France Politique

Présidentielle : Nicolas Sarkozy drague les chasseurs.

Publié le  Par Jennifer Declémy

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Au plus bas dans les sondages, le chef de l'état manie une vieille recette électorale qui consiste à séduire le corps des chasseurs. Au grand dam des verts.

Discrètement, mais non subtilement, le président de la république prépare sa campagne présidentielle en draguant différents segments de l’électorat, en tentant à chaque fois de se rapprocher au plus près de ses préoccupation, mais aussi avec divers gestes législatifs ou réglementaires, ainsi qu’avec des promesses qui brossent dans le sens du poil.

C’est le cas envers les chasseurs, votant traditionnellement à droite, et qui sont aujourd’hui bichonnés par le président sortant. D’abord, lors de ses vœux au monde rural, en Ariège le 17 janvier dernier. A cette occasion, Nicolas Sarkozy avait pu concéder que « les règles de l’environnement sont trop tatillonnes » et que « la préservation de l’environnement, ce n’est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit », et avait eu l’occasion de promettre de prendre quelques décisions en faveur des chasseurs.

Levée de moratoires protégeant certains oiseaux, prélèvements scientifiques d’oies après la fermeture de la chasse ou lois qui en facilitent la pratique : tout est fait pour faire plaisir aux chasseurs, aux grand dam des écologistes qui dénoncent « un braconnage électoraliste ».

Le 31 janvier, le chef de l’état a également écrit au président de la FNC (fédération nationale de la chasse) pour promettre que « la préservation de cette grande tradition française qu’est la chasse demeure une priorité (…) je refuserai toujours formellement d’opposer la chasse et la protection de la nature », et pour prouver ses dires, cinq jours plus tard, deux moratoires en vigueur jusqu’en 2013 sur la chasse de deux oiseaux ont été levés après avis favorable du Conseil d’Etat. Dans la même veine, Nicolas Sarkozy a promis de prendre des décisions dès le mois de mars pour autoriser les chasses traditionnelles d’espèces protégées et avancer d’un mois la chasse au vanneau huppé.

Le directeur de la Ligue des oiseaux s’est indigné de ces « petits acquis qui remettent en cause les grands équilibres environnementaux et qui constituent la porte ouverte à d’autres autorisations. Or, on ne peut pas réguler la biodiversité en chassant plus d’espèces et plus longtemps ». Pour Dominique Voynet, porte-parole d’Eva Joly, « ce braconnage électoral ne trompe personne et ne rehausse pas l’image du Parlement. Il est temps que les députés et sénateurs se consacrent à des questions plus sérieuses que les obstinations d’un lobby certes vigoureux, mais largement minoritaire dans ses aspirations, y compris le monde rural ».







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