France Politique

Une Marche... à reculons ?

Publié le  Par Patrick Béguier

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Il était "en Marche" pour la "Révolution" annoncée dans son livre de novembre 2016. Aujourd'hui, Emmanuel Macron risque de devoir marcher à reculons s'il ne parvient pas à faire face à une révolte.

 
 
 
 
L'entêtement peut mener un homme politique à sa perte. 
Parce qu'il refuse (pour l'instant) de suspendre la hausse des taxes sur les carburants, en endossant le gilet vert de l'écologie, Emmanuel Macron va être submergé par la vague des gilets jaunes. Certes, ce n'est pas un tsunami : ils ne sont pas aussi nombreux qu'ils veulent bien le dire et ne représentent pas le peuple comme ils le prétendent, mais une partie de la population, celle des classes moyennes inférieures principalement. Force est de constater, cependant, que, dans leur ensemble, les Français ne les lâchent pas, en dépit des violences qui ont balafré le visage de Paris et provoqué de graves dégâts ailleurs. On connaissait la grève par procuration. Nous avons la colère par procuration. Le piège se referme chaque jour un peu plus sur l'hôte de l'Élysée.
 
Doublement perdant
 
Il est encore temps d'en sortir. Avec une ou plusieurs mesures fortes, immédiates, concrètes. Sinon, le président de la République sera doublement perdant : il devra faire face à une radicalisation du mouvement avec les risques, déjà perceptibles, d'un soulèvement populaire d'autant plus dangereux qu'il n'a pas de chef, pas de colonne vertébrale, et qu'il pourrait déboucher non pas sur une révolution, mais sur la chienlit tout simplement. 
 
L'autre risque est de voir en quelques semaines tout un quinquennat détruit, toute une volonté de "transformation" du pays réduite au vote de quelques mesurettes. Tout ce que tente Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir pourrait être annulé : l'oxygène apporté aux entreprises pour qu'elles puissent se moderniser et embaucher, les appels du pied aux investisseurs étrangers, la ré-industrialisation du territoire national, le développement accéléré du start-up system, la réforme de l'apprentissage et de la formation professionnelle, etc., etc.
 
Crise sur crise
 
Comment peut-on imaginer que les terribles images passées en boucle par des médias avides d'audience seront vite effacées aux yeux de celles et ceux qui veulent créer, produire, commercer en France. Une crise économique majeure peut embrayer sur la crise politique. En cette fin d'année, les producteurs, les commerçants, les artisans souffrent. Ils voient leurs chiffres d'affaires dramatiquement baisser. Il y a, hélas, des cessations d'activités et des licenciements à craindre. Le contraire de ce que souhaite le président de la République ! Comme tous les Français !
Les nouveaux Grenelle, états généraux ou tables rondes qui sont proposés ici ou là sont sans doute nécessaires pour remettre à plat une fiscalité jugée injuste par beaucoup, accompagner socialement l'indispensable effort pour l'environnement, tenter d'améliorer le pouvoir d'achat de toute une catégorie de la population, mais c'est maintenant qu'Emmanuel Macron doit allumer le warning informant qu'il ralentit sa marche. Sinon, il devra brutalement reculer.
 
Patrick Béguier
Journaliste et écrivain
 
 






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