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Le N°3 de la gendarmerie remplacé après avoir critiqué la politique pénale

Publié le  Par Raphaël Didio

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Numéro 3 de la direction générale de la gendarmerie, le général Bertrand Soubelet a été remplacé ce mercredi lors du dernier Conseil des Ministres avant les vacances. Il lui a été reproché d’avoir critiqué la politique pénale du gouvernement.

Le 18 décembre 2013, le général Bertrand Soubelet avait tenu des propos qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’un (ou de plusieurs) sourd (s). Devant la commission parlementaire de « lutte contre l’insécurité », le numéro 3 de la direction générale de la gendarmerie avait déclaré que la réponse pénale était « en décalage » par rapport aux infractions constatées. Il a appuyé son propos en déclarant qu’en 2013 il y a eu une hausse de 4 % de personnes mises en cause par ses services alors que le nombre d’incarcérations avait « diminué de 33 % ».


De nombreux gendarmes avaient salué « son courage » sur les réseaux sociaux mais ses propos ont suscité l’ire de sa hiérarchie et notamment celui du ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls. « Opposer justice aux forces de l’ordre est extrêmement contreproductif et affaiblit l’Etat » avait alors déclaré l’actuel Premier ministre lors de ses vœux à la gendarmerie. Afin de calmer les esprits, la direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN) avait tenté de justifier les propos du général en expliquant que son intention « n'était pas de mettre en cause la politique pénale ni de critiquer l'institution judiciaire, mais de souligner les difficultés rencontrées au quotidien par les unités dans la lutte contre la délinquance ».


Bertrand Soubelet n’est toutefois pas mis à l’écart. Du moins pas totalement, et pas aux yeux de tous. Il doit récupérer le commandement de la gendarmerie Outremer, un poste qualifié de « prestigieux » et « de confiance » par le ministère de l’Intérieur mais de « placard » par le député UMP Philippe Goujon. « On a censuré un général qui a dit la vérité, c'est de la censure ! » s’emporte le maire du XVe arrondissement de Paris, qui est également vice-président de la commission parlementaire devant laquelle le général s’était exprimé. C’est le général Michel Pattin qui remplace le général Bertrand Soubelet à ce poste de numéro 3 de la DGGN d’après le compte-rendu du Conseil des ministres.