Tournoi : merci B-B, merci Ramos!
Publié le Par Jacques-Henri Digeon
Grâce à une pénalité inscrite par Ramos à la dernière seconde, la France a battu l’Angleterre (48-46) et remporté le Tournoi pour la deuxième année consécutive. Mais que ce fut dur !
Que retiendra l’histoire ? Que la France a aligné un deuxième Tournoi des 6 nations consécutif. Et qu’elle l’a fait en battant son meilleur ennemi, celui que l’on aime détester, l’Angleterre. Cette Angleterre que l’on disait exsangue, loin de ses schémas qui en fait une nation majeure de l’Ovalie, battue dans son temple par ces diables d’Ecossais et pire encore défaite il y a une semaine par l’Italie.
Et bien cette équipe à la Rose avait gardé tous ses piquants pour une équipe de France dans le doute après le 40-50 encaissé à Murrayfiel. Fabien Galthié a eu beau dire qu’après cette défaite, il fallait « passer à autre chose », on peut quand même imaginer qu’elle était encore dans les têtes. Car comme à Edimbourg, les Français ont, ce soir, au Stade de France, trop souvent failli. Trop de ballons mal employés, une mêlée défaillante qu’il faudra revoir, une défense, comme il y huit jours, prise de vitesse et donc à corriger. Il est probable que les Anglais avaient dû regarder de près le match des Ecossais pour en appliquer les principes face à ces diables de Frenchies. A savoir, transmission rapide, jeu en profondeur, ballons portés et chandelles déroutantes. Entre autres…
On n’a en tous cas pas reconnu ces Bleus irrésistibles contre l’Irlande, l’Italie et le Pays de Galles, qui n’avaient encaissé jusqu’à l’Ecosse que cinq essais. Mais peut-être les avait-on vu trop beaux et il faut avouer que la thèse de l’accident de parcours en Ecosse ne tenait plus ce samedi. Mais direz-vous comment se fait-il que les Bleus ont quand même gagné. Parce qu’ils ont eu ce soir quelques moments de lucidité comme à la reprise du jeu après le repos où ils plantèrent deux essais de Bielle-Barrey et Attisogbe pour remettre les pendules à l’heure et reprendre l’avantage à 38-27. On se disait alors que la machine était repartie. Sauf qu’une fois encore, une passe mal assurée profitait à Chessum qui interceptait, filait à l’essai et remettait les Anglais en marche avant.
L’essai de Freeman à quatre minutes de la fin , après celui de Marcus Smith, fit alors passer le frisson de la défaite dans un Stade de France chaud bouillant mais tout près de la désillusion avec ce tout petit point d’avantage (46-45) pour l’Angleterre qui rappelait le mauvais souvenir de l’année dernière à Twickenham. Mais il était dit que les dieux du rugby allaient quand même sourire aux troupes de Galthié lorsque à la dernière minute Ramos eut la victoire au bout de son pied magique. 48-46 !
Il sera le héros de cette soirée Il faudra bien sûr lui associer Bielle-Barrey auteur de quatre essais, une performance rare à ce niveau qui le fait entrer dans la grande histoire du rugby français et du rugby tout court. Merci les gars !
Paris/Saint-Denis (Stade de France). France bat Angleterre 48-46 (mi-temps 27-24 pour l’Angleterre). Arbitre : N.Amashukeli (Georgie)
France
Essais : Bielle-Barrey (7’, 13’,42’,66’), de pénalité (40e’), Attisogbe (49’)
Transformations : Ramos (8’, 14’, 43’, 50’, 67’)
Pénalités : Ramos (23’, 80’)
Carton jaune : Bamba (73’)
Angleterre
Essais : Roebuck (10’), Murley (19’), Chessum (28’, 51’), Coles (33’), M.Smith (57’), Freeman (76’)
Transformations : F.Smith (29’, 34’), M. Smith (58’, 77’)
Pénalités : F.Smith (38’),
Carton jaune : Genge (40’)
5e et dernière journée
A Dublin, Irlande bat Ecosse, 43-21
A Cardiff, Pays de Galles bat Italie, 31-17
A Paris, France bat Angleterre, 48-46
Classement final
1. France, 21 points
2. Irlande, 19 pts
3. Ecosse, 16 pts
4. Italie, 9 pts
5.Angleterre, 8 lts
6. Pays de Galles, 6 pts