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Ils veulent déterrer les blaireaux au tractopelle

Publié le  Par Fabrice Bluszez

Crédit image © Copie d'écran Facebook - Aspas


En Limousin, les agriculteurs veulent s'en prendre aux blaireaux et les déterrer à l'aide de tractopelles ! Motif : ils seraient un vecteur de la tuberculose bovine. Les défenseurs des animaux sont révoltés par la méthode.

L'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) annonce une plainte contre les agriculteurs de la Coordination rurale 87 (Haute-Vienne) qui publié le 17 mars un communiqué, relayé sur Facebook, appelant les agriculteurs et éleveurs à lutter contre les blaireaux en détruisant les terriers à l'aide de tractopelles… et en tuant, donc les blaireaux, alors que pour cette espèce, c'est la saison de l'allaitement des petits.

 

Statut “indemne” pour la France

 

La tuberculose bovine, qui a affecté les élevages est quasiment éradiquée, avait annoncé récemment le gouvernement. Le ministère de l'Agriculture l'explique…

 

Dans les élevages, en France, le taux d’incidence annuel est actuellement stabilisé à environ 0,05 %, soit une centaine d’élevages infectés détectés chaque année. Ce taux d’incidence permet à la France d’avoir le statut « indemne » de tuberculose bovine. Les pays qui ont réussi à faire disparaitre la maladie ou qui comptent moins de 0,1 % de leurs élevages bovins infectés sont en effet considérés comme indemnes selon les critères internationaux.

 

Aucun lien avéré

 

L'ASPAS proteste évidemment et va déposer une plainte, annonce Charente libre. L'association a trois argement majeurs…

 

NON, le véritable réservoir de la tuberculose bovine ce ne sont pas les blaireaux, ce sont bien les troupeaux bovins, comme l’indique le nom de la maladie… L’infection tire son origine des élevages, pas de la faune sauvage…NON, le blaireau ne pullule pas dans nos campagnes : aucune donnée n’est avancée pour prouver cette affirmation qui, de toute manière, n’a aucune valeur scientifique, le blaireau étant incapable de se reproduire rapidement et en très grand nombre (définition première de “pulluler”). Au contraire, l’espèce a un cycle de reproduction lent, avec 2,4 jeunes par an en moyenne…NON, détruire les terriers et leurs habitants ne permet pas de lutter contre la tuberculose bovine ! Non seulement le déterrage est interdit dans les zones infectées par la maladie, mais cette pratique est totalement contreproductive d’après les experts (voir le rapport ANSES de 2019)..


 

Le communiqué qui appelle à tuer les blaireaux