France Politique

La réforme de la formation des enseignants adoptée en vitesse

Publié le  Par Jennifer Declémy

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Babiz Chibane/Sipa

La réforme aura été médiatiquement occultée par l'annonce de candidature de Nicolas Sarkozy mais la réforme de la formation des enseignants a été adoptée par l'Assemblée nationale cette semaine, discrètement mais très vite.

C'est une proposition de loi qui aura été adoptée en urgence le 15 février, mais qui concerne une des réformes les plus critiquées du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le ministre chargé de l'appliquer n'est pas fan, le SNES dresse un mauvais bilan et les enseignants de droite comme de gauche la décrient plus que régulièrement et le Conseil d'Etat lui-même avait annulé cette réforme fin novembre. Pourtant, l'Assemblée nationale choisit de confirmer la réforme qui jette les professeurs sortant de cinq ans de cours techniques et seulement 108 heures de stage, dans le bain de l'enseignement. A l'étranger certains pays accordent 700 heures de stage à leurs enseignants en devenir avant qu'ils ne deviennent officiellement professeurs.

Selon le SNES, les professeurs d'aujourd'hui ne sont clairement pas prêts à devenir enseignants quand ils sortent de l'université. Désormais poursuit le syndicat, la formation des professeurs ne relève plus que du théorique au détriment de toute pédagogie. Or, le résultat de cette réforme c'est donc une crise de vocation à devenir professeur, avec une chute de 70% d'aspirants au concours.

C'était donc sur cette réforme qu'était revenu le Conseil d'Etat en novembre dernier, pour juger que la décision du ministre de supprimer le cahier des charges de la formation des maitres ne trouve aucun fondement légal. Cependant, le Gouvernement, par le biais du député UMP Jacques Grosperrin, a décidé de persévérer. La proposition a été déposée le 10 janvier, adoptée par la commission le 1er février et voté le 08. Soit même pas un mois de réflexion sur ce sujet compliqué. Pourtant, la Cour des Comptes vient de dresser un violent requisitoire contre cette réforme néfaste sur tous les points de vue.

Depuis l'invalidation par le Conseil d'Etat, les procédures devant les juges administratifs se sont multipliés pour réclamer une indemnisation des stagiaires concernés "qui ont subi le double préjudice d'être privés de formation mais aussi d'avoir travaillé dix heures hebdomadaire en plus sans rémunération".

 







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