Une usine à saumons autorisée en Gironde
Publié le Par Fabrice Bluszez
La création d'une ferme de saumons, comprendre un élevage industriel où le poisson est considéré en tonnes produites, a été autorisée par la préfecture de Gironde, ce mardi 4 août.
Malgré des manifestations à Bordeaux, la dernière en juillet, note Sud-Ouest, contre cet équipement, la “ferme”, située à Verdon-sur-Mer (Gironde), devrait se construire sur 14 hectares à la pointe du Médoc. Le journal précise…
Après l’enquête publique favorable et le permis de construire validé, Pure Salmon dispose désormais de toutes les autorisations administratives pour mener à bien cet investissement de 275 millions d’euros, pour une production annuelle de 10 000 tonnes de saumons et la création de 250 emplois.
Seul souci : les rejets
La production de 10.000 tonnes de saumon par an ferait de cette usine à saumons la plus importante en Europe. Les avis sollicités auprès de la population ont été très majoritairement défavorables. Mais le souci principal de la préfecture est l'impact sur l'environnement, note Le Monde :
« La protection des ressources en eau et des milieux aquatiques », « la qualité des rejets aqueux dans le milieu naturel », « la préservation de la biodiversité et des espèces protégées » ou encore « la gestion des odeurs et limitation des émissions lumineuses ».
Elevage en batterie
Pourtant, le saumon mérite mieux. Le site 20Minutes relève…
…Les saumons sont serrés les uns contre les autres dans des énormes cages marines, qui peuvent contenir jusqu’à 200.000 saumons dans un filet de 20 à 50 mètres de profondeur.
…Un saumon, c’est un animal d’une perfection rare qui naît dans les fleuves d’eau douce, fait la dévalaison jusque dans les océans, y grandit, et remonte à contre-courant exactement là où il est né, pour mourir ensuite, deux semaines après la reproduction.
Des associations s'engagent
Dans le monde, la production de saumons d'élevage est passée depuis les début du siècle de 1 million à 3 millions de tonnes. A Grimsby (Royaume-Uni), l'opposition des associations écologistes a retardé un projet de de ferme produisant 5.000 tonnes par an. En Belgique, en 2023, une ferme de 1.200 tonnes par an a été refusé par le ministère wallon du Bien-être animal et de l’Environnement. Un autre projet à 3 millions de tonnes a été rejeté à Ostende, en Flandre, rapporte Welfarm.fr.
En France, en 2024, l'idée d'une “ferme” aquacole a été abandonnée à Plouisy (Côtes d'Armor). Une autre serait envisagée à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Une pétition de l'association Welfarm existe, rassemblant 62.00 signatures.
Welfarm mène campagne pour que ces projets soient abandonnés et demande, avec l’association de protection des océans Seastemik, l’instauration d’un moratoire interdisant le développement de ce type de fermes-usines aquacoles tant que le bien-être des animaux aquatiques n’y sera pas garanti.