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Les contrôleurs aériens menacent de faire grève à leur tour

Publié le  Par Raphaël Didio

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Flickr - Adrià Ariste Santacreu

Après les cheminots, ce sont les contrôleurs aériens qui pourraient faire grève du 24 au 29 juin. En cause, le plan de performance de la Commission européenne, destiné à réduire le coût du contrôle du trafic aérien.

Décidément, ce mois de juin sera marqué par les grèves. Après les cheminots, c’est au tour des contrôleurs aériens. Ces derniers seraient susceptibles de faire grève du 24 au 29 juin prochain, soit à la veille des grands départs en vacances. D’après les Echos, deux syndicats majoritaires de contrôleurs aériens, le SNCTA et l’UNSA-ICNA, appellent à cesser le travail pour protester contre le plan de performance de la Commission européenne. Un plan destiné à réduire le coût du contrôle du trafic aérien qui serait deux fois plus élevé en Europe qu’aux Etats-Unis selon Bruxelles.


Ce mouvement pourrait entraîner de fortes perturbations avec de nombreux retards et annulations de vol dans toute l’Europe, France comprise. Ce projet de ciel unique de Bruxelles risquerait d’entraîner la privatisation de certains services non directement liés au contrôle du trafic, telles que la météo ou la maintenance des installations. Le SNCTA estime que le montant actuel des redevances ne permet plus à la Directn générale de l’aviation générale de l’aviation civile française (DGAC) de boucler son budget sans gonfler son endettement.


Un espace aérien fragmenté


Mais pour Bruxelles, l’heure est à l’action. Les routes aériennes et les aéroports sont menacés de saturation en Europe. Les quelques 440 aéroports de l’UE accueillent d’ores et déjà 800 millions de passagers par an. Tous les jours, ce sont 27 000 vols contrôlés qui se croisent dans le ciel, soit 9 millions par an, et 80 % de ces vols sont exploités au sein de l’UE. Mais ce nombre pourrait augmenter de 50 % lors des 10 aux 20 prochaines années.

« L’espace aérien de l’UE demeure en effet fragmenté, avec 27 systèmes nationaux de contrôle de la circulation aérienne, qui fournissent des services à partir de quelque 60 centres de contrôle aérien, tandis que l’espace aérien est divisé en plus de 650 secteurs. L’espace aérien est ainsi organisé autour des frontières nationales et c’est pourquoi il arrive souvent que les vols ne puissent pas emprunter un itinéraire direct. En Europe, un avion parcourt en moyenne 42 km de plus qu’absolument nécessaire à cause de la fragmentation de l’espace aérien, ce qui entraîne un allongement de la durée de vol, des retards, ainsi qu’une consommation de carburant et des émissions de CO2 supplémentaires », se justifie-t-on à Bruxelles, qui ajoute que les technologies actuelles de gestion du trafic aérien, datant des années 1950, sont aujourd’hui dépassées.


Le gouvernement français menacé par Bruxelles


« Le manque d’efficacité résultant de la fragmentation de l’espace aérien en Europe occasionne des surcoûts de l’ordre de 5 milliards d’euros par an. Ces surcoûts sont répercutés sur les entreprises et les passagers. Le contrôle de la circulation aérienne représente actuellement entre 6 et 12 % du prix d’un billet d’avion. » Au mois d’avril, Bruxelles a menacé de sanctions le gouvernement français, qui ne souhaite pas aller dans le sens de la Commission Européenne au risque de casser la Direction générale de l’aviation civile.


Frédéric Cuvillier va recevoir ce mercredi et jeudi les syndicats et a proposé une autre solution pour réformer le système. D’après les Echos, le secrétaire d’Etat aux Transports propose d’augmenter de 5 % le taux de redevance en 2015 puis de le stabiliser de 2015 à 2019. Cette mesure pourrait rapporter 110 millions d’euros supplémentaires. Une somme toutefois insuffisante pour réaliser les investissements nécessaires selon les syndicats.







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