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Une élection présidentielle le 2 mai, ça ne se fait pas

Publié le  Par Fabrice Bluszez

Crédit image © dr


Une élection présidentielle le 2 mai, au lendemain de la fête du Travail et de ses manifestations ouvrières, ça ne se fait pas... Et ça ne s'est jamais fait, jusqu'à cette décision saugrenue sur les dates de 2027 : 18 avril et 2 mai.

Depuis le début de la Ve République, en 1958 donc, mais l'élection présidentielle au suffrage universel ne commence qu'en 1965, jamais le second tour n'avait eu lieu au lendemain du 1er-Mai, fête du Travail.

 

Jamais vu…

 

La première élection présidentielle, en 1965, ce fut le 19 décembre. : De Gaulle bat, déjà, François Mitterrand. On était à l'époque du septennat mais De Gaulle renonce à le présidence après le référendum raté de 1969 et Georges Pompidou est élu le 15 juin 1969. Hélas, il meurt le 2 avril 1974 et Valéry Giscard d'Estaing est élu le 19 mai 1974. Contre François Mitterrand qui l'emporte le 10 mai 1981. Puis le 8 mai 1988. Le 7 mai 1995, Jacques Chirac bat le candidat socialiste Lionel Jospin. En 2002, on passe au quinquennat et Lionel Jospin disparaît dès le 1er tour, devancé par Jean-Marie Le Pen. Au second tour, le 5 mai 2002, Jacques Chirac est réélu. Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy bat Ségolène Royal. Le 6 mai 2012, François Hollande devient Président. Enfin, Emmanuel Macron apparaît sur les écrans le soir du 7 mai 2017 puis, le 24 avril 2022, il est réélu.

 

Les revendications sociales

 

Pas trace d'élection aussi près du 1er Mai, “fête des travailleurs”, dirait la CGT, qui défile avec les autres syndicats, mettant en avant les revendications sociales du moment. L'événement n'est pas anodin.

L'élection présidentielle non plus mais il est prévu deux semaines entre chaque tour, le temps de débattre, de réfléchir, de choisir un homme, une femme, ou un projet de société, des réformes indispensables au pays.

 

Peut-on raisonnablement aller voter au lendemain de cette journée, marquée à gauche ? Et à quoi sert de manifester la veille d'une élection présidentielle, sachant que le pouvoir auquel s'adressent les manifestants aura changé demain ? Sans qu'on sache qui va l'emporter…

 

Des réactions

 

Au noms des travailleurs, Thomas Vacheron, secrétaire confédéral à la CGT, dans Libération, tonne…

 

« La présidentielle est un moment important où les revendications des salariés peuvent être entendues. Le second tour au lendemain du 1er mai c’est attaquer leur journée. »

 

Même Public Sénat relève la déclaration de Bruno Retailleau, président des Républicains…

 

Le président de LR estime que ce calendrier « n’est pas neutre » et qu’il n’est « pas normal sur le plan démocratique ». Il va plus loin en évoquant le risque de tensions. « Il y a peu de 1er mai qui se passent calmement. Il y a toujours une montée en pression et parfois des débordements. Vous imaginez la veille d’un second tour ? »

 

Les autres dates possibles, les 11 et 25 avril, coïncidaient avec les vacances scolaires… Le Huffington note aussi l'intérêt en cas de dissolution de l'Assemblée nationale… Ce qui n'a rien d'anormal juridiquement mais est une manoeuvre politique visant à faire élire une majorité de députés pour soutenir l'action du nouveau Président… Manoeuvre qui n'a pas connu que des succès…