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L'Allemagne estime que la France est en déclin.

Publié le  Par Jennifer Declémy

Crédit image © Eric Feferberg/AFP


Si la situation allemande est souvent prise en exemple par les politiques français, l'inverse n'est absolument pas vrai. De l'autre côté du Rhin, l'image de la France comme puissance s'est considérablement dégradée.

En France, l'Allemagne dispose d'une image de grande puissance économique qui souffre beaucoup moins de la crise que nous. Mais comment nos voisins d'outre-rhin, avec qui nous entretenons une relation diplomatique privilégiée nous voient-ils ? Pas très bien, selon des experts des réseaux diplomatiques, qui font état d'une déconsidération de la France par les allemands qui voient cette dernière "sur le déclin".

Cette perception n'est pas inhérente au mandat de Nicolas Sarkozy, ou à la crise, mais elle s'est fortement accentuée ces dernières années. En réalité, c'est depuis les années 2000 que la France véhicule en Allemagne une image de puissante déclinante, notamment en termes économiques, avec un taux de croissance français deux fois moindre que le taux de croissance allemande, ou en termes de compétitivité également. S'il y a déclin français pour les allemands, c'est avant tout économique.

La relation actuelle entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui ont parus très proches ces derniers mois, lors des sommets à répétition, puis marquée par la distance avec la campagne présidentielle, est en fait une relation de circonstance, une alliance marquée par les évènements plutôt que fondée sur une véritable motivation commune. L'image du président français n'est pas des plus bonnes outre-rhin, notamment à cause de ses débuts chaotiques mais aussi à cause de son "arrogance", à vouloir toujours tirer vers lui les mérites d'une opération, comme l'union pour la méditerranée, ou l'intervention en Libye.

De fait, il existe aujourd'hui un courant d'opinion en Allemagne qui plaide pour que la relation franco-allemande s'inscrive désormais dans la banalité, et qu'elle ne soit plus privilégiée, comme c'est le cas depuis 60 ans à cause de l'histoire troublée des deux pays. Un courant qu'Angela Merkel semble prendre en compte, et ce d'autant plus que la France, en perdant son triple A en janvier dernier, a perdu son statut de puissance du continent.