Paris (75) Politique

Le terrorisme d'ultra droite : danger réel ou supposé ?

Publié le  Par Fabrice Bluszez

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AFO

L'arrestation d'une dizaine de personnes d'un groupe "d'ultra droite" qui aurait envisagé une action terroriste apparaît plutôt comme une gesticulation.

Ce lundi 25 juin, la chaîne LCI a révélé l'arrestation d'un dizaine de militants de "l'ultra droite", liées par le sigle AFO (Action des forces opérationnelles). Et toutes les chaînes d'embrayer sur l'information : ces gens âgés de 32 à 69 ans auraient préparé un acte terroriste : "un attentat contre des musulmans"... Le Conseil français du culte musulman (CFCM), le soir, portait lui-même plainte... Né après les attentats de 2015, le groupe préparerait un forme de résistance paramilitaire à une "invasion musulmane". 


Le souci, c'est que les accusations, comme dans l'affaire précédente, celle du "groupe"  de huit personnes autour de Logan Alexandre Nisin, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) en octobre 2017, ne reposent -après 24 heures de "révélations" ce mardi 26 juin- sur rien de très concret.


Le chef : un ancien policier devenu brocanteur
 

Sur le site de France Bleu Charente, la photo du pavillon et du 4x4 du brocaneur, à Tonnay-Charente (photo Julien Fleury).


Qui est leur chef ? Ce serait un ancen policier en retraite, passionné d'armes, devenu brocanteur en Charente-Maritime. D'origine corse, il est sutout connu pour son engagement passé au Front national. France Bleu raconte...
 

Corinne Bougault (responsable locale du Rassemblement national) qui reconnaît « être tombée sur ses fesses » en apprenant l'arrestation. D'origine corse, l'homme a le verbe haut, et de la « fierté pour sa terre ». Mais difficile pour elle de le voir sombrer dans la paranoïa. Certes, l'ancien policier a « la passion des armes ». Il en a d'ailleurs fait une spécialité dans son activité de brocanteur. « C'est un collectionneur », précise Corinne Bougault, qui a pu visiter les vitrines installées dans sa maison, bien fermées à clé. Lui, chef d'un réseau d'ultra droite, Corinne Bougault affirme qu'elle «  croit pas du tout ».


Reliés par un site Internet
 

Le problème est que les personnes arrêtées habitent dans des départements relativement éloignés les uns des autres : Corse, Gironde, Vienne, Charente. Difficile d'envisager un action commune. L'accusation risque de ne reposer que sur des déclarations enflammées via internet, comme dans l'affaire précédente (où le groupe avait de 17 à 19 ans). Reste donc un site Internet, toujours actif : "Guerre de France". On y lit...
 

« Ce site est dédié à la préparation militaire de la guerre qui se profile sur le territoire métropolitain. L'objectif est de faire prendre conscience aux citoyens-soldats Français de la réalité de la menace, de sa nature. Ensuite guider ceux qui veulent ne pas baisser les bras, ne pas se laisser faire, dans leur préparation individuelle, puis à s'organiser en famille (la cellule la plus sûre), par quartier, ville, département, selon les opportunités locales ou au niveau national. »

 

Sur le site "Guerre de France", l'utilisation des cartes de l'IGN. Sur une autre photo est marqué un emplacement "dealers".


Le danger ne vient pas des groupes
 

Dans l'affaire précédente, les arrestations avaient été suivies par les menaces par email d'un Commando de défense du peuple et de la patrie française, dit "commando au marteau", c'est dire aussi la gravité toute relative de la menace. Comme le fait dire le Huffington Post à des présumés "spécialistes"...
 

Selon les services, « la principale menace reste l'action d'un individu solitaire, à l'image du terroriste norvégien Anders Behring Breivik » ou d'affrontements avec des militants d'extrême gauche. Stéphane François ("spécialiste de l'extrême droite, du CNRS") se montre plus préoccupé : « Il y a un risque de passage à l'acte qui ne viendra pas des groupes constitués enclins à contrôler leur troupes, mais plutôt d'individus en roue libre, en rupture de ban »« Pour l'instant, on a eu affaire à des pieds nickelés. Mais un groupe restreint, qui n'utilise pas internet, là, ça peut faire des dégâts ».


Le vrai problème : les libertés publiques

A chaque fois, les forces de l'ordre, la DGSI, le GIGN, agissent dans le cadre de la procédure antiterrorisme, avec des procédures exorbitantes du droit commun. On se souvient de l'affaire de Tarnac (Corrèze) Julien Coupat, soupçonné, avec un groupe de huit personnes de "l'ultra gauche" de tentative d'attentat contre des caténaires du TGV en 2008 dans le Sud. Julien Coupat et Yudine Lévy ont été relaxés le 12 avril 2018. Le journal suisse Le Temps explique comment l'affaire a été soutenue sans preuve...

 







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