Vers l'interdiction des réseaux sociaux aux enfants
Publié le Par Fabrice Bluszez
L'Assemblée nationale a voté, en première lecture, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Mais le texte doit encore aller au Sénat puis revenir à l'Assemblée. Problème : est-il réellement applicable ?
Les réseaux sociaux sont accusés de tous les maux et notamment de faire perdre la tête aux jeunes, distraits de ce qu'ils devraient apprendre à l'école par ce qu'ils apprennent sur leur téléphone portable…. A l'appui de cette thèse, on trouve des études, comme celle du journaliste américain Jonathan Haidt, citée par Le Figaro..
Les troubles anxieux et dépressifs ont explosé : +145 % de cas de dépression majeure chez les adolescentes américaines depuis 2010 ; +161 % pour les jeunes hommes ; +140 % chez les jeunes adultes de 18 à 35 ans depuis 2010. Les quatre dégâts fondamentaux causés par le smartphone sont : la privation sociale (les jeunes voient moins physiquement leurs amis), le manque de sommeil (en moyenne, les adolescents dorment 7 h, ce qui n’est pas assez pour la construction de leur cerveau), la fragmentation de l’attention et l’addiction.
Les risques
Les gérants des réseaux sociaux savent que leur valeur dépend du nombre de personnes qui sont en ligne chez eux et pas chez le concurrent. Basés à l'étranger, ils ne mettront aucun enthousiasme à faire diminuer leur chiffre d'affaires en instaurant des contrôles. En tête chez les jeunes, on trouve TikTok dit Telecoop.
Et puis quel contrôle ? La plupart des gens apparaissent sous des pseudonymes. Il suffira d'utiliser celui d'un tiers pour y avoir accès. L'usage des réseaux sociaux étant une addiction, on va retrouver des jeunes dans des habitudes, des pratiques de consommateurs de drogue : cacher son identité, vivre en secret, dépendre de tiers plus ou moins honnêtes alors qu'il s'agit d'une activité personnelle… Et se méfier des adultes, des enseignants, des surveillants, etc.
Au final, au lieu de valoriser l'enseignement et d'apprendre à utiliser cette source d'information sans tomber dans l'addiction aux vidéos courtes qu'on scrolle pour se distraire, sans avaler n'importe quel discours, on va pousser les jeunes à voir le portable comme instrument de libération contre la société des adultes alors que ce n'est qu'un outil. Et surtout un indispensable moyen de mettre les gens en contact (familles,amis, etc.).
Le vote n'est pas clos
Il reste des étapes avant l'adoption d'un texte définitif. Le débat est ouvert. La liberté de communiquer devrait l'emporter.