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Une percée spectaculaire du Front National

Publié le  Par Julie Catroux

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Marine Le Pen ne fait pas partie des finalistes au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle mais la percée du Front National dans certains départements a de quoi surprendre. Tour d’horizon des régions et départements où le Front National a réalisé un score important.

 

Les résultats sont tombés. La troisième personne de ce premier tour n’est pas un homme comme on a pu le penser pendant quelques semaines mais bel et bien une femme. Son nom ? Marine Le Pen. Son parti ? Le Front National. La candidate est la grande gagnante du premier tour de la présidentielle. Ella a surpris certains avec un score inédit pour le Front National de 18,1%. Présidente du parti depuis le congrès de Tours le 15 janvier 2011, Marine Le Pen remplace son père, à la tête du parti depuis sa création en 1972. Un père fier de sa fille même s’il a admis hier soir « qu’elle aurai pu faire mieux ». Jean-Marie Le Pen serait-il vexé ?  La candidate du FN a fait mieux que son père en 2001, attirant 6,4 millions des voix (contre 5,5 millions en 2002). Marine Le Pen a réussi à renverser la tendance même si, contrairement à son père il y a dix ans, elle n'a pas pu se qualifier pour le second tour. Les Français, choqués de cette percée du Front National sont toutefois soulagés de ne pas voir l’extrême droite au second tour, comme ce fut le cas il y a dix ans.

 

La candidate du Front National obtient pus de 20% des suffrages dans onze régions métropolitaines sur 22 : Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Corse, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie, Picardie, Provence-Alpes-Côte-D’azur). Franchissant la barre des 20% dans quarante-trois départements, elle obtient son meilleur résultat dans le Vaucluse avec 27,03%. C’est à Paris, avec 6,20% des suffrages qu’elle recueille son plus mauvais score en métropole, preuve de la coupure entre la capitale et le reste du pays.

 

Cette montée du Front National n’est pas une surprise dans certains départements :

 

La vague « bleue Marine » a envahit le Gard avec 25,51% des voix, de peu devant l’UMP qui recueille 24,86% de voix. Cela n’a rien de surprenant car ce département a toujours été un cas d’école des vases communicants en FN et UMP. En 2002, Jean-Marie Le Pen était déjà en tête devant Jacques Chirac même si en 2007, le FN a été relégué à la quatrième position, le parti d’extrême droite est bien ancré.

 

Dans le Pas-de-Calais,  la candidate du Front national effectue sa plus importante percée, arrivant en deuxième position derrière François Hollande et devant le président sortant. Marine Le Pen arrive en tête à Hénin-Beaumont (35,48%), ville dont elle était conseillère municipale jusqu'à sa démission en février2011 pour cause de cumul des mandats.

 

Le Front National a pratiquement retrouvé ses niveaux record de 1995 et 2002 en Alsace, à l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle dimanche. Même si Nicolas Sarkozy a terminé largement en tête au niveau régional, comme en 2007, mais avec un score sensiblement amoindri, Marine Le Pen arrache la deuxième position, avec 22,12%, contre 13,56% en 2007. La candidate du Front national réalise en effet un bond de près de 10 points par rapport au score de son père cinq ans auparavant et arrive en deuxième position dans deux départements, la Meuse et la Moselle.

 

Mais d’autres départements ont été surpris de la montée du Front National:

 

La région PACA est redevenue une terre d'élection pour le Front national. Le FN s’impose comme une force incontournable dans l’arc méditerranéen Nicolas Sarkozy, qui avait séduit en 2007 une part importante de l'électorat lepéniste, perd le terrain qu'il avait conquis. Et même davantage car dans chaque département, Marine Le Pen progresse d'environ 10 points. Le Vaucluse lui offre son meilleur score national avec 27% des voix. Dans les Alpes de Haute Provence, le FN bat tous ses records. Le Pen atteint 20,71 % des voix, soit presque dix points de plus qu'en 2007 et quatre de mieux qu'en 2002. Au passage, la candidate du Front national s'impose à Oraison, l'une des six villes de plus de 3 500 habitants du département. Depuis la création de la droite populaire, en juillet 2010, les deux mouvements se retrouvent souvent associés ou mis en concurrence. Les membres du collectif viennent d’ailleurs de régions où le FN réalise ses meilleurs scores. Immigration, sécurité, laïcité, patriotisme économique : ils arborent les mêmes sujets. Il est frappant de constater que le vote  combien la carte des membres de la droite populaire épouse les contours du vote FN. Pourtant, selon Marine Le Pen « les élus de la Droite populaire ont toujours dit qu’ils ne constituaient pas un pont avec nous mais une digue. Ils sont les moins sincères et puis franchement, ajoute un cadre du parti, récupérer un Estrosi, un Luca ou un Ciotti, je ne suis pas sûr que cela soit un cadeau.»

 

Le fait marquant de ce premier tour en Corse est l’ascension fulgurante de l’extrême droite. La candidate du FN réalise 24,38% et termine à la deuxième place. Le FN progresse de plus de 9 points dans une région où son parti ne dispose quasiment pas de troupe et n'a quasiment pas fait campagne. Elle arrive en seconde position dans les deux plus grandes villes corses : à Ajaccio, derrière Nicolas Sarkozy, et à Bastia, derrière François Hollande.

 

L'autre enseignement de ce premier tour est la percée du Front national en Vendée. Dans un département frappé par le chômage, Marine Le Pen, avec 15,18 %, double le score réalisé par son père en 2007. Elle bénéficie sans doute aussi de l'absence de Philippe de Villiers, qui avait réalisé plus de 11 % en 2007. De son côté, François Bayrou, avec 12,13 %, perd la moitié de ses électeurs par rapport à 2007.