Grand Paris Culture

Kaaris : « Ce sont les textes qui vont rester »

Publié le  Par Fabrice Bluszez

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Redha Menassel

Il est né à Abidjan (Côte-d'Ivoire) mais a grandi à Sevran (Seine-Saint-Denis). Son dernier album s'appelle "Le Bruit de mon âme". Entretien avec le rappeur Kaaris, par Redha Menassel.

 

Le 16 juin, le rappeur Kaaris a donné un concert d’anthologie à Alger (Algérie) devant des milliers de fans venus acclamer leur idole. Redha Menassel l’a rencontré.


CarisKaaris, bonjour. On va d’abord s’intéresser à Kaaris l’acteur puisque vous sortez tout juste du film Braqueurs réalisé par Julien Leclercq dans lequel vous partagez l’affiche avec Sami Bouajila. Comment s’est passée cette première expérience dans le cinéma ?

« Je crois que je n’ai jamais ressenti autant d’émotions, même dans la musique... »


Ah, carrément ?

« Ouais, parce qu’il n’y avait pas cette espèce de pression constante, oppressante. Dans la musique, on est dans la rivalité permanente, on surveille les autres et on est surveillés. Il faut savoir qu’en France, tous les rappeurs sont en compétition, je vous parle même pas des States.

Maintenant, je n’en sais rien vu que c’est ma première incursion dans ce milieu, mais dans le cinéma, il y’a peut-être des hypocrisies, des coups dans le dos et des égos gonflés, mais on te le dit pas directement, on t’accueil avec le sourire, on te met à l’aise... »


Oxmo Puccino a adoré le long métrage et a abondamment tweeté dessus. Il a d’ailleurs déclaré que ce n’était pas un film de "racailles" ?

« Absolument pas ! C’est un film qui parle de la société telle qu’elle est, pas d’une vision fantasmée de la délinquance.

Ce qui est magique, c’est la sobriété des acteurs et le réalisme de leur jeu. J’ai du m’en imprégner et apprendre d’eux en douce parce que je n’ai jamais pris de cours. Mais c’est vrai qu’auprès d’un maitre comme Sami Bouadjila, c’est un pur plaisir ! C’est LE patron du cinéma français pour moi, le big boss. Il sait tout jouer ce mec ! « 


Après l’acteur, le rappeur. Vous êtes l’un des papes du trap en France. Est-ce que vous n’avez pas peur que ça finisse par tuer le rap tel qu’on le connait ? Que ça commence à tourner en rond depuis quelques années et à devenir uniforme ?

« Oui et non. En fait, ce phénomène a commencé dès l’arrivée de mon album Or noir. Ça a rendu obsolètes certains artistes et le rap français a changé de visage. Tout le monde a commencé à faire du gros son et parfois c’est du n’importe quoi. Maintenant, c’est vrai que s’il n’y’a pas de bons textes derrière, ça devient rapidement insipide. Si le mec fait juste des onomatopées et des gimmicks, ca ne sert à rien.

Je pense qu’au final, ce sont les textes qui vont rester par delà la musique.

Moi je sais que même si j’arrête le rap demain, les puristes se rappelleront toujours du texte de Paradis ou enfer. »


Vous avez toujours déclaré en interview avoir percé dans le rap tardivement. Qu’est-ce que vous pourriez dire à de jeunes rappeurs qui galèrent pour faire vivre leurs morceaux ?

« Les gars, faut jamais lâcher l’affaire. Jamais jamais jamais ! Sauf si ça te nuit évidemment, si tu ne fais que ça au détriment de ta santé, et que tu ne foutes rien à la maison ni à l’école ! Il faut jamais abandonner oui, mais avec un truc à coté. Il faut insister jusqu’au jour ou il y’a une porte qui va s’ouvrir.

J’en suis la preuve vivante, quand mon premier album est sorti, j’avais 32 ans. C’est tard quand même ! Les rappeurs de maintenant ils ont quoi, 20 ans ?

Je suis loin d’être un cas unique, je pense que si j’y suis arrivé, c’est juste parce que j’y ai toujours cru. »


Alors, après ta mixtape Double Fuck, est-ce qu’il y’aura un "Triple Fuck" un jour ?

« Jamais, je n’ai pas assez de doigts. « (rires )


Plus sérieusement, je sais que vous avez un nouvel album dans votre besace, vous l’avez composé dans quelles conditions ? Est-ce que le son sera différent du précédent ?

« Oui, ce sera mon 3e album solo et il sera complètement différent de ce que j’ai déjà fait. Je n’ai quasiment que des nouveaux compositeurs. Je l’ai goupillé dans des conditions assez difficiles parce que je suis tout seul à le faire. Attention hein ? Je suis toujours signé avec Def Jam mais je m’en occupe tout seul en studio, donc c’est un peu plus compliqué que d’habitude... »


Dernière question un peu plus personnelle, la paternité, c’est pour bientôt ?

« Oui, je l’attends comme un trésor, une bénédiction ! Je suis justement en train de chercher le prénom de mon bébé et ça tombe bien que je sois ici, en Afrique ! J’entends un tas de prénoms sympas et poétiques, ça m’inspire. »
 

CarisKaaris en concert à Alger le 16 juin (photos Redha Menassel).

 

 

 

 

 

 

 







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