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Le train d’Erlingen ou la métamorphose de Dieu, de Boualem Sansal

Publié le  Par Pascal Hébert

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La francophonie a vraiment du bon ! Lorsqu’on lit des écrivains comme Tahar Ben Jelloun ou encore Boualem Sansal, la langue française s’enrichit de la richesse de la culture de l’autre. Avec son dernier livre, "Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu", Boualem Sansal a cassé tous les codes classiques de la littérature. La narration de cette histoire futuriste (?) pessimiste (?) ou tout simplement réaliste (?) passe par un échange de lettres entre une mère et sa fille.

Ute Von Ebert est l’héritière d’un empire industriel qui trouve sa source à la naissance des Etats Unis d’Amérique. Désireuse de se retirer du monde des affaires, elle vit désormais à Erlingen, une ville conçue pour la haute bourgeoisie allemande. Alors que l’Europe se sentait à l’abri de toute menace de guerre, un ennemi sans visage s’apprête à assiéger Erlingen. Cet ennemi, dont on sent seulement une soumission à un dieu dont la loi dirigera l’humanité, est perceptible dans ce roman à la construction originale. Au fil des lettres, on sent confusément la société tentant de réagir face à la menace. Alors que les habitants attendent un train qui doit évacuer la population, les femmes et les hommes essaient de s’organiser. Dans cette organisation chaotique, les élus ne trouvent pas de réponses appropriées… tout en cherchant à rassurer des citoyens non préparés à ce type d’invasion que l’on croyait ranger dans le coffre de l’Histoire. La lâcheté des dirigeants oscillant entre soumission et une tentative de rébellion nous renvoie dans les lettres de Ute Von Ebert à un passé que l’on a trop bien connu en France au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Par petite touche, Boualem Sansal révèle les fragilités de la conscience humaine lorsque le danger frappe à la porte. Que ce soit l’extrémisme religieux ou politique, la démocratie n’est pas toujours armée pour répondre aux fanatismes de tout poil. Boualem Sansal prévient : « Nier des crimes pour protéger une famille, un pays, une nation, une religion, un prophète, un dieu et vivre l’air de rien est un autre crime impardonnable, l’examen de conscience est une obligation pour tous. » A méditer…

Pascal Hébert

Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu, de Boualem Sansal. Editions Gallimard. 248 pages. 







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