Scum attaque le Mohammed VI du musée Grévin
Publié le Par Fabrice Bluszez
Le groupe féministe Scum s'en prend à la figurine représentant Mohammed VI, roi du Maroc, au musée Grévin, à Paris. Objectif : la libération de Ibtisame (Betty) Lachgar, en prison (2 ans et 6 mois) pour blasphème.
Voilà Mohammed "rhabillé pour l'hiver" ! Au musée Grévin (9e arrondissement), le personnage est vêtu d'un costume-cravate.
Les gens du collectif Scum lui ont ajouté un maillot de foot aux couleurs du Maroc, marqué “Free Betty Lachgar”, comme celui que porte la militante apparaissant sur la vidéo publiée sur Instagram. C'était ce samedi 17 janvier vers 11 heures, rapporte Le Parisien.
Ibtisame"Betty" Lachgar est en prison au Maroc depuis le mardi 12 août 2025. Militante contre “le régime phallocrate et religieux” (dit le communiqué de Scum), en fait, pour les droits de l'homme (et de la femme) depuis des années, elle s'est faite remarquer fin juillet 25 en publiant une photo où elle arbore un tee-shirt marqué : "Allah est lesbienne".
Conditions de détention
Betty Lachgar, 50 ans, a été condamnée en appel le 3 septembre 2025 à 30 mois de prison et 50.000 dirhams (4.700 euros) d'amende. Le groupe Scum dénonce ses conditions de détention à la prison de Salé (Maroc)…
"Betty Lachgar est actuellement emprisonnée dans des conditions insalubres, et qui constituent un réel risque pour sa santé, du fait des négligences médicales graves dont elle est l’objet. Survivante d’un cancer des os, elle risque de perdre son bras, à cause d’une vieille prothèse qu’elle porte et qui lui transperce la peau du bras de l’intérieur. Elle se trouve actuellement dans l’incapacité d’utiliser son bras, même pour effectuer des tâches simples comme s’habiller ou se laver. Selon le droit international, cette privation de soins médicaux essentiels relève de la torture. Elle ne possède pas de matelas pour dormir, et est placée dans une cellule à l’isolement, sans accès au téléphone, contrairement à ses co-détenues."
Au Maroc, dont le roi est supposé être descendant de la famille du prophète Mahomet, l'islam est religion d'Etat et le Code pénal punit “de six mois à deux ans de prison ferme « quiconque porte atteinte à la religion musulmane »”, rappelle Le Parisien. La peine peut atteindre 5 ans, si le "blasphème" est public.