Paris (75) Culture

L'artiste Piotr Pavlenski en grève de la faim

Publié le  Par Fabrice Bluszez

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Il avait mis le feu à un bureau de la Banque de France, près de la Bastille, à Paris. l'artiste russe Piotr Pavlenski, incarcéré depuis début octobre, est en grève de la faim.

L'incendie d'une banque se voulait dénonciation des nouvelles Bastille... Piotr Pavlenski,  33 ans, artiste en exil en France, s'était fait remarquer par des prestations originales en Russie, souvent nu : il s'est cloué les testicules au sol sur la place Rouge (2013), nu sur un mur de l'hôpital psychiatrique, nu et enroulé dans fil de fer barbelé à Saint-Pétersbourg (2014)... Parfois déjà des incendies comme aux portes du FSB, l'ex KGB (2015). Son acte, à Paris, le 15 octobre, a été filmé.

 

 


Piotr Pavlenski avait obtenu l'asile politique en mai, il a été placé en détention préventive aussitôt après son geste. La Banque de France ne demandera pas de dommages. Mais il est mis en examen pour "destruction du bien d'autrui". Sa compagne, Oskana Galigi, a été mise en détention provisoire, elle aussi. Le couple squattait un logement et vivait de dons et de vols, selon un entretien à Deutsche Welle*.


Il a décidé d'observer une grève de la faim, ainsi justifiée dans une lettre à une amie, rapportée par Sputnik (média quasi gouvernemental russe officiant en Europe)...

« Maintenant, je vis dans la prison mais, en principe, je n'ai jamais juré de ne pas le faire […]. Cela fait déjà dix jours que j'ai entamé une grève de la faim. Je n'ai jamais pensé que je serais obligé d'être confronté à cela mais les audiences à huis-clos c'est inadmissible, car ces tribunaux prennent la décision d'amputer la liberté à la personne. Pour la majorité, cette décision s'avère fatidique. Dans ma vie, j'ai dû avoir affaire à une cinquantaine d'audiences mais aucune n'a été à huis-clos […] Donc, ici, c'est une situation terriblement sauvage... »


Un extrait de la lettre.
 

 


* L'entretien à Deutsche Welle a été traduit, honnêtement semble-t-il, par un site relativement hostile à l'artiste, Reseauinternational.net.
 

DW : Peter, vous avez déménagé à Paris en janvier 2017. Comment vous sentez-vous au sujet de l’émigration?

Pyotr Pavlensky : «Bien sûr, en France, si vous vivez comme un français, il est plus facile de vivre qu’en Russie. Je peux parler pour les parisiens – ils refusent le travail. Nous nous sommes assimilés et nous identifions avec les français, alors nous vivons comme les français: Nous ne travaillons pas et ne payons pas. La maison dans laquelle nous sommes – nous l’avons saisie. Nous vivons comme la plupart des Parisiens vivent… »

DW : « Pas la majorité !

Pyotr Pavlensky : De très nombreux. Les gens qui vivent ici et ne s’identifient pas à l’émigration ou aux touristes, ils vivent de vols et redistribution de biens.

DW : « Peter, qu’as-tu volé? »

Pyotr Pavlensky : « Nous prenons de la nourriture dans les magasins. Et puis ici, la sécurité n’est pas très attentive. Les transport sont très faiblement contrôlés. Dans cette maison, par exemple, nous n’avons pas été expulsés. C’était vide. »

Il ajoute être un fervent « révolutionnaire » mais se dit déçu de la France:  » Ce que je vois maintenant en France, me rappelle un cimetière pour les loisirs touristiques. Fondamentalement, ce pays vit son passé. » Sur ce point, avouons qu’il n’a pas tort.







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