Grand Paris Société

Education nationale : les mères voilées manifestent à Paris

Publié le  Par Antoine Sauvêtre

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Capture d'écran Dailymotion

En ligne de mire de ces mères : la circulaire Chatel, datant de 2012, l’interdiction pour ces femmes voilées d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire au nom de la laïcité. Mais cette décision dépend du directeur d’école, engendrant des inégalités entre écoles.

Le voile à l’école fait son retour. Mais cette fois, ce sont les mères voilées qui font par t de leur colère. La cause : l’impossibilité pour elles d’accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires. En effet, d’après une circulaire, qui date du 27 mars 2012, demande aux parents accompagnant « de ne pas manifester, par leur tenue ou leurs propos, leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques ». Mercredi 18 juin, elles ont manifesté près du ministère de l’Education nationale, à Paris, pour dénoncer ce qu’elle considère comme une discrimination.

Inégalités selon les écoles

« Oui à la laïcité, non à la discrimination », ont-elles clamé, reprenant l’intitulé du texte qu’elles ont rédigé et fait signer à plusieurs élus Front de Gauche de Seine-Saint-Denis. Clémentine Autain, militante féministe, ancienne conseillère de Paris et aujourd’hui conseillère municipale de Sevran y a notamment apposé sa signature. « Avec ou sans foulard, mamans toutes égales », « Voilées ou non voilées, nous voulons l’égalité », ont-elles proclamé, arborant des foulards bleu-blanc-rouge.
 

Ces femmes ne comprennent que l’Etat les prive de sorties scolaires avec leurs enfants. D’autant que cette décision dépend des directeurs d’écoles. Autrement dit, l’application de la loi diffère selon les établissements scolaires. « Dans l’école de Montreuil où mon fils était scolarisé, je n’avais pas le droit d’aller avec lui en sortie, témoigne Anissa, 35 ans, dans le Parisien. Depuis notre déménagement, il va dans une autre école à peine cent mètres plus loin et je peux l’accompagner ! C’est bien la preuve qu’il faut donner des directives claires ».

Des consignes floues

Et pour elles, la consigne est toute trouvée. En finir avec cette circulaire, qui pour elles, porte atteinte à l’égalité républicaine. Sauf que Benoit Hamon, le ministre de l’éducation nationale interrogé sur le sujet le 12 mai dernier, ne semble pas vouloir donner de directives claires. Les directeurs d’écoles doivent « faire preuve de discernement » s’est-il contenté de dire sur BFM TV. Le Conseil d’Etat lui-même ne semble pas pouvoir trancher sur la question. Saisi par le Défenseur des droits, il a affirmé que les mères accompagnatrices ne pouvaient pas être considérées comme des auxiliaires du service public et que, par conséquent, elles étaient libres d’arborer les signes religieux qu’elles souhaitaient. En revanche, l’école où est scolarisée leur enfant peut, elle seule, refuser leur présence, laissant le problème se régler en interne...

 


Les mamans voilées privées de sortie scolaire... par leparisien







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manola

20/06/2014 14:09

Ces femmes voilées se trompent - et nous trompent - sur deux points :
1 - Les parents d'élèves qui, pendant le temps scolaire et sur une activité pédagogique, apportent leur collaboration bénévole et provisoire aux enseignants "n'accompagnent pas LEUR ENFANT", ils accompagnent DES ÉLÈVES d'une ou plusieurs classes, de toutes origines et de toutes confessions ou convictions. Parmi les parents de CES ÉLÈVES, beaucoup ne souhaitent pas - laïques ou non - qu'à l'occasion d'une sortie scolaire, une chrétienne avec une grande croix, une musulmane voilée, un sikh avec turban ou un juif orthodoxe avec barbe, papillotes, manteau noir et Shtraïmel soit accepté comme accompagnateur. Ils ont souvent choisi l'école publique pour sa totale et permanente neutralité religieuse.
2 - Le "prosélytisme" ne consiste pas seulement à discourir sur la religion pour tenter de convertir un interlocuteur. De même que la présence d'un policier en uniforme suffit à envoyer un "message" aux voleurs potentiels ou la présence d'un crucifix dans une classe aide à rappeler aux élèves la religion et les valeurs de l'institution, la seule vision d'un signe religieux ostensible suffit à "parler" aux jeunes enfants et à influencer leur vision du monde et leur perception, éventuellement, des relations hommes-femmes.
C'est la raison pour laquelle, il ne faut pas revenir sur le refus des signes religieux ostensibles chez les parents d'élèves qui accompagnent les sorties scolaires.
En revanche, hors du temps scolaire proprement dit, et dans des activités qui ne sont pas strictement pédagogiques (kermesse de fin d'année, fête des parents, goûter inter-classes, etc.), le statut des parents n'est plus celui de "collaborateurs occasionnels de l'Education Nationale" et aucune règlementation ne s'impose concernant le port du voile et autre signe religieux ostensible.

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Anonymous

20/06/2014 14:09

Ces femmes voilées se trompent - et nous trompent - sur deux points :
1 - Les parents d'élèves qui, pendant le temps scolaire et sur une activité pédagogique, apportent leur collaboration bénévole et provisoire aux enseignants "n'accompagnent pas LEUR ENFANT", ils accompagnent DES ÉLÈVES d'une ou plusieurs classes, de toutes origines et de toutes confessions ou convictions. Parmi les parents de CES ÉLÈVES, beaucoup ne souhaitent pas - laïques ou non - qu'à l'occasion d'une sortie scolaire, une chrétienne avec une grande croix, une musulmane voilée, un sikh avec turban ou un juif orthodoxe avec barbe, papillotes, manteau noir et Shtraïmel soit accepté comme accompagnateur. Ils ont souvent choisi l'école publique pour sa totale et permanente neutralité religieuse.
2 - Le "prosélytisme" ne consiste pas seulement à discourir sur la religion pour tenter de convertir un interlocuteur. De même que la présence d'un policier en uniforme suffit à envoyer un "message" aux voleurs potentiels ou la présence d'un crucifix dans une classe aide à rappeler aux élèves la religion et les valeurs de l'institution, la seule vision d'un signe religieux ostensible suffit à "parler" aux jeunes enfants et à influencer leur vision du monde et leur perception, éventuellement, des relations hommes-femmes.
C'est la raison pour laquelle, il ne faut pas revenir sur le refus des signes religieux ostensibles chez les parents d'élèves qui accompagnent les sorties scolaires.
En revanche, hors du temps scolaire proprement dit, et dans des activités qui ne sont pas strictement pédagogiques (kermesse de fin d'année, fête des parents, goûter inter-classes, etc.), le statut des parents n'est plus celui de "collaborateurs occasionnels de l'Education Nationale" et aucune règlementation ne s'impose concernant le port du voile et autre signe religieux ostensible.

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