France Economie

Dossier gaz de schiste (1/4) : la discorde au fond du puits

Publié le  Par Valérie Galfano

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D'entrée, on a l'impression qu'il s'agit d'un sujet réservé à quelques initiés. C'est dû à plusieurs raisons : tout d'abord, beaucoup de termes techniques sont utilisés et il n'existe pas de définition directement accessible, d'où des approximations de langage. Ensuite, ce thème suscite rarement des réactions neutres : on est pour ou on est contre. Mais problème : pour quoi ou contre quoi ? Et pourquoi est-on pour ou contre ?


D'abord, une question technique

 

Pour bien comprendre, il faut d'abord posséder quelques notions de la terminologie utilisée :

Le gaz de schiste, un hydrocarbure particulier par sa localisation dans le sous-sol
 


Derrick et plateforme de forage d'un puits de
gaz de schiste à Marcellus (Pennsylvanie, États-Unis)

Selon la définition que l'on peut trouver sur le site www.developpement-durable.gouv.fr : "Le gaz de schiste et l’ huile de schiste sont des hydrocarbures contenus dans des roches sédimentaires argileuses, situées entre 1 et 3 kilomètres de profondeur, qui sont à la fois compactes et imperméables."
Gaz et huile de schiste sont donc des sources d'énergie potentielles que l'on nomme souvent par souci de simplification sources d'énergie "non conventionnelles" par opposition aux sources d'énergie conventionnelles exploitables par des moyens classiques, c'est-à-dire par extraction à partir d'un puits. Mais en fait l'huile de schiste ne se différencie pas du pétrole et l'on entend d'ailleurs parfois parler de "pétrole de schiste".

On entend également une autre expression "les hydrocarbures de roches-mères", par référence à leur localisation géologique. C'est la terminologie qui a été choisie comme titre pour le rapport initial et complémentaire sur l'application de la loi du 13/07/2011 qui encadre et limite l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures (nous reviendrons plus loin en détail sur cette loi).

 

 

 

Les difficultés d'exploitation du gaz de schiste : "la fracturation hydraulique"

Ce qui pose problème et fait la spécificité du gaz et de l'huile de schiste, c'est leur présence au sein d'une roche imperméable : la seule solution actuellement utilisable et qu'ont découvert les Américains pour récupérer le gaz de schiste, c'est la technique d'extraction par "fracturation hydraulique".
La fracturation hydraulique consiste à envoyer de l'eau sous très haute pression dans un puits afin de briser les roches. L'eau n'est pas envoyée pure mais mélangée à du sable et des produits chimiques ; le gaz libéré est ensuite attiré vers le tube de forage.

Il faut préciser que le forage afin de récupérer le gaz de schiste est différent du forage de gaz conventionnel : un forage vertical descend jusqu'à la poche de gaz de schiste puis des tubes horizontaux couvrent ensuite la surface de la zone à exploiter.

 







Illustration comparant l'exploitation des gaz de schiste à d'autres types de gisements de gaz naturel. (à gauche l'exploitation conventionnelle et à droite un forage non conventionnel à la fois plus profond et se prolongeant par un forage horizontal dans le gisement.
Image source : EIA (modifiée)

 


 



Ensuite, une question de conviction


Les termes du débat : certains disent être contre le gaz de schiste en tant que source d'énergie tandis que d'autres sont uniquement contre la méthode d'extraction par fracturation hydraulique. Le slogan "non au gaz de schiste" est ambivalente et peut signifier ce que l'on veut.

Ainsi, le collectif contre les gaz et huiles de schiste (www.stopaugazdeschiste07.org) lance un slogan  "stop au gaz de schiste", une formule "ni ici ni ailleurs ni aujourd'hui ni demain" et précise sa position : "Les hydrocarbures non conventionnels par le petit bout de la lorgnette : le débat sur la fracturation hydraulique fait l’impasse sur la question climatique. [...] Aux côtés du climatologue James Hansen, les Collectifs considèrent que ce serait un « crime contre l’humanité » de chercher à brûler toutes les ressources fossiles".
On est ici dans la révolte et l'opposition.
   
L'ADSENE (Association de défense Santé Eau Nature Environnement) prône une autre position: en première page, il est noté que la naissance de l'association " s’inscrit dans la volonté d’organiser une information éclairée et chaque fois que cela sera nécessaire une réponse et/ou une riposte objective et citoyenne aux projets d’exploration et d’exploitation du gaz et du pétrole de schiste en France et en Europe. " (www.eau-nature-environnement.blogspot.fr).
Ce qui est mis en avant ici, c'est le souci de l'environnement.
 

 


Le dossier complet sur le gaz de schiste :

1/4 : La discorde au fond du puits <<
2/4 : Une source d'énergie convoitée mais problématique
3/4 : L'encadrement juridique de l'exploitation des gaz et huiles de schiste
4/4 :  Limites et avenir de la loi - le rapport d’étape de l'OPECST
 







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