France Sport

Emilien et son rêve de gosse

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

image article

Copie d'écran DirectVélo

Biathlète de grand talent, Emilien Jacquelin a participé dimanche à sa première course cycliste professionnelle. Il a réalisé son rêve...

En dehors des Euro de natation à Saint-Denis et d’athlétisme à Birmingham ou du premier Grand Smash victorieux du pongiste Félix Lebrun, ça a été l’événement du week-end. Pas pour le résultat mais pour la performance et l’originalité de la démarche. Sacré champion olympique l’hiver dernier, personnalité certes complexe mais ô combien attachante, Emilien Jacquelin a mis entre parenthèses ses skis et sa carabine de biathlète pour s’essayer sur le bitume et oublier les rigueurs des pistes enneigées.

Un rêve de gosse… Le vélo et la course cycliste l’ont toujours fasciné au point de vouer une admiration presque idolâtre à Marco Pantani et à son panache. Il porte d’ailleurs la même boucle d’oreille du champion qu’il s’est fait prêter par la famille avant le rendez-vous de Milan-Cortina. Dimanche donc, sous le maillot de Décathlon/CMA-CGM (l’équipe de Paul Seixas), il était au départ de sa première course pro, la Polynormande, pour un périple de 169 km sur les routes de la Manche. Et du brio, il en a eu. Pendant 120 kilomètres, il joua l’ équipier modèle, n’hésitant pas à donner du rythme en tête du peloton. « Venir se challenger de la sorte, c’est franchement classe », avait déclaré dans L’Equipe, Paul Lapeira, l’un des favoris de l’épreuve. Mais bien plus encore après la course, le finalement 4e de l’épreuve s’enthousiasmait : « Quand on a la stature et la position dans son sport, mettre tout ça de côté et potentiellement risquer de perdre sa place pour aller cocher une case dans sa vie et vivre un rêve de gosse, chapeau à lui. » Ce même Lapeira qui, au micro de la chaîne Novo19 (Ouest-France) s’amusa même d’un « il en a fait plus que ce qu’on lui demandait... ».
La suite, s’avéra moins brillante pour Emilien Jacquelin qui se fit distancer à 47 kilomètres de l’arrivée avant de terminer à une anonyme 88e place (sur 93 arrivants). Mais l’essentiel était là. Le rêve réalisé.

Il est certain qu’à 31 ans, le Grenoblois n’a guère d’avenir dans le cyclisme. Et surtout ne se prononce pas sur le futur. « Je ne pense pas à la suite ni au mois de septembre (date de reprise pour l’entraînement de biathlon). Je prends le temps de construire des choses mais rien n’est décidé » , avait-il déclaré lors du point presse d’avant-course. Une chose est certaine, Simon Fourcade, l’entraîneur des biathlètes, l’attendra fin août-début septembre s’il compte revenir au début de la saison de biathlon dont les premiers rendez-vous sont à la fin novembre. Et s’il revenait plus tard, on avisera ,dira en substance Fourcade.
En attendant, Emilien Jacquelin va digérer ses 170 bornes de la Polynormande et se préparer pour son prochain rendez-vous, cette semaine ,avec le Tour du Limousin, (4 étapes d'aujourd'hui à vendredi)  ses routes accidentées et des finals autrement plus pentues que dans la Manche. Comme les aimait Pantani…

Emilien Jacquelin en biathlon

- Double champion olympique 2022 à Pékin en relais mixte et relais masculin
- Champion olympique 2026, à Cortina en relais masculin, et médaillé de bronze en poursuite individuelle
- Champion du monde de poursuite en 2020 et 2021
- 5e de la Coupe du monde en 2020, 2022, 2026
- Vainqueur de la Coupe du monde de poursuite en 2020
- 76 podiums en Coupe du monde







Réagir

Si vous souhaitez voir votre commentaire apparaître directement sur le site sans attendre la validation du modérateur, veuillez vous identifier ou créer un compte sur le site Paris Dépêches.


Publier le commentaire

Me prevenir des réponses




Commande de vin

Vêtements bio

retour menuRetour au menu

© 2013 AMLCF - Réalisation : NokéWeb