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Présidentielle : Sarkozy reconnait la responsabilité de l'état dans l'abandon des harkis

Publié le  Par Jennifer Declémy

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En déplacement à Perpignan, le candidat Sarkozy a reconnu officiellement la responsabilité de l'état français dans l'abandon des harkis en 1962.

C'est un thème délicat, et qui, à l'occasion du cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie, est l'objet de vives contestations entre la droite et l'extrême-droite qui revendiquent cet électorat, traditionnellement ancré à droite. Et aujourd'hui, en déplacement à Perpignan, le président sortant a voulu marquer le coup en reconnaissant la responsabilité de l'Etat français qui a "abandonné" cet électorat en 1962.

"La France se devait de protéger les harkis de l'histoire, elle ne l'a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l'histoire, et c'est cette responsabilité que je suis venu reconnaitre ici à Perpignan" a affirmé cet après-midi Nicolas Sarkozy qui exige donc que l'Etat français "reconnaisse ses erreurs" et "regarder l'Histoire en face".

C'est un discours fort qu'a voulu prononcer le président sortant. Or, cette reconnaissance même était une exigence de la communauté harki, depuis des années déjà. Le 9 mars à Nice, Nicolas Sarkozy avait déjà fait un discours qui faisait état "d'une injustice (...) une dette vis-à-vis des Harkis". Durant sa campagne de 2007, le chef de l'état avait déjà promis qu'il franchirait le pas et reconnaitrait officiellement la responsabilité de l'état, et cet oubli pendant cinq ans avait fortement déçu la communauté des Harkis.

Cela fait un peu plus d'une semaine que Louis Aliot, élu de la région justement, s'est mobilisé contre la venu du président dans sa ville, lui qui accorde beaucoup d'importance à la question des harkis. Il avait d'ailleurs organisé une contre-manifestation au moment du discours du président sortant. "En 2007, dans son discours de Toulon, il avait promis de reconnaitre la responsabilité du gouvernement dans le massacre des harkis (...) Je vous le dis tout de suite, ce qui a fonctionné en 2007 ne fonctionnera pas en 2012" a martelé le numéro deux du FN, qui craint en effet une captation sarkozyste de cet électorat de plus en plus enclin à voter Le Pen.