France Economie

Alstom : le jeu des promesses de General Electric et Siemens

Publié le  Par Raphaël Didio

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Flickr - Joshua Brown

General Electric et Siemens poursuivent leur duel à distance pour le rachat d’Alstom. Le premier mise sur l’emploi, le second sur le pôle transport d’Alstom.

Désormais, c’est au petit jeu des promesses que se joue la bataille entre General Electric (GE) et Siemens dans le rachat d’Alstom. Dans ce domaine, c’est certainement le premier qui pourrait l’emporter. Reçu ce mercredi à l’Elysée, Jeffrey Immelt, le PDG de GE a garanti auprès de François Hollande l’embauche de 1 000 personnes supplémentaires en France dans les trois années qui suivront le rachat d’Alstom, soit jusqu’en 2018. « Cet engagement sera contrôle par un cabinet indépendant », a précisé un proche du dossier au Monde. Siemens, lui, s’est uniquement engagé à maintenir l’emploi durant la même période.


Un argument de poids qui pourrait donc faire pencher la balance. M. Immelt a renouvelé son engagement devant les députés, mardi à l’Assemblée Nationale, de localiser en France les sièges mondiaux pour l’hydroélectricité, les éoliennes en mer, les turbines vapeur et les réseaux, déclarant par la même occasion que « La France deviendra pour nous l’un des centres de production les plus importants et les plus diversifiés dans le monde ». Face à la crainte du gouvernement quant à une éventuelle perte de souveraineté si GE, associé au Japonais Hitachi sur l’atome, récupérait les turbines d’Alstom utilisées dans les centrales nucléaires de nouvelle génération, le PDG de GE s’est ainsi montrer prêt à « créer une solution pour permettre aux clients français un accès privilégié aux turbines vapeur les plus fiables du marché afin d’équiper leurs centrales nucléaires ».

Offre de Siemens d'ici le 16 juin

Reste que Siemens ne compte pas baisser les bras. Si le conglomérat américano-canadien a d’ores et déjà formulé une offre de 12,35 milliards d’euros, l’Allemand compte formuler une offre « au plus tard » le 16 juin. Mais d’après les rumeurs, cette offre serait de seulement 7 milliards d’euros en cash… En attendant Christophe de Maistre, président de Siemens France, a garanti aux députes que « Nous préparons notre offre avec sérénité, sérieux et détermination en nous appuyant sur deux piliers : une vérification approfondie de la situation financière d’Alstom et une large concertation avec toutes les parties prenantes. » Il peut, en outre, compter encore et toujours sur le soutien du gouvernement, Arnaud Montebourg en tête. Toutefois, l’Elysée semble de moins en moins frileux face aux propositions de General Electric.


Si M. de Maistre rappelle à l’envie que le projet de Siemens est de créer « deux champions européens à vocation mondiale », n’oubliant ainsi pas la volonté première du gouvernement. L’un se situerait dans l’énergie à capitaux allemands, l’autre dans le transport ferroviaire. « Ce projet ne serait pas celui d’une restructuration défense », a-t-il garanti, égratignant dans la foulée l’offre de GE « présentée à la hussarde ».


Mais pour l'instant, c’est l’offre « à la hussarde » de GE qui semble avoir la main sur ce dossier. Car Jeffrey Immelt a d’autres munitions qu’il n’a pas hésité à sortir. Si l’une des propositions clés de Siemens concerne le renforcement du pôle transport d’Alstom, le PDG de GE a proposé à Alstom son activité de signalisation, soulignant l’intérêt de cette activité : « dans le transport, la valeur ajoutée n’est pas dans les matériels roulants, elle est dans les ordinateurs, les logiciels, les systèmes », avant d’ajouter : « Alstom aura la taille, les technologies et la solidité financière nécessaires pour se mesurer à des concurrents tels que Bombardier, Ansaldo et… Siemens ».

Le siège de Siemens à Grenoble et Belfort ?

Reste la question de la localisation. Siemens s’est engagé à acquérir « toutes les activités énergie d’Alstom » et à les « conserver », garantissant la relocalisation en France, « vraisemblablement à Grenoble et Belfort », du siège mondial des activités de transmission, de turbines hydrauliques et de turbines vapeur. Siemens accepterait également de céder à Alstom « l’ensemble de ses activités de matériel roulant », à savoir ses trains à grande vitesse (les ICE), ses locomotives, ses métros, ses trains régionaux, ses tramways et ses bus électriques.


« Il faut sauver Alstom Transport », a même osé M. de Maistre, estimant que celui-ci n’aurait pas la « taille critique » s’il était « abandonné à son destin » et ne pourrait pas lutter face à la concurrence chinoise ou nord-américaine, tel que Bombardier. Toutefois, à l’inverse de GE, Siemens n’est pas disposé, du moins pour l’instant, à céder ses activités de signalisation ferroviaire dont il est le leader mondial. L’Allemand veut même récupérer celles d’Alstom et s’engage simplement à installer le siège de cette division en région parisienne, « vraisemblablement à Châtillon. » Bref, aucun des deux mastodontes ne semblent prêt à lâcher prise dans ce duel. On rappellera toutefois que si le gouvernement a donné sa préférence à Siemens, celle d’Alstom et de son PDG Patrick Kron est clairement en faveur de General Electric. 







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