Hauts-de-Seine (92) Politique

Présidentielle : Nicolas Sarkozy tente de reconquérir les gendarmes

Publié le  Par Jennifer Declémy

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C'était pourtant un domaine qu'il choyait en particulier, lui qui s'est fait connaitre et apprécié du public au ministère de l'intérieur. Aujourd'hui Nicolas Sarkozy part à la reconquête du monde de la gendarmerie.

Ce lundi 13 février Nicolas Sarkozy est en visite dans les Hauts-de-Seine, à Issy-les-Moulineaux, pour l'inauguration du nouveau siège de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Un déplacement qui lui permet de parler sécurité, à un auditoire qu'il a toujours privilégié.

Avec ce corps professionnel, l'histoire aura mal commencé sitôt le chef de l'état installé à l'Elysée, quand il décide d'évincer les gendarmes du groupe de sécurité de la présidence de la République. Deux ans plus tard le pouvoir exécutif récidive en rattachant la gendarmerie au ministère de l'intérieur, puis en septembre 2011 il embarque avec lui en Libye des CRS plutôt que des gendarmes, qu'il oubliera également de mentionner lors de ses voeux aux formes armées, le 03 janvier 2012 dans le Finistère.

Aujourd'hui en France le corps des gendarmes éprouve un véritable malaise qui ne va qu'en s'aggravant. S'ils reconnaissent avoir reçu des moyens financiers pour bien faire leur travail, les tensions reposent sur un point principal : la culture du chiffre, instaurée au début des années 2000 quand Nicolas Sarkozy occupa la place Beauvau. Selon le général Bertrand Cavallier, "tout est aujourd'hui appréhendé par la culture du chiffre. Or, les indicateurs ne permettent pas de traiter la plénitude de l'action de la gendarmerie".

De plus, les gendarmes se plaignent de plus en plus de la perte de proximité avec la population survenue ces dernières années, notamment avec en 2002 la création des communautés de brigades qui a profondément changé la nature du travail de gendarme. Des déceptions qui pourraient amener les gendarmes à voter socialiste...ou Marine Le Pen. Un danger dont est conscient le candidat UMP et qui l'amène aujourd'hui à s'adresser à eux.

Cependant, le malaise des gendarmes, le Président de la République ne le ressent apparemment pas, lui qui a profité de cette visite pour vanter son bilan sécuritaire car "il y a quand même des choses qui ont dû changer". Pas peu fier, le président loue le fait "qu'en 10 ans, grâce à votre travail, policiers et gendarmes, le nombre de personnes mises en cause a progressé de 30%". Et plus particulièrement Nicolas Sarkozy se félicite de la mise en place d'un fichier d'empreintes génétiques et de la réforme qui a fait passer les gendarmes sous tutelle du ministère de l'intérieur. En revanche, il ne veut pas autoriser la mise en place de syndicats dans la gendarmerie.

Déplacement électoral oblige, le candidat UMP a affirmé ne pas regretter sa réforme instituant la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, car "je voudrais qu'on arrive à desintoxiquer la France de la dépense". Du côté du candidat socialiste, le responsable de ces questions François Rebsamen défend l'idée "d'une pause dans les réformes pour éviter les mutualisation forcées avec les policiers. On peut réfléchir à des décloisonnements. La direction centrale du renseignement intérieur pourrait ouvrir ses portes aux gendarmes".







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