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L’homme de ma vie, de Yann Queffélec… Ou l’histoire de l’auteur

Publié le  Par Pascal Hébert

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Pascal Hébert

Dix ans après avoir parlé de sa mère dans "Ma Première Femme", Yann Queffélec consacre un livre à son père. Contrairement au titre, "L’Homme de ma vie", ce n’est pas forcément un hommage appuyé que rend Yann Queffélec à son géniteur. C’est plutôt un portrait croisé de deux âmes perdues qui ont eu bien du mal à se rencontrer.

Les relations entre Jean et Henri n’ont jamais été au beau fixe… ou à de rares occasions. C’est du moins ce que l’on découvre dans cette conversation entre Yann Queffélec et son double, Jean. Fils sans doute non désiré, le petit Jean accumule les bêtises tout au long de sa jeunesse. Des bêtises entraînant systématiquement des fessées. Un moyen sans doute pour Jean de se montrer aux yeux de ce grand homme qu’il admirait.

Avec la voix de celui qui sait raconter, Yann nous parle d’une jeunesse loin d’être dorée. Un père, semble-t-il hiératique, écrivain de renom, qui plus est, et bien impliqué dans le monde catholique, ne rate pas une occasion de remettre ce diable de polisson dans le droit chemin.

 

La quête de l'amour paternel

 

Malgré une maman aimante, Jean n’aura de cesse d’aller à la quête de l’amour paternel. Les blessures zèbrent l’âme de Jean qui se construit avec une image paternelle aussi forte que trouble. Le petit Jean pourra-t-il rivaliser avec un père aussi inaccessible ?

Avec son roman Les Noces barbares, récompensé par le Goncourt en 1985, Yann Queffélec pensait pouvoir parler d’égal à égal avec son père. Mais l’indifférence, au demeurant publique, d’Henri Queffélec à cette nouvelle enfonça un peu plus Yann dans son incompréhension et son désarroi. Henri Queffélec, homme de tradition et auréolé de gloire pour l’ensemble de son œuvre, a semble-t-il eu bien du mal à admettre que son fils pouvait le dépasser… au moins en terme de notoriété.

 

Dans ce livre, Yann Queffélec se raconte. Il n’oublie pas de rendre hommage à M. Smith, professeur au lycée Saint-Pierre de Dreux, où il est resté en pension jusqu’en 1969 avec comme amie de classe Anne Certain, dont il admirait les nombreuses qualités, en latin notamment. M. Smith, tout comme Henri Queffélec, a été un homme important dans la construction de l’écrivain qu’est devenu Yann Queffélec.

Pascal Hébert

L’homme de ma vie, de Yann Queffélec (Guérin). 270 pages. 19,50 €.







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