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Présidentielle : les candidats et la Seine-Saint-Denis.

Publié le  Par Jennifer Declémy et Julie Catroux

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Enquête sur le vote en Seine-Saint-Denis (2) : que proposent les candidats aux habitants de ce département ? Combien de fois s'y sont-ils rendus ?

Par Julie Catroux.

Très présente en 2007, la thématique des banlieues brille aujourd’hui par son absence dans les discours de campagne et les programmes des candidats. A seulement deux jours du premier tour, petit tour d’horizon des visites des candidats en Seine-Saint-Denis et de leurs propositions.

 

Nicolas Sarkozy.

 

Le président candidat qui avait fait de la banlieue son thème de campagne aux dernières élections présidentielles, après les émeutes de 2005, n’est plus le bienvenu dans ces quartiers. Promettant il y a cinq ans un « plan Marshall » censé offrir « une formation, un emploi, une rémunération » à quelque 250.000 jeunes de banlieue, il a suscité l’espoir au sein de la population. Mais cet engouement est vite retombé. Le Plan espoir banlieue n’a guère redoré le blason du Chef de l’Etat, de plus en plus absent dans les quartiers sensibles.

 

Visite en Seine-Saint-Denis :

 

Seulement deux jours après la visite de François Hollande, le président-candidat s’est rendu le 10 avril à Drancy. De passage en Seine-Saint-Denis, il a déjeuné avec des membres d’associations et rencontré des responsables religieux. Mais après les années fastes entre Nicolas Sarkozy et les banlieues, lors desquelles celui qui était alors Ministre de l’Intérieur avait déclaré qu’il fallait « nettoyer au Karcher » les quartiers minés de drogues et les règlements de compte, en éliminant les « racailles », le désamour de la population vivant en banlieue est probant.

 

Propositions :

 

Si Nicolas Sarkozy axe sa campagne sur la promesse d’un second volet du Plan de rénovation urbaine destiné à réhabiliter les quartiers difficiles, chiffré à 18 milliards d’euros, les thèmes de sa campagne sur les banlieues sont nettement moins présents qu’en 2007. Cette rénovation passera à la fois par les destructions de barres vétustes mais aussi par la construction d’immeubles à taille humaine. Décidé dès l’été 2011, les 18 milliards seront financés par l’Etat, le 1% logement, les HLM et les collectivités territoriales. Le candidat UMP proposé également que l’Etat prenne en charge l’accompagnement des enfants auxquels les parents ne peuvent pas offrir une aide estimant que les jeunes des cités sont handicapés par le manque de formation.

 

François Hollande.

 

Alors que la gauche accuse le gouvernement de jouer la carte de l’abstention dans les quartiers défavorisés, François Hollande mise au contraire sur un sursaut participatif des cités lors de l’élection présidentielle. Lançant une vaste opération de porte à porte pour convaincre l’électorat abstentionnisme de se rendre aux urnes, le Parti Socialiste a également mis en place le « banlieue tour » qui consistait à transporté pendant deux jours (6 et 7 avril) le candidat dans différentes banlieues.

 

Visites en Seine-Saint-Denis :

 

Le candidat socialiste s’est rendu de nombreuses fois dans ce département :

Le 13 janvier, François Hollande a présenté à Pierrefitte six propositions pour prendre à bras le corps la violence et le décrochage scolaire.

Le 8 mars, il s’est rendu à la maternité des Lilas

Le 20 mars, le candidat socialiste choisit une école du Pré-Saint-Gervais pour la minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie de Montauban et de Toulouse.

Le 25 mars, il participe à une réunion publique à Bondy où il appelle à lutter contre l’abstention.

Le 7 avril, le « banlieue tour » conduit François Hollande à Aulnay-sous-bois et Clichy avant de terminer sa journée par un meeting à Aubervilliers.

 

Les propositions :

 

Le candidat socialiste souhaite créer un « Ministère de l’Egalité territoriale », exonérer les charges pour les entreprises qui embauchent des jeunes des quartiers difficiles ainsi que l’accueil d’un élève de banlieue dans chaque classe préparatoire et la fin du zonage (zone urbain, d’éducation prioritaire…). François Hollande veut donner la priorité aux habitants des quartiers dans la création des 150 000 emplois d'avenir.

 

Jean-Luc Mélenchon.

 

Jean-Luc Mélenchon a le vent en poupe. Le nouveau troisième homme de la campagne présidentielle enjoint les banlieues à « la révolution citoyenne » et non à « l’émeute » et ne « pas laisser le ghetto s'installer dans (leur) propre coeur» et à ne pas laisser les banlieues devenir un «désert politique».

 

Visites en Seine-Saint-Denis :

 

Le 21 mars, le leader du Front de Gauche s’est rendu à Bobigny et Gennevilliers où il a défendu les services publics et la politique du logement. Au lendemain de la tuerie de Toulouse, il a prononcé un discours républicain.

 

Les propositions :

Jean-Luc Mélenchon reprend à son compte une proposition formulée par le collectif AC LeFeu : la délivrance d'un récépissé en cas de contrôle de police, destiné à lutter contre les contrôles au faciès. Il prévoit également un partage des richesses qui est le « mot clé » pour la banlieue.

 

François Bayrou.

 

« Ne délaissons pas les banlieues, c’est ici qu’il y a le plus de choses à faire et à dire » affirme François Bayrou. Le candidat du Modem admet qu’on ne parle pas assez de la banlieue et que ce silence doit être rompu.

 

Visites en Seine-Saint-Denis :

 

Le candidat du Modem ne s’est pas rendu en Seine-Saint-Denis pendant la campagne présidentielle mais a visité d’autres banlieues. Il était à Mantes-la-Jolie et à Bonnières-sur-Seine, vendredi 2 mars, à la rencontre des habitants de banlieue et des salariés d'une aciérie familiale. Avec un score de 16,72% en Seine-Saint-Denis lors de l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou peut espérer un bon résultat dimanche.

 

Les propositions :

Le candidat du Modem propose une « évaluation citoyenne des promesses » qui serait ouverte aux experts, associations et aux citoyens qui permettrait de faire le point concernant chaque promesse. Il annonce également un emploi sans charges pendant deux ans destiné aux jeunes et aux chômeurs, sous la forme d'un CDI, pour toutes les entreprises de moins de 50 salariés, les artisans et les commerçants admet vouloir consacrer 50 % du temps de travail à l'école primaire à la langue française et de mettre moins d'élèves dans les classes difficiles.

 

Marine Le Pen.

 

Marine Le Pen est sans doute la candidate la moins aimée des banlieues. La candidate du Front National va même jusqu’à affirmer qu’elle ne va pas en banlieue car « tout le monde passe sa vie en banlieue, eh bien moi je ne vais pas en banlieue. Je vais en campagne parce que l'immense majorité de la population vit dans la ruralité ».

 

Visites en Seine-Saint-Denis :

 

La candidate du Front National a partagé la galette des rois avec ses militants le 9 janvier. Mais cette réunion a été très mal accueillie par la population qui a manifesté la veille contre la venue de Marine Le Pen.

 

Les propositions :

 

Marine Le Pen (FN) veut corriger le « déficit de savoir-être et du manque de connaissance de nos codes sociaux » par les jeunes de banlieue par la maîtrise de la langue, de la culture et des coutumes françaises et rétablir l'autorité du maître. Elle propose également des parcours d'apprentissage obligatoires et contrôlés pour les jeunes étrangers ou d'origine étrangère.