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Tourisme : le gouvernement renonce à la hausse de la taxe de séjour

Publié le  Par Antoine Sauvêtre

Crédit image © Koocheekoo - flickr


Tour à tour, Manuel Valls, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg puis Michel Sapin ont fait part de leur hostilité concernant la hausse de la taxe de séjour pour les hôtels 3, 4 et 5 étoiles. Votée mercredi dernier à l’Assemblée nationale, la mesure devrait finalement être enterrée.

C’était « une erreur » selon Michel Sapin. Dimanche 6 juillet, sur BFM TV, le ministre des finances n’a pas été tendre avec la hausse de la taxe de séjour proposée à l’Assemblée nationale par les députés socialistes. Votée mercredi 2 juillet par la majorité, le gouvernement compte bien enterrer cette mesure jugée « dangereuse et totalement contraire à la promotion du tourisme » par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Le gouvernement compte sur le Sénat

L’amendement socialiste prévoit pour les communes la possibilité de quintupler la taxe de séjour. Elle pourrait ainsi passer de 1,5 à 5 euros pour les hôtels 3 étoiles et de 1,5 à 8 euros pour les 4 et 5 étoiles. Après le vote, le ministre Arnaud Montebourg avait appelé à « revenir sur cette décision » et le premier ministre Manuel Valls avait jugé la hausse « beaucoup trop importante ». Le gouvernement compte désormais sur les sénateurs pour enterrer la mesure. Dans son édition du 6 juillet, le Journal du Dimanche annonçait ainsi qu’un amendement serait déposé lors de l’examen de la loi de finances rectificative au Sénat pour décider de la « suppression pure et simple » de la hausse. Le sénateur PS Luc Carvounas avait également fait part de son intention de déposer un amendement pour supprimer la nouvelle taxe de séjour par nuitée en Ile-de-France.

Anne Hidalgo, défenseur de l’augmentation

La région Ile-de-France s’était prononcée pour une hausse de ladite taxe afin de financer les transports en communs. Mais les bénéfices de cet impôt revenant aux communes, c’est la mairie de Paris qui comptait tirer profit de la hausse. Anne Hidalgo souhaitait l’utiliser pour boucler son budget 2015, qui compte un trou financier de 400 millions d’euros. Dans un communiqué, l’édile avait milité pour une hausse de la taxe de séjour. « Une mesure juste et nécessaire » pour la successeur de Bertrand Delanoë, qui « ne nuira ni au dynamisme du secteur hôtelier ni au rayonnement international de Paris ». Pour se justifier, la maire avait brandi des chiffres montrant que l’augmentation du prix des nuitées constatée à Paris n’avait pas impacté l’attractivité touristique de la capitale.
 

Avant elle, les hôteliers avaient fait part de leur inquiétude de voir cette taxe augmenter et les conséquences qu’elle aurait sur leur clientèle alors que le gouvernement a fait du tourisme l’une de ses priorités. En France, première destination touristique au monde avec 83 millions de visiteurs en 2012, le tourisme représentait 7,3% du PIB cette année-là. Elle se place toutefois en troisième position en termes de recettes (41,7 milliards d’euros), derrière les Etats-Unis et l’Espagne.