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SportExpress : un peloton qui va trop vite

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

Crédit image © dr


Un cyclisme à grande vitesse, un tour du monde en 40 jours, une Japonaise en Fashion Week, des Jeux d’hiver 2030 à la peine... L’actualité du sport vue au-delà du simple résultat.

La saison cycliste vient à peine de commencer que bruissent en coulisses les rumeurs habituelles sur les moyens qui permettent d’améliorer la performance. Et, vous l’avez compris, le spectre du dopage de revenir chez les observateurs et peut-être aussi le public. C’est Oscar Onley qui déclare d’abord qu’aujourd’hui il est « difficile de tricher » en raison des multiples contrôles, en course ou hors cadre. Avant que le Britannique, 4e du Tour de France 2025, n’émette un doute : « Le cyclisme n’est pas complètement propre... », laisse t-il échapper.
C’est aussi L’Equipe qui s’interroge sur la prise de certains produits. Il y avait le tramadol, un puissant anti-douleurs mais il a été interdit depuis mars 2019. Aujourd’hui, il serait remplacé par le tapentadol, autre analgésique encore plus fort. Sans oublier les cétones, ce composé organique améliorant l’endurance mais dont l’utilisation est encore à l’étude à l’UCI.

Et de se souvenir de l’affaire Festina en 1998, du « à l’insu de mon plein gré » de Richard Virenque, des aveux de Lance Armstrong. Entre autres affaires… Mais s’il a pu se satisfaire d’être le sport le plus contrôlé et d’avoir endigué cette ascension de tricherie, le cyclisme ne peut échapper à cette image de triche dopante. Ainsi, la vitesse de plus en plus élevée du peloton et les raids solitaires du phénomène Pogacar sont montrés du doigt par les plus sceptiques.
Il nous revient alors cette longue interview de Philippe Bordas dans Ouest-France en novembre dernier. Même s’il ne ratera pas une épreuve, le journaliste-écrivain*-photographe à la plume imagée et passionnée ne cache pas son scepticisme réaliste.
D’emblée, il l’affichera en affirmant qu’on « s’est habitué à nommer exploits des choses qui étaient liées à la prise de produits. »  Et évoquant l’affaire Festina et le ‘’plus jamais ça’’, il affirmera que « le plus jamais s’est transformé en omerta. » Il ira encore plus loin en disant que si Armstrong s’est vu retirer ses victoires au Tour, alors « les quatre Tours de France de Froome et les cinq d’Indurain sont aussi à décompter. » Comme, on dit, Philippe Bordas n’y va pas avec le dos de la cuiller (lire ci-dessous ses propos sur Pogacar )**

Concernant le cyclisme d’aujourd’hui, il considère que les choses ont évolué mais pas dans le bon sens. « Le vélo, c’était le langage du peuple. Or maintenant, out le monde voit qu’il est truqué, c’est un cyclisme sans langage. C’est un cyclisme du chiffre. Avec des watts, des calculs pénétration dans l’air, des chiffres de salaire. Alors, il y a tout un appareillage, l’alibi de la mécanique. Avec les pneus ceci, l’aéro cela, mais tout ça, c’est dérisoire par rapport au gain de watts qui a été opéré. » Ce sera sa réponse quand l’intervieweur lui demandera s’il ne va pas un peu trop loin…
Malgré ce constat vitriolé du cyclisme et une ultime pique sur le public, « le nouveau public n’a aucune culture cycliste... »,  Bordas restera fidèle au cyclisme (qu’il pratique)  et aux courses les plus prestigieuses : « C’est comme l’addiction au jeu. Il va falloir que je me fasse interdire de vélo comme on se fait interdire de casino. J’ai du mal à résister à voir l’arrivée du Tour des Flandres. »

Nous aussi. 
*S’il n’écrit plus sur le vélo, vous pouvez toujours lire et déguster ‘’Forcenés’’ (Editions Folio), ode au cyclisme et à ses glorieux acteurs.
** « … Pogacar, il en train de casser le business… Pogacar est une arnaque, c’est devenu le Frankenstein un peu débridé, fabriqué, mais qui n’en fait plus qu’à sa tête. »
 

A part ça…


-  A part ça, 40 jours, 23 heures et 30 minutes (et les secondes?), c’est le temps qu’il a fallu à Thomas Coville et ses six équipiers sur leur maxi Sobedo pour aller de Brest à… Brest en passant par le cap de Bonne Espérance, le cap Lewin, le tour de l’Antarctique et le légendaire Horn. Le record de Francis Joyon datant de 2017 n’a pas été explosé mais est seulement amélioré de quelques 12 heures. Infime dans un tel périple. Quant au visionnaire Jules Verne, malgré son inventivité, son ‘’Tour du monde en 80 jours’’, n’est plus qu’un lointain souvenir. Il lui reste quand même le nom du trophée qu’a remporté Coville. Quant au livre, faites-le quand même lire à vos enfants...

- A part ça, les footballeurs de l’équipe de France sont battus, archi battus. Eux qui arrivent à Clairefontaine pour les rassemblements d’avant-match comme dans un défilé de ‘’Fashion Week’’ ont dû kiffer s’ils ont vu l’arrivée sur le court de Melbourne de Naomi Osaka. La tenniswoman japonaise a pénétré sur la Rod Laver Arena portant chapeau, long voile blanc, ombrelle et robe vaporeuse. Superbe et… d’autant plus ridicule (est-ce le lieu?) qu’elle a dû abandonner un match plus tard souffrant d’une déchirure abdominale. On ne sait pas si c’est en retirant son chapeau...

- A part ça, tennis encore. Les Français n’ont pas fait long feu à l’Open d’Australie. Un seul Bleu a atteint le 3e tour avant d’être balayé par … Alcaraz ; et chez les femmes, ça n’a guère été plus brillant. Et pourtant l’optimisme est de règle. Ainsi de Laurent Raymond, entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis, qui ne s’affole pas  car si les résultats ne sont pas folichons, « paradoxalement, je trouve que nos joueurs arrivent de mieux en mieux à se structurer... ». Bon allez, on va essayer d’y croire...

- A part ça, l’ex-couple cinq fois champion du monde de patinage artistique Cizeron-Papadakis continue d’alimenter la chronique. Après la sortie du livre (‘’Pour ne pas disparaître’’) de sa partenaire de glace dans lequel il se sent dénigré (elle s’en défend pourtant...), Guillaume Cizeron a décidé de mettre en demeure « toutes les parties impliquées dans la création du livre qui contient des informations fausses... » Il est vrai qu’il n’a pas apprécié qu’elle ait pu écrire que se « retrouver seul avec lui me terrorise (…) et son attitude me désarçonne...» Et tous cas, sur la glace, nous, on n’a rien vu... 

- A part ça, 

- Et à part tout ça, le projet Alpes 2030 (Jeux olympiques d’hiver) collectionne les problèmes. Après le départ d’Anne Murac qui était quand même la directrice des opérations, poste essentiel s’il en est, un autre départ a été acté. Cette fois, c’est ni plus ni moins le directeur de la communication, poste on ne peut plus primordial, Arthur Richer qui a claqué la porte. Marina Ferrari, la ministre des Sports, n’a pas apprécié qui exige « une clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité de l’organisation. » Et ils en pensent quoi, messieurs Wauquiez et Muselier ?

(Sources : L’Equipe, Le Parisien/Aujourd’hui, Ouest-France, sites internet)