France Politique

François Bayrou, une campagne sans saveur.

Publié le  Par Jennifer Declémy

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Sauf surprise, son score ce soir sera extrêmement décevant pour François Bayrou qui se rêvait en nouveau sauveur de la France. Mais las, il n'a su rééditer l'exploit de 2007 et a du revoir ses ambitions à la baisse.

 

Il abordait cette élection avec confiance, persuadé que la troisième serait la bonne, et pourtant aujourd’hui il se retrouve, probablement, à la cinquième place du podium présidentiel, sans jamais avoir décollé ou marqué l’opinion durant la campagne, relégué derrière deux candidats « extrêmes » bien trop virulents pour lui. Le plus populaire des candidats à la présidentielle aura raté son troisième coup d’essai présidentiel.

Dans le meilleur des cas il sera donc le « faiseur de rois » de Nicolas Sarkozy ou François Hollande, mais rallier un des deux semble difficile voire impossible pour ce béarnais qui s’est posé en représentant d’une troisième voie libre des deux grands partis qui dirigent la France depuis des décennies. « Depuis 15, 20, 30 ans les deux mêmes partis, UMP et PS dominent le pouvoir. Depuis 15, 20, 30 ans, ceux qui nous ont conduit là où nous sommes. Il n’y a pas d’espoir du côté de chez eux » fut son refrain principal durant cette campagne, au point où son programme en est apparu brouillé, voire invisible.

Parti à 7-8% des intentions de vote au mois de décembre, il a fait un rapide bond dans les sondages, montant jusqu’à 12-14%, au point l’hypothèse d’une « surprise Bayrou » a enchanté certains journalistes pendant quelques semaines. S’il accédait au second tour, on le savait capable de battre Nicolas Sarkozy ou François Hollande et d’ailleurs, Marine Le Pen ne s’y est pas trompé, en concentrant ses attaques sur le leader centriste pendant ces quelques semaines, craignant que ce dernier ne le dépasse.

Cela n’est pas arrivé. Au contraire, le dirigeant du Modem a stagné, voire entamé une petite descente, et au fur et à mesure que les sondages baissaient, François Bayrou a donné de la voix et montré sa colère face aux deux candidats favoris pour le second tour, mais aussi pour le FN et Jean-Luc Mélenchon, deux véritables dangers pour la France selon lui. Relégué à une cinquième place du podium, le drame du centriste aura été de ne pas incarner la « transgression raisonnable » à laquelle il aspire tant.

« Les évènements vont imposer une majorité dans laquelle les réformistes de gauche et de la droite républicaine doivent assumer ensemble la responsabilité du pouvoir » a-t-il aimé dire durant cette campagne, vantant les mérites d’une union nationale retrouvée face à la gravité de la crise dont « le défi est de même nature que la reconstruction du pays en 1945 ». Durant les derniers mois François Bayrou n’a pas non plus cessé d’insister sur la gravité de la situation dans laquelle notre pays se trouve, n’hésitant pas à dramatiser à l’extrême et à prévenir que s’il n’était pas élu, nous nous retrouverions dans la situation de la Grèce. Persuadé qu’il a été touché par Dieu et qu’il est destiné à gouverner le pays, François Bayrou affirme « la certitude qu’aucun des problèmes ne peut pas trouver de réponse si nous continuons dans la politique ordinaire, classique, dans les affrontements politiques que nous suivons depuis des années ».

Si l’élu du Modem avait commencé sa campagne en parlant du « produire français », de la nécessité de résorber les déficits publics et de réformer l’éducation nationale, son propos s’est vite transformé en une dénonciation du monde politique et médiatique qui ne veut pas dire la vérité aux français, contrairement à lui. La faute de François Bayrou fut qu’il paria alors sur l’overdose que susciterait d’abord François Hollande, puis Nicolas Sarkozy. Mais le premier montra une résistance que l’on n’attendait pas, et le second ne parvint pas à faire fuir les élus de la droite modérée, au grand dam du centriste qui espérait pourtant les rallier à lui après le début de campagne droitière en février.

Aujourd’hui conscient que la troisième fois ne sera pas la bonne, François Bayrou prédit « ce gouffre entre le peuple et ceux qui sont censés le représenter, le diriger, ce gouffre, c’est sous les pieds de la France qu’il est ouvert. Et c’est la république qui risque d’y tomber ». Mais il n’abandonne pas pour autant. Persuadé de la victoire socialiste, et convaincu que ce dernier ne tiendra pas tout un quinquennat, il travaillera à un grand rassemblement du centre dès le lendemain du second tour pour en devenir le pivot central. En espérant devenir un recours en cas d’échec de François Hollande, François Bayrou a désormais abandonné son rêve de devenir le prochain De Gaulle et aspire dorénavant à un destin à la Mario Monti. Beaucoup d’espoirs et de rêves, mais peu d’actes…







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