France Politique

Présidentielle : l'UMP revient aux fondamentaux.

Publié le  Par Jennifer Declémy

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Après la sortie de Claude Guéant sur les civilisations, peut-on parler d'un dérapage incontrôlé ou d'une position assumée et électoraliste ? A moins de 80 jours du premier tour, la question est posée.

Question raciste sur le site du parti de la majorité (1), propos de Claude Guéant sur les civilisations « qui ne se valent pas » : la fin de semaine politique à l’UMP fleure bon le Front National, avec son racisme latent et ses dérives droitières. Tout est là pour indiquer que, face à la tourmente sondagière, l’actuel président et futur candidat de l’UMP tente de revenir aux fondamentaux de 2007 qui lui avaient permis de siphonner les voix du FN et de remporter l’élection présidentielle.

Après une séquence marquée par la victoire des primaires et un profond rejet de Nicolas Sarkozy par une majorité de français, l’UMP avait tenté de discréditer le candidat socialiste pour imprimer dans les esprits l’image du « père courage », capitaine du navire France que serait le président actuel, seul apte à nous mener au bon rivage. Las, quand les chiffres du chômage sont montés en flèche et quand S&P a dégradé la note de la France, la majorité a été obligée de changer de cap. Place alors au président qui réforme sans s’arrêter, qui s’attaque au marché du travail et qui dresse de futurs chantiers de taille, dans l’éducation et l’économie notamment.

Mais quand rien ne marche, on en revient à la formule qui a gagné. D’où les propos à la limite du xénophobe du ministre de Claude Guéant ce week-end, habitué du genre, et qui aura du mal à nous faire croire que, primo, personne n’était censé répéter ce qu’il a dit, et secundo, que les mêmes propos ont été détournés de leur contexte. Soit le ministre ignore le sens du mot civilisation, et c’est plutôt grave, soit il entretient véritablement des pensées qui sont malsaines et nous ramène au début du siècle dernier.

L’état de fébrilité actuel de la droite est perceptible depuis plusieurs semaines. Des conseillers et directeurs de cabinet qui cherchent de nouvelles places, téléphonent à des chasseurs de tête et se recasent comme ils peuvent, Alain Juppé qui anticipe la victoire de François Hollande ou les députés UMP qui ont peur de ne plus être réélus : il y a panique à bord du navire UMP. D'où sûrement une dernière stratégie où on tente le tout pour le tout.

En 2007, Nicolas Sarkozy avait gagné grâce à plusieurs éléments : un programme rédigé par Emmanuelle Mignon, une omniprésence médiatique, un discours du 14 janvier 2007 bien ciselé et un siphonnage politique allant de la gauche vers la droite, mais surtout vers l’extrême-droite avec une assimilation du vocable du FN qui rendit les frontières entre droite et extrême bien plus poreuse.

Or, ce week-end, on a appris le retour de la même Emmanuelle Mignon dans la galaxie Sarkozy, elle qui était partie en 2010 à cause de mésententes avec ledit Claude Guéant. Puis, le même Claude Guéant nous sort une petite phrase qui fait aussitôt penser à Marine Le Pen et qui fait monter au créneau la gauche. Tout indique à penser, comme Guy Birenbaum l’explique d’ailleurs sur le Lab d’Europe1, que la polémique du week-end n’était pas un simple accident mais une sortie bien maitrisée, et qui avait pour but de radicaliser le discours de l’UMP et ainsi récupérer les électeurs de 2007 déçus, qui sont partis au FN depuis. Un retour aux fondamentaux confirmé par le sondage du jour du JDD : si Marine Le Pen n’était pas présente à l’élection présidentielle, le principal vainqueur en serait le président actuel qui serait alors à égalité avec François Hollande au premier tour.

Nicolas Sarkozy avait construit sa force électorale, entre 2002 et 2007, sur les thèmes de sécurité et de laïcité. Ne pouvant se vanter de résultats exemplaires dans le premier domaine, voilà l’UMP condamné à labourer les terres de la laïcité. La campagne de 2012, répétition de 2007 ?

 

(1) Cette semaine sur son site, l’UMP posait une série de questions à ses militants dont cette dernière : « pour lutter plus efficacement contre des actes de délinquance commis par une frange de la population qui fait de la violation de la loi pénale son mode habituel de vie, doit-on expulser les étrangers auteurs de faits ? ».







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