Vuelta : Pogacar chute et abandonne
Publié le Par Jacques-Henri Digeon
Saison probablement terminée pour Pogacar. Le champion cycliste a lourdement chuté lors de la 8e étape de la Vuelta et a dû quitter la course, victime de plusieurs blessures et traumatismes.
Il fallait bien que ça arrive un jour. A force de défis et de conquêtes, on finit par se brûler les ailes.
C’est ce qui est arrivé, ce samedi, dans la 8e étape de la Vuelta que Pogacar s’était mis en tête de remporter pour rentrer dans le cercle très fermé des coureurs victorieux des trois grands tours (Italie, France et Espagne).
Une pierre, une aspérité ? Le double champion du monde et quadruple lauréat de la Grande boucle (entre autres succès) a quitté le tour d’Espagne, victime d’une chute à moins de trente kilomètres de l’arrivée d’une étape qui était sans difficulté et promise aux grosses cuisses des sprinteurs. C’est dans une ligne droite que Tadej Pogacar a chuté sans que l’on sache exactement ce qui l’avait provoqué. Probablement un objet, une pierre ou une aspérité sur le bitume mais en tous cas pas un écart d’un autre coureur ou une vague du peloton. Toujours est-il que le Slovène a fait un ‘’beau’’ vol plané. Incapable de repartir, fortement traumatisé, le confortable leader de l’épreuve, qui a été transféré à l’hôpital, souffrait d’une commotion cérébrale, d’une fracture déplacée de la clavicule gauche, d’une fracture stable de la vertèbre cervicale et, bien sûr, de multiples brûlures, sur la peau, bilan révélé par l’équipe médicale de son équipe UAE.
Vigilance ? C’est donc un gros coup d’arrêt pour le champion cycliste qui devra interrompre prématurément sa saison et renoncer à sa conquête d’un troisième maillot arc-en-ciel consécutif à la fin septembre.
On peut affirmer que le sort n’a pas été favorable à celui à qui tout réussit. Mais on peut également s’interroger sur les circonstances de cette chute. Il faut rappeler qu’il y a deux jours, ‘’Pogi’’, échappé avec l’Espagnol Enric Mas, avait connu une toute petite frayeur avec un sortie de route sans conséquence. Mais peut-on également se demander si, du fait de sa domination sans partage et de son avance confortable sur son dauphin (plus de trois minutes) avant même la mi-course, Pogacar aurait perdu quelque peu de sa concentration et donc manqué de vigilance.
Nouveaux appétits. Toujours-est-il qu’en raison de cette fin de saison stoppée, la suite du calendrier va permettre à quelques uns de ses rivaux de retrouver des ambitions, pour le Mondial mais également pour le Tour de Lombardie quand il ne laissait que des miettes aux autres. On pourra certes regretter son absence tant Pogacar est un phénomène. Mais on savoure déjà ces courses où il ne sera pas et qui ouvriront des appétits .
Pour l’anecdote, on notera que l’Espagnol Enric Mas, devenu leader, refusa par respect, d’endosser le Maillot rouge de leader. Et que l’étape a été gagnée au sprint par le Français Bryan Coquard, son premier succès sur un grand Tour. A 34 ans, il n’est jamais trop tard...
Enric Mas