaux par an, de permettre la réquisition de locaux vides ou encore de punir pénalement les maires qui n'appliquent pas la loi imposant la construction de 20% de logements sociaux par ville.

La réunion a également été l'occasion pour les participants de demander au Sénat socialiste de ne pas examiner le texte, adopté récemment à l'Assemblée nationale, qui interdit à toute personne de vivre plus de trois mois dans un camping.