Accueil |  Qui sommes-nous |  Contact


Crépol : la rue plus rapide que la justice

Publié le  Par Fabrice Bluszez

Crédit image © dr


La mort du jeune Thomas, 16 ans, à Crépol (Drôme) a donné lieu à une marche blanche puis, ce samedi 25 novembre, à une manifestation de droite dégénérant en rixe dans le quartier de la Monnaie. Deux soucis : l'ordre et la justice.

Les images sont sur Twitter. Les commentaires enthousiastes de Jean Messiha, ex-cadre du Rassemblement national, donnent l'ambiance...

 

Bravo à ces jeunes Français courageux qui sont allés manifester #JusticePourThomas au coeur de #RomansSurIsère, dont sont originaires plusieurs des ordures qui ont tué #Thomas.

Ils ont été violemment agressés par les colons.

Force et honneur à ceux qui n’en peuvent plus et qui… pic.twitter.com/Ut1hvIwoPC

— Jean MESSIHA (@JeanMessiha) November 25, 2023

 

Ordre...
 

Côté ordre, c'est raté. Environ 80 militants de la droite nationaliste, ou extrême droite, sont venus manifester à Romans-sur-Isère (Drôme) samedi soir. Parfois de loin : on cite Rouen (Seine-Maritime). Ayant choisi de défiler dans les rues de la cité de la Monnaie, ils ont été pris à partie par des groupes de jeunes. Un des manifestants a été sorti d'une voiture et tabassé. Il a dû être hospitalisé. Il y a eu une vingtaine d'interpellations officielles, par les forces de l'ordre, note FranceInfo.
 

Une manifestation du même style a eu lieu à Rennes (Ille-et-Vilaine), ce dimanche soir. A noter aussi : les noms de neuf suspects, tous "à consonance arabe", ont fuité sur Twitter, relayés dans des appels à la justice compris très vite comme des appels à la vengeance.

 

... Et justice

 

Côté justice... C'est lent. Quoique... Une semaine après le meurtre de Thomas (dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 novembre), six suspects sont sous les verrous et trois autres sous contrôle judiciaire, note Le Parisien. Le journal explique que la bande qui a agressé les personnes au sortir du bal était arrivée au fur et à mesure et non spécialement pour une attaque. Au départ, il y aurait eu une provocation...

 

"... Lorsque le DJ a arrêté la musique de la soirée vers 2 heures du matin, l’un des fêtards, désigné comme un rugbyman proche de Thomas, s’est approché de l’un des membres du groupe, Ylies Z., en lui tirant ses cheveux longs et en l’appelant « Chiquita (fillette) ». Après des échanges de noms d’oiseaux, tous seraient sortis de la salle et les affrontements auraient dégénéré, les suspects restés près de la supérette se mêlant à la bagarre dont certains avec des couteaux. L’un des vigiles engagés pour sécuriser la soirée aurait été agressé dans l’altercation violente. Trois autres hommes sont poignardés, dont Thomas qui ne se relèvera pas." 

 

La thèse de la rixe spontanée l'emporte sur celle de l'attaque "communautaire". Reste qu'il y a un mort et des blessés. Les chefs d'inculpation sont : "meurtre en bande organisée", "tentatives de meurtre" et "violences volontaires commises en réunion".  Désigné, semble-t-il, par des témoins, comme auteur d'un coup de couteau mortel, Chaid Akabli, 20 ans, français, habitant chez sa mère, française elle aussi, jure qu'il est innocent.

 

Il faudra attendre le jugement... Chaid Akabli n'a été poursuivi que pour des faits mineurs : une amende de 250€ pour recel de vol et une de 200€ pour port d'un couteau, selon Le Journal du Dimanche. Les auditions permettront de savoir où étaient les neuf personnes arrêtées le mardi 21 (dont un mineur) et comment ils ont agi cette nuit-là. L'enquête est loin d'être achevée.