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CDM 2014 : les Parisiens se sont enflammés pour les Bleus

Publié le  Par Antoine Sauvêtre

Crédit image © Antoine Sauvêtre


Paris Dépêches était présent pour assister au match de l’équipe de France face au Nigéria (2-0) diffusé sur écran géant devant l’Hôtel de Ville de Paris, où 20 000 Parisiens ont poussé leurs idoles jusqu’au coup de sifflet final.

« Allo ? Tu peux m’enregistrer le match, je rentre je ne vois rien ici. » Pour Kevin, l’expérience de l’écran géant a tourné court et il ne pourra (re)voir la victoire des Bleus que grâce à sa compagne, restée à la maison. Une déception pour ce jeune homme qui voulait profiter de la ferveur des supporters mais qui n’a trouvé qu’un écran « pas plus grand que dans mon salon ». Il faut dire qu’au niveau du croisement de la rue de la Coutellerie et de l’avenue Victoria, l’écran n’a plus grand-chose de géant.
 

Pourtant, si l’on arrivait à se frayer un chemin, l’ambiance était au beau fixe sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Plus de 20 000 personnes se sont entassés, drapeaux tricolores dans les mains ou dessinés sur les joues. Certains sont des passionnés, d’autres des néophytes en matière de football, mais tous sont unanimes avant le coup d’envoi : les Bleus vont l’emporter. « 2-0 », « 3-1 », chacun s’essaie au pronostic.

La mi-temps des gardiens

La première mi-temps a pourtant refroidi les supporters. Un match fermé, des joueurs tétanisés par l’enjeu. Et les spectateurs ont bien cru prendre une douche froide après 20 minutes de jeu lorsque le Nigéria a marqué. Silence dans la rue. Jusqu’à l’image montrant que le but est entachée d’un hors-jeu et donc non validé. Une action qui a tout de même fait monter la pression chez les supporters. Cela s’est ressenti lorsqu’ils ont grondé d’une seule voix contre… l’écran géant. Des problèmes de transmission ont parfois réduit à néant le slogan du diffuseur officiel du mach : « ensemble, partageons des ondes positives ». Plus de peur que de mal, ils ont bien pu assister quelques minutes plus tard à la première occasion des Bleus.
 

C’est Paul Pogba (déjà) qui réchauffe les cœurs grâce à une superbe reprise de volée que tout le monde a vu précocement au fond des filets. Les bras s’étaient déjà levés. Mais durant ces 45 premières minutes, ce sont bien les gardiens qui se sont attirés les louanges des spectateurs. Beaux joueurs, ils remarquent « la main ferme » de Vincent Enyeama, ou la « vigilance » d’Hugo Lloris. Deux qualités qui ont privé de saut de joie pour l’une, ou de grise mine pour l’autre, le parvis de la mairie de la capitale.

Les Parisiens poussent les Bleus

Le coup de sifflet indiquant la mi-temps retenti. Chacun se regarde et fait la moue. Ces Bleus-là n’ont convaincu personne et les pronostics sont déjà revus à la baisse. « 1-0 ce serait déjà pas mal », lance un homme à sa voisine, une inconnue il y a encore quelques minutes mais que le match a rapproché. Des amis de longue date, eux, profitent de la pause pour aller chercher des bières dans un bar voisin en s’imaginant le discours de Didier Deschamps dans les vestiaires. « Il va falloir qu’ils le bougent, ils nous ont habitués à mieux ».
 

A la reprise, le message a semble-t-il était entendu, mais par les supporters. Changement d’ambiance, les Parisiens poussent comme si les Bleus pouvaient les entendre. Les smartphones sont de sortie pour filmer ces moments d’union nationale. Au total, la Marseillaise aura été entonnée six fois durant la seule seconde période. Entre chacune d’entre elles, des « allez les Bleus » et « qui ne saute pas n’est pas Français » ont fait vibrer le sol parisien. Alors que Lloris est encore applaudi, les Bleus finissent par se réveiller et les Parisiens se mettent à croire qu’ils y sont pour quelque chose. Les chants s’intensifient avec le nombre d’occasions des joueurs français. La 79ème minute aura été celle que tout le monde attendait. Paul Pogba profite d’une sortie hasardeuse du gardien nigérian pour libérer son équipe, et toute l’esplanade de la Libération. Des dizaines de drapeaux bleu-blanc-rouge s’élèvent au milieu de la foule. « Je te l’avais dit », s’écrit l’un des supporters à son ami, qui ne peut retenir une larme.
 

Quelques minutes plus tard, c’est le soulagement. Sur un centre de Valbuena, un défenseur nigérian pousse malencontreusement le ballon au fond de ses propres filets. Si les Parisiens ont cru à une « Madjer » d’Antoine Griezmann, le ralenti calme leurs ardeurs. « Bon, ça compte quand même », lance l’un des nombreux porteurs du maillot de Zidane.
 

Avant le coup de sifflet final, une dernière ovation a salué la sortie de Mathieu Valbuena. Le « P’tit Vélo » de Marseille applaudi par 20 000 Parisiens. Il n’y a que l’équipe de France qui peut autant faire oublier d’aussi fortes querelles de clochers. Au milieu des applaudissements qui saluent la qualification des joueurs de Didier Deschamps pour les quarts de finale, un jeune resté perché le long d’une fenêtre durant tout le match s’écrit : « et de un ! ». Moins de deux heures plus tard, il troquera son maillot bleu pour celui de l’Algérie. Son « deuxième pays » s’est incliné avec les honneurs face à l’Allemagne (2-1), le futur adversaire des Bleus.