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Tour de France F : Vollering écrit la légende

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

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En s’imposant au terme d’une course passionnante et aux multiples rebondissements, Demi Vollering a écrit sa légende et celle du Tour de France féminin.

Non, le peloton féminin n’a plus rien à envier à son homologue masculin. Mieux même, à contrario du Tour masculin sans véritable suspense (intérêt ?) depuis trois ans et l’ennuyante suprématie de Pogacar, le Tour de France qui vient de s’achever nous a offert un grand spectacle, une ‘’Folie furieuse’’ a titré L’Equipe ce dimanche, comme une symphonie depuis le milieu de semaine jusqu’à l’explication finale. Merci Mesdames !

Reusser la rouleuse. Ca a commencé au quatrième jour avec la prise de pouvoir de la rouleuse suisse Marlen Reusser réglée comme une horloge sur les 21 bornes du chrono. Le lendemain, sur une étape que les spécialistes qualifiaient de transition, Demi Vollering mettait le feu dans la montée de Durbize. Histoire de tester l’Helvétique en jaune et de voir également ce que Ferrand-Prévot avait dans les jambes. Pour la Française, lauréate sortante, la chef de file de FDJ/United allait être rapidement fixée. ‘’Notre’’ Pauline nationale, déjà à la ramasse dans le contre-la-montre, restait en effet scotchée sur le bitume des routes des vignes du Beaujolais, saoulée des flèches de la Néerlandaise. Quant à la Suisse, sans panique, elle s’accrocha à la roue arrière de la velléitaire pour conserver ses douze petites secondes d’avantage..

Niewiadoma reine du Ventoux. Entre les deux, tout devait donc se jouer sur les pentes du mythique Ventoux entendait-on. Mais c’était sans compter sur la pédalée de grimpeuse de Katia Niewiadoma. La Polonaise, victorieuse en 2024, n’avait jamais remporté d’étape sur le Tour. Le vendredi 7 août restera donc comme un des plus grands moments de sa carrière et comme une référence pour la première ascension du Géant de Provence dans un Tour féminin. Le démarrage et la montée victorieuse de la Polonaise laissera sans réaction le duo Reusser-Vollering, plus préoccupées qu’elles étaient à se neutraliser plutôt qu’à s’unir dans la chasse à celle qui allait se parer de jaune en haut des 1910 mètres. En passant, on dira qu’il y avait dans l’ascension de Niewiadoma la puissance d’un Pogacar et de la rage d’un Virenque…

Le panache de Vollering. Restaient deux étapes, les deux Niçoises du week-end. Une vraie salade dans laquelle tous les ingrédients étaient réunis pour un plat royal. Insatiable, Demi Vollering allait remettre le couvert en attaquant sa rivale polonaise dans un ‘’raidard’’ pour aller lui reprendre le Maillot Jaune avec un infime écart de… huit secondes. Tout allait donc se jouer dimanche soir autour de Nice et les quatre ascensions du tout aussi historique col d’Eze qui ont vu tant de destins basculer.
Et comme prévu, dans l’ultime escalade, alors qu’il restait tout juste quinze kilomètres, Demi Vollering se dressait sur les pédales une troisième fois dans le final faisant craquer définitivement l’infortunée Niewiadoma pour s’envoler avec panache vers son son deuxième Tour de France après celui de 2023.

Et puis on aura tout eu sur ce Tour. Y compris les soupçons de tricherie de certaines coureuses se rembourrant la poitrine pour plus d’aérodynamisme, ce qui valut, mais si mais si un inédit contrôle des soutien-gorges ! Ou l’épisode Niewiadoma-Géry, la Polonaise accusant la Française de l’avoir tassée contre les barrières pour favoriser une attaque de Vollering. Sans oublier la chute dans le final de la Suisse Reussser dans le final annihilant toutes ses chances de podium ou l’abandon la veille d’une Pauline Ferrand-Prévôt hors jeu… 
Oui, décidément, même s’il a encore révélé une grande disparité de niveau entre les Top et les figurantes, ce Tour de France, a fait entrer le cyclisme féminin dans une nouvelle dimension. Pour notre plus grand plaisir… Et encore merci Mesdames!