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Dossier gaz de schiste (2/4) : une source d'énergie convoitée mais problématique

Publié le  Par Valérie Galfano

Crédit image ©


Après avoir présenté l'exploitation du gaz de schiste et le débat qui en découle, nous allons maintenant évoquer le potentiel du territoire français ainsi que les risques liés à l'exploitation.


La géographie du gaz et de l'huile de schiste

En France, deux régions sont principalement concernées par la présence de gaz ou d'huile de schiste ; le sous-sol de la région parisienne, entendue de façon très large (jusqu'à la région Champagne), contient une quantité importante d'huile de schiste tandis qu'une large zone du Sud-Est (le bassin sud-est ou Causses-Cévennes qui comprend l'Hérault, l'Aveyron, la Lozère, le Gard, l'Ardèche, la Drôme) possède du gaz de schiste. Dans le vocabulaire courant, huile, pétrole  et gaz de schiste sont utilisés presque comme des synonymes.
Dans le reste du dossier, nous n'utiliserons que l'expression de "gaz de schiste" puisque c'est l’appellation devenue classique.


D'importantes quantités en France

      © EIA

Les quantités sur le territoire français sont importantes : les seules évaluations existantes émanent de l'EIA : US Energy Information Administration www.eia.gov (il s'agit d'une agence indépendante rattachée au ministère de l'énergie américain) : la France posséderait 5,1 Tonne/m3 à comparer aux 0,006 Tm3 prouvées de gaz conventionnel. En Europe, seule la Pologne possède des gisements potentiels de gaz de schiste comparables (5,29). A titre de comparaison, l'Allemagne ne posséderait que 0,23 T/m3. données citées par le rapport d'information sur Les hydrocarbures de roches-mères en France.

L'exploitation du gaz de schiste pourrait permettre à la France d'alléger sa facture énergétique très lourde car constituée en majorité d'importations.
Selon le site de Wikipédia, évoquant notre consommation de gaz, "moins de 2 % de cette consommation provient de la production nationale. C'est avant tout dans un but d'indépendance, du moins partielle, du point de vue énergétique que la France veut développer les exploitations de ces hydrocarbures de roches-mères (son exploitation permettrait en effet à la France de couvrir sa consommation annuelle de gaz sans importation pendant 100 ans" (sources : EIA, site du développement durable)


Des inconvénients réels

L'exemple américain a montré l'atteinte faite à l'environnement qui est due à plusieurs facteurs : le maillage dense des puits nécessaire, la présence de gazoduc, la nécessité de transporter le gaz détériorent le paysage visible. De plus, le gaz de schiste laisse s'évaporer du méthane qui est un gaz à effet de serre encore plus redoutable que le CO2. Le gaz de schiste possède également le même défaut majeur d'être une ressource fossile non renouvelable comme le pétrole.
Enfin, la fracturation hydraulique est très gourmande en eau et les opposants soulignent ce gaspillage problématique à notre époque où l'on parle beaucoup d'économies d'eau :  15 000 à 20 000 m3 par puits selon le ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie sur son site internet www.developpement-durable.gouv.fr.


Des risques pour l'environnement

Tout le gaz de schiste ne rejoint pas les tubes de forage : une partie s'infiltre dans le sous-sol et une pollution des nappes phréatiques est plausible et redoutée par les agriculteurs.
De plus, des risques de tremblement de terre bien réels existent.
"Le 6 novembre 2011, un séisme de magnitude 5,7 frappait la petite ville de Prague, dans l’Oklahoma (Etats-Unis). Le tremblement de terre détruisit une quinzaine d’habitations, fit deux blessés et tordit le ruban d’asphalte d’une quatre-voies. Précédé d’un événement classé au cinquième niveau de l’échelle de Richter et suivi d’environ un millier de répliques de faible intensité, il fut ressenti dans 17 Etats américains. Apparemment sans grand intérêt – ni par son ampleur ni par les dégâts occasionnés -, le séisme de Prague a pourtant un statut un peu particulier. Il a toutes les chances d’avoir été le plus fort sursaut de la croûte terrestre provoqué jusqu’ici, sur le sol américain, par des activités humaines. "
www.actu.aves.asso.fr/tag/gaz-de-schiste/
Signalons que l'Aves est une association de protection des espèces menacées.



Le dossier complet sur le gaz de schiste :

1/4 : La discorde au fond du puits
2/4 : Une source d'énergie convoitée mais problématique