Seine-Saint-Denis (93) Economie

Saint-Ouen : les deux marchés phares changent de propriétaire

Publié le  Par Antoine Sauvêtre

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Clara Giraud - flickr

Les marchés Serpette et Paul-Bert, les plus emblématiques des puces de Saint-Ouen ont été rachetés par le PDG du groupe de presse Studyrama. Un soulagement pour les marchands, en conflit avec l’ancien propriétaire.

Les puces le démangeaient depuis longtemps. Jean-Cyrille Boutmy en est désormais l’heureux propriétaire. Le PDG du groupe de médias Studyrama, spécialisé dans l’orientation et la vie étudiante, vient d’acquérir les deux marchés les plus chics des puces de Saint-Ouen. Un achat estimé entre 25 et 30 millions d’euros, dicté par « la passion du lieu ».

Affectif et économie

Il faut dire que Jean-Cyrille Boutmy a de quoi justifier son emplette. Serpette et Paul-Bert « sont les deux marchés les plus importants des puces, ils sont connus dans le monde entier », explique-t-il. Ce passionné n’a donc pas hésité à acquérir les deux espaces du plus grand marché d’antiquaires au monde, « à titre personnel ».
 

D’autant plus que les puces de Saint-Ouen ont aussi des arguments économiques. Classées zone de protection de patrimoine architectural, urbain et paysager, elles accueillent plus de 5 millions de visiteurs par an et abritent 14 marchés pour un total de 1 700 marchands. Elles génèrent ainsi un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros par an, dont 300 proviennent uniquement des antiquaires.

Conflit avec l’ancien propriétaire

Cette vente n’est pas pour déplaire aux hôtes de la rue des Rosiers. Car depuis 2005 et le rachat pour 50 millions d'euros des deux zones par le duc de Westminster, lord Gerald Grosvenor, les conflits entre locataires et propriétaire se multiplient. « Entre 150 et 180 procédures » sont engagées contre lui auprès du tribunal pour « non-renouvellement des baux » ou « charges indûment facturées », rapporte Bruno Malet, président de l’Association des marchands de Paul-Bert et Serpette (AMPBS).
 

Les marchands accusaient « le Duc » de « maltraiter ses sujets français » et « d’imposer des ratios de rentabilité incompatibles avec les possibilités des puciers ». La vente permet de mettre fin à une guerre qui dure depuis près de 9 ans, et qui trouvera désormais son épilogue devant la justice.

Montée en gamme

L’arrivée du nouveau propriétaire français, est donc accueillie comme « une excellente nouvelle ». Jean-Cyrille Boutmy semblant « être un honnête homme, avec de bonnes intentions », confiait le président de l’AMPBS. Les marchands devront pourtant se faire à la patte du nouveau patron. L’homme veut « une montée en gamme » des deux marchés et souhaite « faire venir de nouveaux marchands, développer l’événementiel et accroitre la présence du numérique ». En clair, moderniser un marché... d’antiquités.







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