Projet Infantino : fronde, démission et... abandon
Publié le Par Jacques-Henri Digeon
Depuis qu’il a lancé son projet de vendre le Mondial à des investisseurs privés, Gianni Infantino, le patron du football mondial, fait face à un vent de forte opposition. Il a finalement décidé de retirer son projet...
Face au projet de vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, un vent de fronde s’est mis à souffler sur le football mondial et plus particulièrement sur son président Gianni Infantino. Pour mémoire, un de ces investisseurs serait Joshua Kushner, le frère de Jared qui n’est autre que le gendre du président américain. Ce qui laisse à penser qu’une telle idée a pu être inspirée ni plus ni moins au président de la FIFA par son ‘’ami’’ Donald Trump.
Fronde. Toujours est-il que les réactions ne se sont pas faites attendre dans le monde du football mondial. Bien sûr, certaines confédérations n’ont pas fermement rejeté une éventuelle adhésion, voyant dans ce projet une source non négligeable de revenus supplémentaires. « On ne dit pas que les pays africains sont pour ou contre mais on ne doit pas rejeter cette proposition sans l’étudier » a notamment déclaré Said Ali Said Athouman (L’Equipe du 31 juillet), président de la Fédération des Comores pour laquelle un chèque de 20 millions de dollars serait une manne inespérée.
Cela étant, du côté de l’Europe, la réaction ne s’est pas faite attendre. Par un communiqué, l’instance européenne, l’UEFA, présidée par Aleksander Ceferin, avait clairement fait part de son opposition et menaçant notamment un boycott pur et simple du prochain Mondial : « Aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à une compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d’actualité. » Clair et net ! Sans aller jusqu’au boycott, d’autres confédérations ont rejoint l’Europe, celles d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (regroupées sous l’appellation Concacaf).
Démission. Mais plus encore que ces réactions épistolaires, c’est au sein même de son équipe que Gianni Infanfino a trouvé opposition. Ainsi Carlos Cordiero, conseiller principal du patron mondial du foot, a annoncé vendredi sa démission avec effet immédiat. Vendredi, il a ainsi affirmése désolidariser de la présidence par un « Je n’ai joué aucun rôle dans cette proposition et je m’y oppose catégoriquement. » (L’Equipe du 1er juillet).
C’est également le numéro 3 de l’instance mondiale qui a fait part de son courroux. Le Français Kevin Lamour, directeur des opérations, a ainsi transmis au quotidien sportif un communiqué ‘’au vitriol’’ (a écrit Alban Traquet) qui en dit long sur le climat régnant à la FIFA : « Depuis que j’ai rejoint la FIFA il y a un peu moins de deux ans, je suis passé d’une surprise à l’autre (…) J’en ai vu assez pour faire une excellente série. Mais ce qui a été annoncé ces derniers jours et ce qui s’est passé en coulisses ces derniers mois dépasse l’entendement... » (L’équipe du 1er juillet). Le Français évoquait également le manque de confiance, de discernement et de respect de la gouvernance. N’en jetez plus la cour était pleine…
Et abandon. Pour seule défense, Gianni Infantino avait beau répéter que le projet n’était en fait qu’une proposition entrant dans un « processus de consultation » non sans oublier de s’en prendre aux médias qui divulguaient des « informations erronées » (un peu à la manière de Trump…), le monde du football n’en démordait pas : non au projet !
Face à ces oppositions et cette colère, Infantino a décidé de renoncer. Il l’a annoncé dans u communiqué : « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, force est de constater que ce projet a suscité des clivages (…) qui ne servent plus l’objectif initialement fixé. Notre objectif a toujours été – et sera toujours – d’unir et de progresser. En conséquence, cette proposition n’ira pas de l’avant. ».
Point final ? Pas certain car il est clair que ces quelques jours auront quelque peu affaibli l’instance et surtout son président.









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