Paris (75) Politique

Benalla en prison, enfin...

Publié le  Par Fabrice Bluszez

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TF1

Alexandre Benalla, membre du cabinet présidentiel, faux policier le 1er mai 2018 et plastronnant à l'avant du car des Bleus en juillet, avant d'être cité dans d'étranges contrats russes, est enfin en prison.

L'innocence d'Alexandre Benalla, 27 ans seulement, qui s'est vraisemblablement cru protégé par le président de la République, ne fait aucun doute. Il ne pouvait pas savoir. Le responsable de la sécurité de La République en marche, Vincent Crase, avec qui il a eu des discussions, rapportées par Mediapart, ne savait sans doute pas non plus que son contrôle judiciaire lui interdisait d'entrer en contact avec le faux policier... Il dort lui aussi en prison, depuis ce mardi 19 février, pour "violation de contrôle judiciaire".

 

Déguisé en policier


C'est bien tard. L'affaire commence avec les violences commises en marge du défilé du 1er Mai. On voit sur plusieurs vidéos Alexandre Benalla déguisé en policier participer à des interpellations. Vincent Crase (chef d'escadron de réserve de gendarmerie) est visible lui aussi. Alexandre Benalla a été placé en garde à vue le 20 juillet. Il a été laissé libre depuis... Garde du corps, conseiller sécurité du Président Emmanuel Macron, il disposait alors d'un salaire de 6.000 €, d'une voiture de fonction sécurisée avec chauffeur et gyrophare, et bientôt, en juillet 2018, un logement de fonction quai Branly, dans le 7e arrondissement. Il a été viré avant de pouvoir s'y installer.


Les armes et le coffre-fort


Depuis il y a eu la recherche de ses armes, d'un coffre-fort mystérieusement déplacé... Alexandre Benalla avait déclaré posséder des armes dans une armoire forte mais le vendredi soir de la perquisition, il n'avait pas les clefs de chez lui (sic). Le samedi matin, le coffre avait disparu. Le militaire Chokri Wakrim (époux de Marie-Élodie Poitout, alors chef du groupe de sécurité du Premier ministre, virée depuis) a démenti avoir déplacé le coffre. Alexandre Benalla a reconnu avoir envoyé un ami "chercher sa femme" et "récupérer tout ce qui pouvait être volé et notamment les armes" mais ce n'est donc pas lui.


Cinq passeports
 

Il y a eu l'affaire des passeports diplomatiques (Alexandre Benalla aurait eu cinq passeports, trois diplomatiques, datés de juin 2017, septembre 2017, 24 mai 2018 et deux de service, datés de 2016 et juin 2018) utilisés une vingtaine de fois (Tchad, Maroc, Bahamas, Israël...). On soupçonne l'existence d'un "faux en écriture publique" lors d'une demande.


Il y a eu aussi l'affaire du téléphone crypté Theorem qu'Alexandre Benalla a oublié de restituer.


Les contrats russes


Il y a aussi l'affaire des contrats de protection signés entre la société Mars, dirigée par Vincent Crase, et des oligarques russes, sans lien avec le président Poutine : Iskander Makhmudov et, en décembre 2018, avec Farkhad Makhmedov... Là, dans le premier cas, l'accusation est de "corruption". Le militaire Chokri Wakrim aurait été un des gros bras de l'affaire, selon Le Canard enchaîné. La société Mars est dissoute et, en octobre, la société France Close Protection reprend le premier contrat. Son gérant est Kevin P., demi-frère de Benalla, tout juste majeur, révèle Le Canard. Le montant  des  contrats serait de 2,2 millions d'euros. Alexandre Benalla aurait touché une partie de la somme au Maroc,selon France Info.


Le cabinet mouillé
 

Ce mercredi 20 février, le Sénat demande à la justice une enquête pour "faux témoignage". Trois membres du cabinet présidentiel sont mis en cause : Patrick Strozda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Alexis Kohler, directeur général de l'Élysée et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de l'Élysée. Sur cette affaire, on lira avec profit le dossier de Mediapart. On peut lire une critique acerbe du régime sur Révolution permanente ou une autre sur Le Figaro.







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