France Culture

Festival de Cannes : les vilains dessous d'Adèle

Publié le  Par Gaspar S.

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b for belinda - flickr

Le film La Vie d'Adèle a été couronné de la Palme d'or à Cannes. La semaine dernière, les conditions de tournage du long-métrage avaient été pointées du doigt pour des multiples manquements au Code du travail par le Spiac-CGT et une association de techniciens du cinéma.

Selon le Syndicat des professionnels de l'industrie de l'audiovisuel et du cinéma, Abdellatif Kechiche n'aurait pas foulé aux pieds que le tapis rouge... mais aussi le Code du travail. C'est en tout cas ce qu'avait dénoncé le syndicat dans un communiqué publié le 23 mai dernier, alors que le festival battait son plein sur la Croisette. Dans le viseur des syndicalistes, les cinq mois de tournage du film La Vie d'Adèle, sacré palme d'or le 26 mai.

 

Son tournage, qui s'est déroulé de mars à août 2012, aurait été particulièrement mal vécu par des ouvriers et techniciens du film. Le communiqué du Spiac les présente comme victimes de «harcèlement moral». Dans un billet publié sur son site internet le 24 mai, l'association des techniciens et ouvriers du cinéma et de l'audiovisuel du Nord Pas-de-Calais (Atocan) – préssentant la palme d'or – avait avancé vouloir «mettre un bémol à l'euphorie qui entoure la sélection du film».

 

«Si ce long-métrage devait devenir une référence artistique, nous espérons vivement qu’il ne devienne jamais un exemple en terme de production», expose même le communiqué. Et l'association de déplorer «le sacrifice fait par la plupart des techniciens qui ont accepté de travailler à des salaires très inférieurs à ceux pratiqués habituellement, en faisant chaque jour de multiples heures supplémentaires non payées, en travaillant parfois le week-end au bon vouloir de la production».

 

Gestion des rapports humains

 

Même son de cloche donc, du côté de la CGT qui dans son communiqué accuse des «faits révoltants et inacceptables» et décrit des techniciens «exténués», «usés moralement», qui ont été «poussés à bout par la production». L'organisation rapporte aussi des manquements au Code du travail : des «journées de travail de 16 heures, déclarés 8» et «à certains postes, journées de travail de 11 heures, payées 100 € bruts ( alors que 100 € nets avaient été promis)».

 

Des témoignages recueillis par Le Monde décrivent aussi une forme d'impréparation du réalisateur qui, par exemple, exige des modifications des décors juste avant de tourner, alors que tout est prêt. Cette pratique est d'habitude admise sur les tournages puisque ceux-ci rassemblent le plus souvent des techniciens passionnés. Mais le cumul de ces problèmes de gestion des rapports humains en a, semble-t-il, vexé certains.«Aujourd’hui, nos propos ne peuvent être perçus comme exagérés car beaucoup de témoignages vont dans le même sens», estime l'Atocan.

 

La production du film, Wild Bunch, a réagi à ces critiques via son directeur général : «Je n'ai pas entendu parler de plaintes, mais cela ne veut pas dire qu'elles n'existent pas. Certains techniciens de la région Nord-Pas-de-Calais sont partis en cours de route, car ils n'acceptent pas les conditions de Kechiche. Mais certains collaborateurs de Kechiche sont toujours là, depuis son premier film. Demandez aussi aux comédiennes ! Kechiche est très exigeant. Et c'est comme ça qu'il obtient ces résultats.»







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