Paris (75) Culture

La nuit du 4 au 5 août 1789 : tout bascule

Publié le  Par Paris Dépêches

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L’abolition des privilèges, événement fondateur de la France moderne… Aujourd'hui, nous commémorons les 220 ans de ce 4 août 1789, un symbole qui reste l’un des événements les plus importants de la Révolution, peut-être plus que le 14 juillet.

Nombre d’historiens s’accordent à dire que la nuit du 4 août 1789 marque la naissance d’une France nouvelle définitivement débarrassée d’un Ancien Régime cliniquement mort depuis le 14 juillet de la même année. Nous sommes à Paris (à Versailles, plus exactement) ce 4 août, d’ici on arrive à entendre le malaise qui monte dans les campagnes depuis trois semaines, depuis la prise de la Bastille. La Grande Peur (c’est le nom historique que l’on donne à la fin juillet et au début d’août 89) sème l’effroi chez les paysans : des rumeurs annoncent l’arrivée dans les provinces de "brigands" payés par l’aristocratie pour piller les villages, violer les femmes. La communication passe mal à cette époque: les rumeurs prennent des proportions qu’on ne peut imaginer aujourd’hui. Partout, c’est la panique psychologique. Pour se défendre, les paysans prennent les devants en mettant le feu aux châteaux… Par ces actes, ils attaquent et exigent la fin de la féodalité. C’est dans cette atmosphère de fin du monde qu’arrive la soirée du 4 août.

La mort des trois ordres
L'Assemblée nationale constituante est réunie à Versailles. Les députés savent qu’ils doivent remettre de l’ordre dans les campagnes. De fil en aiguille, de discours en prises de parole, un nouvel ordre s’écrit. Deux tribuns commencent par proposer de sacrifier au "bien public" les privilèges féodaux de la noblesse. Un élu breton exige la fin de "l’injustice de ces droits acquis dans des temps d’ignorance et de ténèbres". Ses collègues se succèdent en demandant l’abolition des corvées, de la dîme (l’impôt qui finançait le Clergé)… Les débats durent toute la nuit.
Le 5 août au matin, les privilèges féodaux n’existent plus en France. Tous les citoyens ont désormais les mêmes droits et devoirs, les paysans n’ont plus de comptes à rendre aux seigneurs et tout le monde doit payer ses impôts, adieu les dispenses. Les Français ne sont plus des sujets du roi. En quelques heures, le pays s’est métamorphosé. Une vingtaine de jours plus tard, le 26 août, la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est terminée.  


Fête nationale ?

En 1880, la Troisième République promulgue une loi qui fait du 14 juillet  "Le jour de Fête nationale". Entre les députés, les débats sont tendus puisque certains refusent de commémorer ce jour de 89 durant lequel le sang a coulé dans les rues de Paris. Les supporteurs du 14 juillet sauvent finalement leur idée avec une pirouette : ils expliquent que la République fêtera en réalité le 14 juillet 1790 jour de la "Fête de la Fédération" qui, un an après 89, devait sceller "l’unité nationale" (unité précaire en 1790).
Beaucoup d’élus de la Troisième République auraient préféré instaurer le 4 août comme journée de Fête nationale, mais le projet n’a pas plu. Pourtant, il y a bien un Avant et un Après 4 août…

Sources : Mémoire de la France. Larousse. 1996.







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