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Comment ‘’réveiller’’ le Tour de France

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

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Les organisateurs du Tour de France vont devoir se creuser les méninges pour lui redonner du tonus et réveiller les passionnés. Osons quelques suggestions…

« Dur mais sans suspense. » Ce sont les propres termes de Christian Prudhomme pour qualifier le récent Tour de France dont il est le patron. Il n’a pas osé le qualifier d’ennuyeux.  Et c’est pourtant le constat de bon nombre d’observateurs du cyclisme et de passionnés de vélo. La raison en est simple : une course bridée par les moyens de transmissions entre les coureurs et leur directeur sportif, une équipe (Sky) ultra-dominatrice, une absence quasi permanente d’audace des prétendants au podium, ces trois paramètres étant bien entendu liés. Avec quelques nouvelles ascensions, un tronçon de terre dans les Alpes et surtout un nouveau format d’étape ultracourte (65km) dans les Pyrénées, les organisateurs d’ASO (Amaury Sport Organisation) ont fait eux preuve d’audace. Mais pas suffisamment pour les résultats que l’on connaît. Il leur faudra donc aller encore plus loin dans l’innovation pour éviter que le Tour ne s’enlise dans la monotonie. Voici donc quelques pistes, parfois osées, pour réveiller les ardeurs.

Sans assistance. Tout le monde est unanime : les oreillettes et les ordinateurs de vélo ont radicalement modifié le comportement des coureurs. L’exemple le plus frappant en est Chris Froome, "robot’" qui fonctionne non pas au radar mais au capteur de puissance (il ne cesse de le consulter, tête baissée) et à l’oreillette-micro en relation permemente avec son directeur sportif.  Si l’on ne peut aller contre le progrès et qu’ui ne faut pas nier l’avantage sécuritaire de ce système, on peut quand même imaginer deux ou trois étapes (une par semaine et au moins une étape-clé) sans oreillettes et juste radio-tour pour les voitures d’équipes. Un peu comme au Dakar avec une ou deux étapes sans assistance. Une piste cependant à double tranchant car on pourrait alors imaginer que les coureurs, sans repère, n’osent plus bouger. Mais ça vaudrait le coup d’essayer.

Des spéciales. L’étape de 65 km avec départ mode F1 n’a rien donné cette année, les ténors partant au ralenti pour attendre leurs équipiers dès les premiers hectomètres… Pourquoi ne pas imaginer une même étape courte mais ‘’agrémenté’’ de sprints intermédiaires dotés de bonifications conséquentes   (à partir de trente secondes voire plus) pour les trente premiers à franchir la ligne et cela dès le cinquième kilomètre… Dans un même registre, on pourrait également inventer la course de côte en peloton : l’ascension de l’Alpe d’Huez à partir de Bourg d’Oisans : trois kilomètres de plat et la montée
On pourrait également calquer une étape sur l’épreuve de poursuite  du biathlon. Plus difficile à mettre en place notamment pour les coureurs à plus de trois minutes. Ce pourrait être dans la première semaine de course.

Allocation-temps.  La course par étapes se caractérise depuis plusieurs années par une échappée de quatre-cinq coureurs qui prennent parfois jusqu’à dix minutes au peloton avant de se faire reprendre dans les derniers kilomètres par les trains de sprinters. A partir d’une certaine avance (trois minutes, puis quatre, puis cinq), chaque fuyard bénéficierait d’une bonif’ de trente secondes. Avec les GPS et autres systèmes de repérages, ce ne devrait pas être trop  compliqué à mettre en place. Et allons encore plus loin, en leur faisant bénéficier d’une nouvelle "allocation-temps" s’ils sont toujours échappés avec au moins trente secondes d’avance sur le peloton dans les cinq derniers kilomètres…

De vrais maillots. Si Romain Bardet s’est un peu raté sur ce Tour (notamment en raison de la perte prématurée de trois équipiers), les coureurs français ont raflé le maillot à pois du grimpeur (Julian Alaphilippe) et le blanc du meilleur jeune (Pierre Latour). Pour ce dernier, celui de Pierre Latour, pas de problème, c’est le classement général qui le désigne. Mais pour la meilleur grimpeur, peut-on, malgré la performance du coureur de la Quick Step vainqueur de deux étapes de montagn,  lui accorder un vrai crédit. Alaphilippe termine au final à la 33e place à près de 1h30 de Gerraint Thomas. On l’a ainsi vu franchir des cols en tête et marquer des points avant de se relever en fin de parcours et de terminer loin derrière. Ne faudrait-il pas alors introduire dans le calcul la place du coureur dans l’étape… Mais répétons-le, loin de nous l’idée de sous-estimer la perf’ du Français. Même constat pour le maillot vert (Sagan).

Salary cap. Enfin, dernière idée qui semble d’ailleurs faire son chemin : instaurer un salary-cap comme en rugby ou un fair-play financier comme au foot, qui ‘’égaliserait’’ les budgets… et donc les chances. Celui de la Sky avoisine les 35 millions alors que celui d’AG2R approche à peine les 20 millions. En limitant les budgets et donc la masse salariale, la répartition des meilleurs coureurs pourrait être différente. Comme le dit David Lappartient, président de l’Union cycliste internationale (UCI) « si les meilleurs mondiaux sont dans une seule équipe, alors il n’y a plus d’intérêt sportif. » Les instances internationales y réfléchissent.







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