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Présidentielle : NKM sera la porte-parole de Nicolas Sarkozy

Publié le  Par Jennifer Declémy

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La rumeur circulait déjà depuis plusieurs semaines mais elle a été rendue officielle ce matin : la ministre de l'environnement Nathalie Kosciusko-Morizet sera la porte-parole du candidat UMP. Une promotion inespérée pour "l'emmerdeuse" du quinquennat Chirac.

Le/la journaliste de l'AFP la décrit comme "belle et brillante", le Monde préfére parler de "l'atout chic" de l'Elysée. Quoi qu'il en soit Nathalie Kosciusko-Morizet est devenue une des figures les plus importantes de la campagne présidentielle aujourd'hui en accédant au poste très convoitée de porte-parole de Nicolas Sarkozy. Pourtant elle n'a pas toujours été la ministre la plus appréciée de la majorité.

Polytechnicienne de formation, elle est unanimement reconnue comme brillante et travaillant très dure. Elle a fait ses premiers pas en politique au début de 2000 quand, une note rédigée par ses soins attire l'attention de Jacques Chirac qui l'envoie alors à l'UMP pour s'occuper d'écologie, un terrain le plus souvent ignoré à droite. S'implantant très vite dans l'Essonne, elle se fera connaitre en chapeautant le projet, controversé à droite, de charte de l'environnement, qu'elle défendra à l'Assemblée nationale, enceinte. En 2007, elle s'impliquera dans l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy en faisant le lien entre lui et le pacte de Nicolas Hulot.

NKM, c'est un parcours rapide certes, mais construit, et qui correspond à ses capacités. Si elle n'est pas propulsée sur le devant de la scène en 2007, comme le furent Rachida Dati ou Rama Yade, elle n'en a pas moins peu à peu grimpé les échelons jusqu'à devenir aujourd'hui la numéro 4 du Gouvernement. En 2008 pourtant elle suscite l'ire de ses collègues en faisant la bise à José Bové, en n'hésitant pas à parler écologie avec des personnalités de gauche ou en dénonçant le concours de lâcheté de François FIllon et Jean-Louis Borloo sur le sujet des OGM. Fermement rabrouée, elle sera reléguée pendant un temps au secrétariat à l'économie numérique avant de rebondir en 2010, pour ne plus quitter le devant de la scène.

En 2011 également elle ne se fera pas bien voir lorsque, aux élections cantonales qui voit une sérieuse débandade de l'UMP, elle appelle à voter à gauche et surtout pas FN, contrairement à la ligne de son parti. Pourtant elle récidive en écrivant un livre contre le Front National, et en débattant en septembre contre Marine Le Pen.

Minoritaire au début de son parcours, elle est aujourd'hui partout sur la scène politique et médiatique. D'une classe indéniable, avec cet aspect bourgeoisie, calme, prudent et de très bonne éducation, NKM fait effectivement "chic" et cela a du jouer dans sa nomination de porte-parole. Mais surtout, elle incarne une espèce de droite modérée qui pourra contrecarrer la droitisation et la dureté du discours de Nicolas Sarkozy et tempérer ses futures propositions.

Faisant peu de places aux femmes dans son équipe de campagne, hormis Emmanuelle Mignon, le candidat UMP voulait donc une femme comme porte-parole, et à ce niveau-là les choix étaient réduits à l'UMP : Valérie Rosso-Debord et Salima Saa, étoiles montantes, ne sont pas encore assez connues, Valérie Pécresse qui est un poids lourd du Gouvernement a sûrement un côté sniper trop prononcé et Nadine Morano manque de distinction et de subtilité, comme on a pu l'apercevoir en 2007 lors de sa mission commando au meeting de Ségolène Royal.

Si la distinction est d'importance, le pari est cependant risqué pour NKM. Alors qu'elle a déjà fait connaitre son ambition présidentielle, si son candidat échoue en mai prochain elle pourrait être associée à la disgrâce de la droite et à l'échec. Cependant, souffrant d'un manque de réseaux au sein de son parti, qui ne l'apprécie pas beaucoup, cela peut être l'occasion pour elle de de distinguer et, en cas de victoire, de se rendre incontournable à droite. Un pari audacieux donc, pour une ministre que l'on définit d'habitude comme très prudente...