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Tournoi : pour la passe de trois et plus encore…

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

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Après deux succès sur l’Italie et surtout l’Angleterre, le Quinze vise la passe de trois mais pas que…

Bon, franchement, battre l’Italie (34-17)  n’a rien eu de transcendant. D’autant que le niveau de jeu fut d’une insigne pauvreté entre deux formations en plein désarroi, l’une, l’Italie, en quête d’un meilleur avenir dans le circuit européen, l’autre, la France, à la recherche de son rang autrefois glorieux et de son identité qui en faisait la nation la plus redoutée de l’ovalie mondiale… Mais bon, ce succès du Vélodrome eut pour effet de mettre un terme à la piteuse année sans le moindre succès.

Et puis vint l’Angleterre, le meilleur ennemi, celui que les Frenchies (comme ils disent de l’autre côté de la Manche),  à l’image des autres nations britanniques, mettent un point d’honneur à défier pour lui faire passer l’idée qu’elle n’est pas le seule à détenir les clés du maniement du ballon ovale et lui faire ravaler son désagréable  complexe de supériorité… D’autant que le Quinze de la Rose venait de se faire piquer ‘’grave’’ par le Chardon écossais, on ne donnait donc pas cher des chances bleues au Stade de France. Mais, même au fond du trou, le Quinze de France est l’adversaire que personne, d’Auckland à Londres en passant par Johannesburg et  Sydney, ne sous-estime parce que certes capable du pire mais surtout du meilleur.

Les Gallois n’ont pas oublié. Samedi dernier, ce fut, sinon le meilleur français sûrement le moins bon anglais. Ce qui a suffi pour redonner à une confrontation qu’on imaginait à sens unique une marque d’équilibre et surtout au Quinze victorieux (22-16) de Jacques Brunel un regain de confiance. Bon, franchement, battre l’Angleterre, il fallait quand même le faire ! Alors qu’en sera-t-il cet après-midi (18 heures) à Cardiff face à ces Gallois qui n’ont probablement pas oublié ces vingt et une minutes de bonus qui permirent il y a un an presque jour pour jour aux Français de remporter (20-18) ce qui allait être leur unique succès entre ce 18 mars et le 23 février de cette année. Sur le plan strictement mathématique, une victoire permettrait au Pays de Galles d’envisager la deuxième place du Tournoi devant l’Angleterre à moins que celle-ci, revancharde de ses deux échecs écossais et français, ne fiche une raclée à l’Irlande. Mais n’oublions pas que les équipiers de Sexton, bien qu’assurés de la première place, visent le grand chelem, qui plus est le jour de la Saint-Patrick, fête nationale du pays. Pour les Gallois donc, un seul impératif ; s’imposer pour rester devant leurs voisins anglais.  

"Basta" aux manettes. Après l’exploit du Stade de France -car c’en fut quand même un au regard de l’année écoulée-, les Français sauront-ils confirmer, qu’ils ont oublié leur mal-être de l’automne ?  Le Quinze de France reste très fragile comme cette fin de match contre l’Angleterre nous l’a montré avec ce dégagement précipité et raté de Beauxis ou, auparavant, ces touches mal assurées et ces temps forts pas concrétisés. Il devra donc s’appuyer une fois de plus sur une défense de fer dans l’enfer du Millenium mais surtout sur ces idées basiques (ou retrouvées…) que le collectif prime sur l’individu, que le rentre-dedans n’est pas (plus) forcément la panacée, qu’il n’est pas l’âme du rugby de chez nous, que  l’alternance pied (jeu au…)-main (jeu d’attaque…) peut  déstabiliser l’adversaire, qu’il ne faut pas gâcher les temps forts et que, et que, et que…

Privé de Guilhem Guirado, capitaine exemplaire, mal remis de sa blessure de samedi dernier, le Quinze de France trouvera en Mathieu Bastareaud le leader au brassard qu’il est devenu, d’abord à Toulon et maintenant sous le maillot bleu. La semaine dernière, il fut l’un des principaux artisans du succès par sa force de pénétration mais aussi ses grattages qui firent le malheur des Anglais, en particulier le dernier dans les arrêts de jeu. Mais il fut également le grand leader qui remua les troupes, haranguant et motivant ses coéquipiers à grand renfort de gestes et de d’encouragements. C’est peut-être aussi d’un tel joueur que l’équipe de France aura encore besoin cet après-midi.  Pour la passe de trois bien sûr mais plus encore pour l’avenir d’un rugby hexagonal qui a bien besoin de croire en son renouveau.

L’équipe de France. Fall ; 1. Poirot, 2. A. Pélissié,  4. Gomes Sa ; 4. Gabrilagues, 5. Vahaamahina ; 6. Lauret, 7. Camara, 8. Tauleigne ; 9. Machenaud, 10, Trihn-Duc ; 11. Grosso, 12. Doumayrou, 13 Bastareaud (cap), 14. Fickou ; 15. Fall.
La dernière journée. Italie-Ecosse (13h30) ; Angleterre-Irlande (15h45) ; Galles-France (18 heures).
Le classement. 1. Irlande, 19 pts ; 2. Galles, 11 ; 3. Angleterre, 10 ; 4 France, 10 ; 5. Ecosse, 8 ; 6. Italie, 0.







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