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Sport : paroles de confinés…

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

Crédit image © dr


Confinés et au repos forcé, les champions et professionnels du sport l’ont dit. Verbatim.

Championnats à l’arrêt, courses annulées ou reportées, préparation olympique interrompue… Les champions prennent la situation avec philosophie et s’interrogent même sur notre mode de vie. Mais regrettent aussi de voir des "sportifs" amateurs ne pas respecter les règles.

 

« Ça fait réfléchir »
« Je ne voyais pas l’ampleur que ça pouvait avoir. Tant que ça ne rentre pas chez soi, on ne voit pas. Maintenant on comprend et ça me fait réfléchir à plein de choses, plein de catastrophes dans le monde sur lesquelles ne nous trouve très négligents. » Même s’il s’interroge sur sa qualification pour les Jeux de Tokyo,  Kevin Mayer, recordman et champion du monde du décathlon avoue ne plus trop penser au sport.

« J’avais zéro symptôme. Mais quand le doc m’a dit que j’étais positif, j’étais choqué, au départ je pensais que c’était une blague. Mais quand on m’a parlé des mesures de confinement, du fait que je devais éloigner mes enfants, j’ai compris que c’en n’était pas une. » Positif au covid-19, l’international français de Valence (Espagne), Eliaquim Mangala a réalisé l’importance de l’épidémie et invite la population à respecter le confinement car même sans symptôme n’importe qui peut être un danger pour les autres.  
    « En fait, cela faisait quinze jours qu’on était confinés en groupe (NDLR : les biathlètes des épreuves de Coupe du monde). Mais pour nous, il y a eu un vrai basculement quand on est rentré en France. Là, on a vraiment compris ce qui se passait. » Retraité des pistes de ski et des pas de tir, Martin Fourcade est rentré chez lui après avoir fêté en boîte de nuit en Finlande la fin de saison et sa fin de carrière et, confiné, il avoue avoir la chance de « pouvoir jouer au loup » avec ses petites files de 4 et 3 ans.
« La santé est une priorité qui va bien au-delà des courses annulées, de la condition physique, des objectifs qu’on s’était fixés… Tout ça est dérisoire face à ce problème de santé publique, face aux personnes malades, isolées. » Deux heures de home-trainer, un peu de gym, Julian Alaphilippe prend patience, ne se prend pas la tête et voit « le bon côté des choses », en attendant de remonter sur le vélo.
« J’espère qu’on sortira grandis de cette crise. Si on n’en tire aucun enseignement, des milliers de morts qu’elle va provoquer et du système économique qui part en sucette, ce sera encore plus dramatique que prévu. » Classé comme un des meilleurs handballeurs du monde, Nicolas Karabatic, analyse avec philosophie cette situation et ne veut surtout pas se plaindre : « Il y a des gens plus en galère que nous. »

« Si on arrive à le faire… »

« Je suis sportif pro, je prépare les JO et je ne sors pas de chez moi pour aller courir. Alors quand je vois sur les réseaux sociaux des coureurs ‘’loisirs’’ faire leur footing dehors (…) Si nous on arrive à le faire, alors tout le monde peut le faire. Cela m’inspire un peu de colère. Je trouve cela un peu choquant qu’il y ait autant de monde dehors alors que le personnel hospitalier et le gouvernement nous demandent de rester chez nous. »  Malgré son ambition olympique, François Barrer, spécialiste du 5000 mètres, prend son mal en patience et demande aux "joggeurs du dimanche" de respecter les règles.       « C’est tout le paradoxe français. Quand on peut faire du sport, on n’en fait pas. Et quand on nous demande de rester confiné, les gens se découvrent une passion soudaine pour le footing. » Retraité des pistes, recordman de France du 400 m, Leslie Djhone, n’y va pas par quatre chemins et n’a aucune excuse pour ces soit disant sportifs d’occasion.
« Les chutes décontractées sont souvent les plus vicieuses (…) Personnellement, j’aurai honte dans ce contexte… » Le sprinteur BB Hotels-Vital Concept, Bryan Coquard, ‘’interdit’’ d’entraînement, ne comprend pas que des ‘’cyclos’’ continuent rouler avec le risque d’une mauvaise chute et de soins qui embouteilleraient les hôpitaux débordés. « Restez chez vous », conclue-t-il.
« Les mecs croient qu’ils sont en RTT ou en vacances et vont faire une petite sortie tranquille. Ce n’est pas ce qui est demandé. On a besoin d’une solidarité nationale. » Le cycliste d’Arkea-Samsic Kevin Ledanois rejoint son collègue Coquard et se dit remonté contre ceux qui ne respectent pas la règle.    
(Sources : L’Equipe, Le Parisien/Aujourd’hui, LCI, sites internet).