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Football/Les violences, ça suffit !

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

Crédit image © Une de L'Equipe


Une fois encore, une soirée de Ligue 1 de football a été marquée par des très graves incidents à Marseille.

 

Non, non, vous ne rêvez pas ! Cette photo est bien la "Une", pleine page, de L'Equipe. Le quotidien sportif transformé en journal de faits divers. Du jamais vu si ce n'étaient les drames du Heysel* en 1985 et de Furiani* en 1992 lors de matches "événement".

Mais là, il ne s'agissait que d'un simple match de Ligue 1 entre les deux ''Olympique'', de Marseille et de Lyon. Certes, on connaît l'antagonisme entre deux clubs qui font partie de l'histoire du championnat hexagonal. Mais de là à en arriver à un tel degré de violence... Le car des joueurs lyonnais agressé, caillassé, l'entraîneur de l'OL Fabio Grosso atteint par un projectile (bouteille de verre), blessé à la tête (ce qui a nécessité six points de suture), ensanglanté et un moment troublé de vertiges, son adjoint, Raffaele Longo, touché à l'oeil ! Des cars de supporteurs visés par des fusées, des blessés et deux cars plus en état de reprendre la route. Et un CRS blessé par un coup de batte de base-ball d'un supporteur... lyonnais.

Quelle ''belle'' image du football français et surtout de ses clubs de Ligue 1 qui, déjà à la peine de résultats européens, se distinguent pas leur incapacité récurrente à canaliser leurs supporteurs et leur aveuglement face aux groupes d'ultras ingérables. Bien entendu, le club marseillais va dire sa colère et son indignation, s'écriera que cela n'a rien à voir avec le football mais aura vite fait de se dédouaner, cette violence ayant eu lieu en dehors de l'enceinte du Vélodrome. Idem pour la Ligue de football professionnel (LFP). Certes. N'oublions pas quand même que le club est responsable de ses supporteurs. Mais quelle impuissance face à ces groupuscules de soit disant supporteurs dénués de toute vertu sportive venant au stade seulement pour se défouler de leur triste vie et en découdre. « Il faut avoir été absent le jour de la distribution de l'intelligence mais, pour la bêtise n'avoir jamais manqué un jour », a écrit Vincent Duluc dans son édito (L'Equipe, ce lundi 30 octobre).

Depuis le coup d'envoi du championnat mais également depuis le retour du public dans les stades après les huis-clos de la crise sanitaire de la Covid, des incidents ont régulièrement lieu et de plus en plus élevés sur l'échelle de la violence, comme récemment, à Montpellier ,ce pétard lancé sur le gardien de Clermont ou en 2021, à Lyon, ce jet de bouteille sur Dimitri Payet. Des faits donnant lieu à des sanctions ciblées mais trop souvent presque minimisés parce que venus d'une minorité et vite rangés aux oubliettes. Allez, on punit (pas trop...) et on passe à autre chose, promis ça ne se reproduira pas. Ben, tiens...

Comme s'il n'y avait pas assez de violences dans le monde d'aujourd'hui. Il devient donc impératif de s'interroger sur ces déchaînements et ces excès en tous genres. Et plutôt que de chercher à viser le milliard de droits télé, le football pro, en collaboration avec les pouvoirs publics, doit en finir avec ses circonvolutions verbales et trouver d'urgence les remèdes pour l'éradication de ces groupes de supporteurs, ces ultras sans cerveau qui imposent leurs lois aux dirigeants de club (le président de Marseille a failli démissionner sous leur pression!), cesser de leur faire confiance, leur interdire l'accès aux stades (et autour), en finir avec les parcages (sont-ce des hommes ou des bêtes sauvages?), ne plus autoriser les fumigènes, procéder à la fouille systématique de ces groupes, refuser les tifos**, arrêter les matches dès les premières insultes à caractère raciste ou homophobe. Et ne pas hésiter à sanctionner les clubs, les dirigeants et même les joueurs aux comportements agressifs et aux déclarations provocantes***.


En clair, qu'on en finisse !

*39 morts et 465 blessés après une bagarre généralisée et un énorme mouvement de foule lors de la finale Ligue des champions Juventus-Liverpool à Bruxelles; mort de 19 personnes et 2357 blessés dans l'effondrement d'une tribune du stade de Bastia pour le match de Coupe de France Bastia-Marseille.
** Ce terme vient du mot tifosi (supporteurs italiens) qui désigne les banderoles et les chants (vociférations?) des groupes ultras.
*** Récemment, quatre joueurs (dont trois internationaux!) du PSG qui avaient repris avec leurs supporteurs des chants injurieux et homophobes n'ont été sanctionnés que d'un match avec sursis...