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François Hollande va fêter ses cent jours de présidence.

Publié le  Par Jennifer Declémy

Crédit image © Lionel le Saux/Sipa


Alors que cela fera cent jours demain que François Hollande est arrivé au pouvoir, le bilan de son début de mandat reste hésitant.

Demain, cela fera cent jours que le socialiste François Hollande est arrivé à l'Elysée et a marqué une nouvelle page de l'histoire politique française. Et à l'image du sondage Ifop paru ce week-end qui montre un manque de popularité du président contrastant avec la plupart de ses mesures qui sont elles plébiscitées, le bilan de ses cent premiers jours de présidence est mitigé, contradictoire.

 

François Hollande nous promettait, durant sa campagne présidentielle, le "changement". Changement de forme par rapport à la présidence bling-bling de Nicolas Sarkozy, changement sur le fond en privilégiant la justice dans la rigueur. Sur la forme indubitablement le changement est présent, et les français semblent apprécier : baisse des salaires de l'exécutif, simplicité de la présidence dans ses déplacements et une normalité mise en avant dans tous les aspects de la présidence. Sur le fond, beaucoup de promesses de campagne ont été respectés : blocage des loyers, retraite à 60 ans pour ceux qui commencent à travailler tôt, suppression de beaucoup de mesures fiscales du quinquennat Sarkozy ou encore augmentation de l'allocation de rentrée scolaire. Autant de mesures généralement apprécié des français.

 

Sur le plan international en revanche le bilan est nettement plus mitigé. Ainsi la promesse de renégocier le traité budgétaire européen n'a pas été respectée, malgré les promesses du Gouvernement, et cela cause d'ores et déjà des divisions à gauche, et notamment au sein même du Parti socialiste, qui peuvent coûter très cher dans les prochains mois à François Hollande. Le premier risque politique pour le président est actuellement de voir renaitre, au grand jour, les divisions de 2005. De même, la gestion du conflit syrien par le nouvel exécutif suscite énormément de critiques à droite, obligeant ainsi le chef de l'état à se justifier de toutes les accusations d'immobilisme qui sont jetées sur lui par l'opposition tous les jours ou presque.

 

L'immobilisme justement, c'est ce que beaucoup craignent alors que le président multiplie les commissions et n'a engagé aucune réforme de taille en cent jours de présidence. Alors que Nicolas Sarkozy avait démultiplié les interventions de l'exécutif, paraissant omniprésent et engagent énormément de réformes et lançant de nombreux chantiers en même temps, François Hollande lui veut prendre le temps et réinscrire l'action politique dans la durée. Un pari risqué alors que la crise financière, économique et sociale semble s'installer pour longtemps en France, et alors que l'opposition de droite ne veut laisser aucun répit à la majorité socialiste. Mais c'est pourtant dans la durée que le nouveau président sera jugé. Si l'on suit sa philosophie de l'action politique, aucun bilan ne peut être tiré de ses cent jours de présidence.

 

Mais si aucun bilan ne peut réellement être établi à l'heure actuelle, il n'en reste pas moins que les français ne sont guère optimistes sur la suite du mandat de François Hollande. Si la plupart des mesures prises jusqu'à présent plaisent aux français, ces derniers restent néanmoins craintifs face à la crise alors que les plans sociaux menacent à la rentrée, que les pays du sud de l'Europe connaissent une spirale infernale et que les déficits à combler s'avèrent plus élevés que prévus. Dans ce contexte, le nouveau président ne fait pas rêver et doit encore faire ses preuves. Un défi colossal pour un président qui se veut...normal.